Perdue et retrouvée – Cat Clarke

undone

Synopsis:

Essayez d’imaginer: Une enfant kidnappée. Une famille déchirée.
Lentement, au fil des ans, cette famille va recoller les morceaux.
Elle reste un peu fragile, bien sûr, mais toujours unie.
Et voilà que l’enfant, devenue adulte, revient à la maison…
C’est là que l’histoire commence. Et si la fin du cauchemar n’était que le début d’un autre?

Mon avis:

Etant une énorme fan de Cat Clarke, dès que ses romans sortent, vous pouvez être sûrs que je les lirai sans même voir le résumé. Elle est comme ça, Cat Clarke, elle me retourne tant le cerveau que je sais qu’avec elle, je serai surprise. C’est donc pour cela qu’en ouvrant Perdue et retrouvée, je n’avais aucune idée de ce à quoi m’attendre.

L’histoire nous est racontée par Faith Logan. Tout juste entrée dans l’âge adulte, elle vit à peu près normalement lorsqu’un énorme évènement chamboule sa vie. A nouveau. En effet, quand elle était enfant, sa grande soeur, Laurel, pas beaucoup plus âgée qu’elle, a été enlevée. C’était il y a treize ans.

Nous n’en savons pas beaucoup sur les circonstances de ce kidnapping ni sur ce qu’a vécu la famille Logan. L’effet produit par l’ellipse de temps nous plonge directement dans cette famille alors que la vie a repris ses droits. On parle toujours de avant/ après dans ces cas-là. Avant que l’enfant ne soit enlevée. La vie après, sans lui.

Or, ici, nous vivons un « avant son retour » et un après, les conséquences de ce retour.

Vous voyez ces films d’actions où les familles retrouvent leurs proches après un évènement traumatisant et s’embrassent en pleurant et en riant? D’habitude, ils se terminent à ce moment-là. Eh bien, l’auteure a décidé de nous montrer l’envers du décor.

Mais pas seulement. Fidèle à elle-même, elle nous tient en haleine car très vite, on réalise que quelque chose ne colle pas. On tique sur des détails. Des touts petits trucs mais qui nous font réfléchir et réagir.

En fait, insidieusement, elle installe progressivement un suspens qui nous garde captifs jusqu’à la fin. Il est impossible de lâcher le roman car on n’a qu’une seule envie, une seule obsession, c’est d’en lire toujours plus. J’ai même été tentée à de nombreuses reprises de lire directement la fin mais je me retenais car je me disais que connaissant l’auteure, le retournement de situation me serait dévoilé et que cela me gâcherait tout. Je ne voulais pas me spoiler la fin.

J’ai beaucoup aimé le personnage de Faith car elle réagit comme n’importe qui le ferait. Il est facile de ressentir de l’empathie pour elle car on s’identifie à elle et on se reconnaît dans ses raisonnements. En parallèle, , j’ai également ressenti de la compassion pour ses parents car j’ai trouvé qu’ils réagissaient indubitablement bien. Ils essayent de faire de leur mieux. Ils ne sont pas exempts de défauts mais on ne peut pas les détester. Ce sont de braves gens.

Je n’ai pas trouvé que Thomas était un personnage nécessaire. J’ai compris à quoi il servait mais pour moi, il y avait largement matière à faire sans le drama qui l’accompagne. Pour autant, j’ai aimé la dimension complexe qu’il apporte dans les pensées de Faith.

Dans un autre registre, l’auteure nous incite à réfléchir sur le rôle des médias. Elle nous fait toujours penser à plusieurs thème dans ses écrits et là, même si je n’aurais pas attendu ce pamphlet, je dois dire que j’opine du chef. Les journalistes font la pluie et le beau temps dans la moindre des nouvelles qu’ils partagent. Force est de l’admettre.

Ce n’était pas juste. Evidemment que ça ne l’était pas. Chaque petite victime d’enlèvement devrait être une priorité […] Ils ne voulaient pas regarder la vérité en face, celle qu’ils contournaient en sautant, sans ciller, telle ou telle brève d’un paragraphe sur la disparition d’un jeune Noir qui habitait une cité de Londres.

Nous ressentons dans ce roman un large éventail d’émotions. Nous connaissons d’abord l’euphorie puis le désenchantement, la perplexité, quelque chose qui frôle la paranoïa et enfin, une libération quand enfin, le fin mot de l’histoire nous est livré. La fin m’a surprise mais en même temps, j’ai l’impression que je l’avais vue venir. Pour autant, il n’en reste pas moins qu’elle m’a enchantée et qu’encore une fois, j’adhère. J’adore les retournements de situation made in Cat Clarke.

Je suis donc encore une fois très largement conquise par la plume de Cat Clarke et je n’ai qu’une envie: réitérer cela.

Retrouvez mes avis sur les autres romans de Cat Clarke:
Confusion.
Cruelles.
Revanche.
A kiss in the dark.

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A kiss in the dark – Cat Clarke

undone

Synopsis (Sortie française prévue dans la Collection R):

Lorsqu’Alex et Kate se rencontrent, l’attirance est immédiate. Il a de l’humour, un beau visage et un brin de timidité : tout ce que Kate recherche chez un petit ami. Elle est jolie, craquante, avec un irrésistible soupçon de naïveté : Alex ne peut résister à son charme. L’un des deux cache pourtant un lourd secret qui va non seulement peser sur leur amour naissant, mais aussi menacer leur vie…

Mon avis:

Cette histoire commence banalement où Alex nous narre sa rencontre avec Kate, après avoir discuté longuement avec elle sur Internet puis par texto.
C’est le début d’une romance.
Kate est naïve mais elle est capable de chanter devant un inconnu sans avoir peur du ridicule. Et Alex… est une fille.

Ce récit est construit en deux parties : le « avant », raconté du point de vue d’Alex.
Avant que sa vraie identité ne soit révélée. Quand elle fait tout ce qu’elle peut pour cacher la vérité à Kate et qu’elle s’enfonce dans un mensonge qui fait effet boule de neige.
Et le « après ». Quand Kate découvre la vérité et qu’à partir de là, un autre mensonge se met en branle.

Cat Clarke traite ici d’un thème difficile inhérent à la construction de la personne: la quête identitaire.

Vous pensez qu’Alex est homosexuelle alors qu’en fait, elle est encore en train de se chercher et que ce n’est qu’une coïncidence si elle tombe amoureuse d’une fille. Comme elle le déclare sobrement: Les personnes restent des personnes.

Elle pose la question de savoir si la sexualité n’est pas une construction de l’Homme car la société lui a appris qu’il était plus naturel d’aimer une personne de l’autre genre. Par exemple, dès qu’on est enfant, on est conditionné par Barbie qui va forcément avec un Ken.

Quant à Kate, elle représente cette part qui n’ose pas sortir des sentiers battus. Qui se réveille doucement après un long formatage et qui réalise que la vie s’ancre dans une réalité tangible, qu’on ne peut pas s’évader dans les « Et si » ?

L’histoire peut paraître tirée par les cheveux mais l’auteure a ce talent indéniable qui fait qu’on est pris aux tripes et que même si le thème ne nous plaît pas forcément, on a envie, on a même besoin de lire jusqu’au bout cette histoire et de savoir comment ça se termine. J’ai passé énormément de temps à être en colère. Contre Alex car elle sait dans quel pétrin elle se met mais elle continue à s’embourber toujours un peu plus en ignorant cette voix qui lui dit d’arrêter le massacre mais aussi contre Kate et pour les mêmes raisons. Mais surtout, Cat Clarke instaure des personnages qu’on reconnaît dans notre entourage. Le grand frère protecteur. La mère possessive. Les parents dépassés mais compréhensifs, la fausse amie qui s’empresse de colporter les ragots et d’envenimer les choses…

Il est impossible de lire A kiss in the dark et d’y rester insensible. Il prend forcément aux tripes.

Pour la fin de l’histoire, comme d’habitude pour cette auteure, nous avons affaire à une fin ouverte. Mais à la différence des ouvrages précédents, j’ai trouvé que celle-ci avait une note d’optimisme et j’ai beaucoup aimé cette fin qui reste réaliste et très belle. Au final, j’ai adoré cette lecture qui peut dépayser par son thème et Cat Clarke l’a traité avec brio.