A kiss in the dark – Cat Clarke

undone

Synopsis (Sortie française prévue dans la Collection R):

Lorsqu’Alex et Kate se rencontrent, l’attirance est immédiate. Il a de l’humour, un beau visage et un brin de timidité : tout ce que Kate recherche chez un petit ami. Elle est jolie, craquante, avec un irrésistible soupçon de naïveté : Alex ne peut résister à son charme. L’un des deux cache pourtant un lourd secret qui va non seulement peser sur leur amour naissant, mais aussi menacer leur vie…

Mon avis:

Cette histoire commence banalement où Alex nous narre sa rencontre avec Kate, après avoir discuté longuement avec elle sur Internet puis par texto.
C’est le début d’une romance.
Kate est naïve mais elle est capable de chanter devant un inconnu sans avoir peur du ridicule. Et Alex… est une fille.

Ce récit est construit en deux parties : le « avant », raconté du point de vue d’Alex.
Avant que sa vraie identité ne soit révélée. Quand elle fait tout ce qu’elle peut pour cacher la vérité à Kate et qu’elle s’enfonce dans un mensonge qui fait effet boule de neige.
Et le « après ». Quand Kate découvre la vérité et qu’à partir de là, un autre mensonge se met en branle.

Cat Clarke traite ici d’un thème difficile inhérent à la construction de la personne: la quête identitaire.

Vous pensez qu’Alex est homosexuelle alors qu’en fait, elle est encore en train de se chercher et que ce n’est qu’une coïncidence si elle tombe amoureuse d’une fille. Comme elle le déclare sobrement: Les personnes restent des personnes.

Elle pose la question de savoir si la sexualité n’est pas une construction de l’Homme car la société lui a appris qu’il était plus naturel d’aimer une personne de l’autre genre. Par exemple, dès qu’on est enfant, on est conditionné par Barbie qui va forcément avec un Ken.

Quant à Kate, elle représente cette part qui n’ose pas sortir des sentiers battus. Qui se réveille doucement après un long formatage et qui réalise que la vie s’ancre dans une réalité tangible, qu’on ne peut pas s’évader dans les « Et si » ?

L’histoire peut paraître tirée par les cheveux mais l’auteure a ce talent indéniable qui fait qu’on est pris aux tripes et que même si le thème ne nous plaît pas forcément, on a envie, on a même besoin de lire jusqu’au bout cette histoire et de savoir comment ça se termine. J’ai passé énormément de temps à être en colère. Contre Alex car elle sait dans quel pétrin elle se met mais elle continue à s’embourber toujours un peu plus en ignorant cette voix qui lui dit d’arrêter le massacre mais aussi contre Kate et pour les mêmes raisons. Mais surtout, Cat Clarke instaure des personnages qu’on reconnaît dans notre entourage. Le grand frère protecteur. La mère possessive. Les parents dépassés mais compréhensifs, la fausse amie qui s’empresse de colporter les ragots et d’envenimer les choses…

Il est impossible de lire A kiss in the dark et d’y rester insensible. Il prend forcément aux tripes.

Pour la fin de l’histoire, comme d’habitude pour cette auteure, nous avons affaire à une fin ouverte. Mais à la différence des ouvrages précédents, j’ai trouvé que celle-ci avait une note d’optimisme et j’ai beaucoup aimé cette fin qui reste réaliste et très belle. Au final, j’ai adoré cette lecture qui peut dépayser par son thème et Cat Clarke l’a traité avec brio.

Publicités

Undone (Revanche) – Cat Clarke

undone

Synopsis ( Traduction du résumé par moi. Sortie française prévue dans la Collection R):

Jem Halliday est amoureuse de son meilleur ami gay. Ce n’est pas exactement l’idéal mais elle a appris à vivre avec. Mais un jour, l’impensable arrive. L’homosexualité de Kai est révélée au grand jour et il se suicide. Jem sait que rien de ce qu’elle dira ou fera ne le ramènera mais elle veut savoir qui sont les responsables. Et elle veut se venger.

Mon avis:

Ceux qui me connaissent savent à quel point j’aime la série Revenge et diront: pas étonnant qu’elle ait eu un coup de coeur sur ce livre. Et pourtant!

Punaise, punaise, punaise, si vous saviez!

Undone est tellement plus qu’une histoire de vengeance. Tellement plus qu’une histoire de complots et de trahisons!

Prenons notre héroine, Jem.

Jem est le genre de personne à laquelle vous ne feriez pas attention. Elle s’habille dans un style gothique, avec tout l’attirail inhérent à ce personnage dans lequel elle se complait: rimmel fort prononcé, caractère rebelle… Au lycée, elle se fond dans la masse et aime observer les autres avec un oeil indulgent.

Pourtant derrière ça, vous découvrez une Jem vulnérable qui ne vit que pour son meilleur ami, Kai, dont elle est amoureuse depuis leur plus tendre enfance.

Jem et Kai sont plus que meilleurs amis. Plus qu’une relation fraternelle, ils sont pratiquement fusionnels. Kai est le lien de Jem vers le monde extérieur tandis qu’elle, tant qu’elle l’a, lui, elle n’a besoin de rien d’autre.
Jem et Kai, ce sont Joey et Jack ( Dawson, ça vous parle?). Complices, complémentaires mais surtout, les deux moitiés d’une âme?

Alors quand Kai meurt, vous imaginez bien que Jem est détruite.

Jem sans Kai, c’est comme Peach sans Mario. Parce que si Mario n’accourait pas à la rescousse de Peach, comment ferait-elle?

C’est simple, soit elle se laisse définitivement enlever, soit elle apprend à se défendre.

En l’occurrence, Jem se relève de son chagrin avec un plan: venger la mort de Kai. Détruire ceux qui l’ont détruit et mené au suicide.

Alors, elle ne la joue pas comme Amanda Clarke mais elle fera tout en subtilité.

Elle se servira de son chagrin comme leitmotiv pour aller au bout de sa mission personnelle et si jamais elle flanche, elle a les 12 lettres que Kai lui a laissées. Une lettre pour chaque mois qui suit sa mort programmée.

Au début, tout est simple.

Les coupables tout désignés sont décrits de manière superficielle et au fur et à mesure que l’histoire avance et que Jem s’infiltre dans leur groupe, ces personnes gagnent en profondeur et vous vous demandez ce que Jem fera en fin de compte car vous vous attachez à certaines personnes: Lucas, Sacha…

Les lettres de Kai ont cette particularité que malgré la fin de leur auteur, elles rayonnent de joie de vivre, de sourires, de chaleur.
En les lisant, ça ne peut en être que plus poignant encore car vous avez du mal à croire que Kai est vraiment parti.

Quelque part, on comprend même pourquoi Jem s’accroche à ces lettres et à sa décision: pour elle, c’est un moyen d’honorer et de se souvenir de son meilleur ami. La preuve en est au mois numéro 6.

Et puis, en jouant le jeu des lettres de Kai, en acceptant de se plier aux volontés de Kai, on espère que Jem saura savourer son bonheur et continuer à vivre. Qu’à force de faire semblant pour le bien de sa famille, elle survivra.

Mais…

On a beau s’être attaché à Lucas Mahoney et à Sacha. On a beau voir qu’ils sont honnêtes, on sent bien que Jem fait passer Kai avant tout. Toujours.

Au détriment de son propre bonheur qu’elle ne reconnait pas malgré le fait qu’il soit pratiquement à ses pieds.

Quant à la fin, évidemment que l’auteure a laissé quelques indices de ci de là. Evidemment qu’on ne peut pas être surpris.

Mais!

Purée, elle a réussi à me surprendre d’une certaine manière et comme toujours, avec ses romans, elle nous tient en haleine, nous fait tourner frénétiquement les pages parce qu’on n’arrive pas à croire que ça s’arrête là. Comme ça.

Et puis…

Impossible de ne pas pleurer.

C’est tellement triste.
Un gâchis.
Tellement beau.
Presque irréel.
Tellement porteur de sens aussi.
Tellement … tout.

Damn it.

Un énorme coup de coeur!

Parce que ce livre m’aura émue, surprise, rendue nostalgique mais surtout parce qu’il prend aux tripes et nous fait vivre l’histoire comme si c’était la nôtre.