Trilogie Alma, tome 1: Le vent se lève – Timothée de Fombelle

couverture

Synopsis:

1786. Le jour où son petit frère disparaît, Alma part sur ses traces, loin de sa famille et de la vallée d’Afrique qui les protégeait du reste du monde. Au même moment, dans le port de Lisbonne, Joseph Mars se glisse clandestinement à bord d’un navire de traite, La Douce Amélie. Dans le tourbillon de l’Atlantique, entre l’Afrique, l’Europe et les Caraïbes, leurs quêtes et leurs destins les mènent irrésistiblement l’un vers l’autre.

Mon avis:

Ce roman nous est raconté à travers plusieurs points de vue. Tout d’abord, nous rencontrons Alma. C’est une fillette de treize ans qui a grandi à l’écart de toute civilisation, dans une vallée inaccessible des hommes, sauf une fois par an, quand les pluies sont tellement abondantes qu’elles forment un petit cours d’eau. Grâce à elle, nous comprenons rapidement que ses parents sont eux, issus d’un monde tel qu’ils préfèrent rester cachés. Pourtant, son petit frère, Lam, à force d’entendre sa soeur lui raconter des histoires, est poussé par une envie impérieuse de découvrir ce qu’il se passe « là-bas ». Alors, un soir, pendant que tout le monde dort, il prend son modeste trésor et part. C’est ainsi qu’Alma se retrouve à le poursuivre.

Alma incarne l’innocence. Elle a grandi dans un monde sans danger et sans peur et elle va découvrir du jour au lendemain notre « civilisation ». Pour la première fois de sa vie, elle va être confrontée au racisme et à tout ce qui en découle. J’ai ressenti beaucoup de peine pour elle car elle représente une pureté qu’on ne retrouve jamais plus en regardant le monde.

De l’autre côté, Joseph se laisse intentionnellement attraper par le capitaine d’un vaisseau de traite. A quatorze ans, il est assez dégourdi et observateur des gens pour savoir comment tirer chaque situation à son avantage. Son but est de trouver l’or contenu sur le bateau. Mais finalement, Joseph incarne notre raison.

Depuis le début, il s’est promis que rien ne l’atteindrait. Les captifs, les nègres, les pièces d’Inde. Il connaît tous ces mots sans vouloir penser à e qu’ils renferment. Plusieurs fois, quand il parlait avec Jacques Poussin, l’enveloppe de ces mots s’est fendue mais cette fois, elle tombe en poussière. Elle vole sous les pieds de ceux qui passent devant lui. Elle se mélange au sable et aux débris de coquillages. Il ne reste que ces quinze vies qui s’avancent sur la plage.

Il incarne cette once d’humanité qui nous régit et qui hurle lorsqu’une injustice est faite. Il incarne notre moralité lorsqu’elle est en face d’une situation qui exige qu’on agisse. Il incarne également celui qui baisse les yeux, qui se met des ornières pour ne pas voir. Il incarne celui qui se donne bonne conscience en évitant de penser. Joseph est un personnage irrémédiablement attachant car nous pourrions être lui.

Comme vous le voyez, j’ai été charmée par les personnages.

Il en est de même pour l’action. Ce n’est pas juste un récit sur le déracinement d’Alma et la perte de sa famille. C’est le déracinement de toute une population qui se passe sous nos yeux et qui nous brise leur coeur. En effet, bien que l’action nous soit racontée exclusivement à travers ses yeux quand il s’agit du sort de ceux qui sont réduits en esclavage, la plume de l’auteur nous permet de savoir qu’il se passe de nombreux moments pendant lesquels elle pourrait être réunie avec ses proches. Cela a un petit effet conte cruel mais en même temps, on fait confiance à Timothée de Fombelle pour savoir où il nous emmène. J’espère juste que la fin de cette trilogie ne sera pas douce-amère car il a le chic pour me faire avoir des larmes dans les yeux.

L’intrigue se double d’une partie en lien avec les pirates grâce à Joseph. Je me suis longtemps demandée quel était son dessein. Je pense que je n’aurais pas pu le deviner du tout. J’ai eu une très bonne surprise avec tous les rebondissements des derniers chapitres.

J’ai dévoré ce premier volume comme une bouchée de pain. J’avais peur de ne pas savoir « entrer » dedans mais la magie a pris, comme toujours grâce aux talents de conteur de Timothée de Fombelle. Ca a été un vrai régal!

En conclusion, j’ai été complètement conquise par Alma et j’ai très hâte de connaître la suite de ses aventures.

5 commentaires sur « Trilogie Alma, tome 1: Le vent se lève – Timothée de Fombelle »

  1. Comme d’habitude, Timothée de Fombelle nous embarque grâce à son écriture poétique et à ses personnages attachants. Le sujet est passionnant,je n’avais jamais lu une telle description de la vie quotidienne d’un navire négrier.

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