Quadrilogie The Raven cycle, tome 1: The Raven boys – Maggie Stiefvater

The Raven Boys

Synopsis (Sortie française le 23 janvier):

Depuis l’enfance, Blue entend dire qu’elle tuera l’homme de sa vie… d’un simple baiser. Elle a donc résolu de ne jamais tomber amoureuse, ainsi le problème est réglé, la prophétie annulée. Pourtant, quand elle se voit entraînée dans le groupe des Corbeaux, elle se met à douter. Car, à la tête de cette bande de riches étudiants, se trouve Gansey. Or récemment l’esprit de Gansey est apparu à Blue. Depuis, elle ne cesse de se remémorer la prophétie : « Il n’y a que deux raisons pour lesquelles un esprit peut apparaître à un non-voyant à la veille de la Saint-Marc, Blue. Tu dois être soit l’amour de sa vie, soit la cause de sa mort. »

Mon avis:

L’histoire commence la nuit de la Saint-Marc. (Pour moi, cette date ne veut rien dire du tout mais peut-être que ça vous parle?) L’héroine, Blue, accompagnée de sa demi-tante fait une sorte de séance de spiritisme où, le long d’une route, elle croise des fantômes qu’elle ne voit pas. Blue descend en effet d’une famille de médiums mais sa particularité à elle, est qu’elle n’a pas de pouvoirs de voyance elle-même. En fait, Blue est une sorte de concentrateur de pouvoir. En sa présence, les membres de sa famille, elles médiums (remarquons l’absence de figure masculine dans cette famille) voient leurs dons décuplés.

Bref, Blue sert de miroir grossissant à sa tante qui dialogue avec les fantômes. Au passage, ces dits fantômes ont pour origine une personne qui n’est pas encore morte mais qui mourra dans l’année. Flippant, n’est-ce pas?

Cette tante est en train de demander à tous leurs noms (afin de prévenir les futurs morts de préparer et mettre en ordre leurs affaires) quand elle tombe sur un fantôme qui refuse de décliner son identité. Quel rustre!

Qu’à cela ne tienne, Blue qui voit là le premier spectre de sa vie, décide d’intervenir et s’ensuit alors un drôle de dialogue.

Ce n’est que peu après qu’elle comprendra pourquoi elle a été capable de le voir et de lui parler: en effet, Blue le tuera. Une malédiction pèse sur elle: lorsqu’elle rencontrera l’amour de sa vie, en l’embrassant, cela entraînera sa mort. Alors, qu’elle aime ce Gansey ou qu’elle le déteste, elle est destinée à tuer ce Gansey. Car Gansey, c’est le nom de notre cher Casper.

Quelques temps après, Blue et Gansey se rencontrent pour de vrai et à partir de là, les rouages de l’histoire se mettent véritablement en branle.

On apprend que Gansey et son groupe d’amis improbables sont à la recherche de quelque choses, à l’instar d’Arthur et de ses chevaliers en quête du Graal et très vite, on suspecte une personne étrange d’être leur antagoniste dévoré par l’avidité et la cupidité.

Au cours du périple de Blue et de ses nouveaux amis, des évènements surnaturels surviennent et ajoutent du mystère à l’histoire.

De nombreuses interrogations se posent et, vous vous en doutez bien, nous n’aurons pas toutes les réponses immédiatement.

Le personnage de Blue se montre très intéressant: discrète et toujours dans l’ombre de sa famille, elle possède néanmoins une grande part sombre qui aspire à entrer dans la lumière. En l’occurrence, sous ses dehors de je m’en foutiste qui a décidé de ne pas tomber amoureuse, Blue rêve de rencontrer l’homme qui la fera chavirer. La preuve, c’est qu’elle désobéit totalement à ses propres règles en fréquentant nos Raven Boys.

De plus, tout le mystère surnaturel la concernant et en rapport avec la prophétie de Glendower ont vivement piqué mon intérêt et ce premier tome s’est avéré être un véritable page-turner.

Pour enfoncer le clou, j’ai aimé comment l’auteure a rendu ses personnages complexes et réalistes. Tous ont des secrets et un passé trouble. Maggie Stiefvater aborde des thèmes souvent oubliés dans la YA, à savoir la maltraitance des enfants ou bien le suicide ou le meurtre…

Quant aux personnages masculins, qui contrebalancent la famille de Blue, tous apportent un plus à l’histoire justement grâce à ce qu’ils sont. Loin d’être simplement des faire-valoir, le passé de ces caractères fait que justement ils ont une forte empreinte dans ce livre et a priori, dans la saga.

Adam, que l’on rencontre en premier, a le profil du premier de la classe. Boursier dans le prestigieux lycée d’Aglonby, il se donne corps et âme dans ses devoirs car il cherche avant tout à échapper à sa vie de misère. Timide, il est cependant attentif mais possède une immense fierté qui cause sa perte.

Gansey correspond à l’image d’un prince. En apparence excentrique et surperficiel, on se rend compte très vite qu’au fond, il est très sensible et qu’il se sent coupable. D’où le but qu’il s’est fixé et qui tend à l’obsession.

Noah est taciturne. Passant pour une rêveur, la révélation sur lui en milieu de tome surprend et nous fait plonger encore plus dans la trame. On ne peut vraiment plus décrocher du livre.

Enfin, le dernier membre de ce quatuor correspond aussi à un cliché tout en dissimulant ses vrais sentiments.

Comme vous le voyez, nos Raven boys se rapprochent plus des adultes que des enfants. J’ai particulièrement aimé le fait que chacun part au début de l’histoire avec des préjugés et se rend compte graduellement qu’il y a plus derrière les apparences. On sent en plus que tous sont en constante évolution; cela laisse présager une saga forte en rebondissements et en émotions.

Là où le bât blesse…. J’ai beau en chercher, je n’en trouve pas. Cela arrive toujours avec Maggie Stifvater, que voulez-vous!

Bref, ce tome introductif a été une très agréable lecture dont je me languis de la suite.
Pour ne pas déplaire, je dois tout de même mentionner la couverture magnifique, toute en relief qui met parfaitement le corbeau en valeur en lui conférant l’aura de la trame.

Trilogie La complainte, tomes 1 et 2: La complainte, La balade – Maggie Stiefvater

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Synopsis tome 01:

Deirdre Monaghan, seize ans, est une musicienne prodigieuse. Elle est sur le point de découvrir qu’elle est aussi une « maintréflée », c’est-à-dire qu’elle possède le don de voir les fées. Alors qu’elle ne s’y attendait pas, Deirdre s’entiche d’un garçon mystérieux qui apparaît comme par magie dans sa vie ordinaire. Le problème est que Luke, un garçon énigmatique et d’une beauté renversante, s’avère être un « gallowglass », c’est-à-dire un mercenaire gaélique – un elfe assassin sans âme. S’il s’intéresse à elle, ce n’est pas pour connaître avec elle un amour de vacances, mais pour une raison beaucoup plus sombre. Un autre elfe maléfique, nommé Aodhan, poursuit également Deirdre. Ils ont tous les deux reçu la même mission de la reine des fées, une mission qui plongera Dee au coeur du royaume des fées. James, son meilleur et fidèle ami, doté d’un grand sens de l’humour, se retrouve avec Deirdre dans ce feu croisé. Deirdre avait souhaité ne pas passer un été trop ennuyant, mais se battre contre une reine.

Synopsis tome 02:

J’avais l’habitude d’être celle qui chasse. Quand je voyais une chose que je désirais, je la suivais, je la humais et je me l’appropriais. Par «chose», je parle d’un «humain», bien entendu. Je les aimais jeunes, talentueux et de sexe masculin. Plus ils étaient beaux, plus cela me plaisait. Cela adoucissait ma tâche. Je ne devais pas les quitter des yeux jusqu’à ce qu’ils meurent, alors autant qu’ils fussent beaux. Ce n’était pas de la cruauté. Plutôt de la générosité. Chacun avait supplié pour obtenir ce que je lui avais donné: la beauté, l’inspiration et la mort. Je transformais leur vie ordinaire en quelque chose d’extraordinaire. J’étais ce qui leur était arrivé de mieux dans leur vie. Vraiment, j’étais plus une bienfaitrice qu’une chasseuse. Mais aujourd’hui, dans cette forêt aux couleurs automnales, je n’étais ni l’une ni l’autre. J’avais été convoquée, tirée de ma forme désincarnée, pour être plongée dans un vrai corps. Je ne voyais personne dans les parages, mais je pouvais sentir les vestiges d’un envoûtement. Je pouvais entendre mes pas dans les feuilles mortes, et le son m’inquiétait. Je me sentais vulnérable et bruyante parmi ces arbres aux feuilles rougies, exposée ainsi à la vue de tous dans mon corps de jeune fille humaine. Je n’y étais pas habituée. Une odeur de feuilles et de thym embrasés flottait autour de moi, telle une invitation aux envoûtements et aux feux de joie. Il me suffisait de trouver une pensée humaine à laquelle m’accrocher, pour pouvoir quitter ces lieux.

Mon avis:

Amateurs de poésie et de lyrisme, bonjour!

La prose de Maggie Stiefvater vous est inconnue? Alors découvrez-la au plus vite et sans plus tarder.

Vous croyez , à lire ces résumés, avoir affaire à de la bit lit?

Vous vous trompez mes chers. Oubliez tout ce que vous savez des fées, tout ce que vous savez sur le surnaturel et sautez à deux pieds sur la Complainte et la Balade. Je vous l’assure, vous serez charmés tout comme je l’ai été.

Ces livres, ce ne sont pas que des récits autour de personnages mythiques comme les fées. Ce sont avant tout des histoires humaines, des récits relatant des relations ordinaires dans un contexte extraordinaire.

Le 1er livre se concentre sur les femmes. En particulier; les relations existant entre elles. Entre Deirdre et sa mère et sa grand-mère. Entre Deirdre et sa tante. Entre elle et la reine des Fées. C’est l’histoire des choix que Deirdre fait et qui vont déterminer toute sa vie. L’histoire d’amour, plutôt que d’absorber Deirdre, est plutôt un moyen de se concentrer sur qui elle est et c’est bienvenu de lire enfin une histoire où l’héroïne ne semble pas se languir d’un prince charmant pour ne vivre que pour lui.

La Complainte, c’est le récit d’une fille qui devient une femme en ayant des dures décisions à prendre. Ici, l’histoire d’amour est presque secondaire car Deirdre a un meilleur ami et que cette amitié est solide.

Deirdre n’est pas guidée que par la passion. C’est aussi une jeune fille qui réfléchit et qui met en balance les pour et les contre. Contrairement à une certaine Bella qui n’est pas foutue de distinguer l’amour/ amitié de l’amour/ amour, Deirdre a la tête sur les épaules. C’est ce qui fait que les moments de tension sont vraiment intenses et on se surprend à penser que l’histoire pourrait nous arriver vraiment. Qu’elle dépasse le cadre de la fiction.

Quant aux fées, Stiefvater a su les humaniser.

Je ne sais pas pour vous mais lorsqu’on lit les contes, on s’attend toujours à ce que les fées soient gentilles et qu’elles soient innocentes et vulnérables.

Ici, les fées peuvent être cruelles et sans pitié. Elles peuvent tuer comme ça sans se préoccuper de votre famille ou des êtres que vous laissez derrière vous.

En même temps, Maggie Stiefvater a ce pouvoir qui fait que ses descriptions des lieux et des personnages leur donnent un aspect envoûtant et lyrique. C’est tout simplement magique.

Le 2nd livre est plus intense et poétique tout en étant plus riche en actions. Il est plus … tout!

Il est sensé être la suite du 1er livre mais je le décrirai plus comme un compagnon du 1er.

Ici, le héros est James, meilleur ami de Deirdre.

L’écriture est toujours la même et pourtant, le récit prend un tours plus masculin. Il est plus brut, plus présent, plus terre a terre et pourtant, l’action elle-même gagne en magie et en féérique.

Malgré la tendance qu’a James à se montrer sarcastique sur tout, il se révèle plus sensible et en plus grande souffrance qu’on pourrait le croire.

Et la fin! Quelle fin!

Vous savez que la saga est finie. Vous savez qu’il n’y aura plus d’autre livre mais lorsque vous refermez le livre, vous vous surprenez à , dans votre tête, imaginer. Imaginer ce que vont devenir nos personnages. Il y a tellement de questions non résolues que vous vous surprenez à continuer la Balade dans l’imaginaire. A continuer la Magie de Maggie Stiefvater. N’est-ce pas magnifique?