Trilogie Glitch, tome 2: Override (Résurrection) – Heather Anastasiu

couverture

Synopsis:

Zoe est enfin libre. Elle a échappé à sa condition d’esclave au sein de la Communauté en se déconnectant du Lien qui contrôlait les moindres de ses pensées et émotions. Elle a surtout échappé aux griffes de la sinistre Chancelière qui voulait sa mort. Mais cette liberté est bien loin de rimer avec sérénité… Zoe et Adrien se cachent désormais à la Fondation, une académie préparant les jeunes glitchers à grossir les rangs de la Résistance. Ensemble, Zoe et son équipe de combattants aux pouvoirs surhumains vont risquer leur vie pour tenter d’affranchir les membres de la Communauté du terrible contrôle mental exercé par la Chancellerie. Mais à chaque menace écartée, un nouvel obstacle se dresse. Et Adrien, tourmenté par ses visions du futur, a peu à peu tendance à s’éloigner de Zoe et à se réfugier dans le silence. Ce qui rend la défaite finale de plus en plus inéluctable. Pire encore, alors que l’équipe de Zoe se bat contre des ennemis toujours plus nombreux, méfiance et trahisons lui font craindre que le plus grand danger se cache au cœur même de la Fondation…

Mon avis:

Nous retrouvons notre héroïne quelques temps après son évasion. Elle ne s’est pas encore intégrée à la Résistance et est très effrayée par ses pouvoirs de télékinésie.

Au début de l’histoire, j’ai donc trouvé que la trame avait un petit air de Shatter me de Tahereh Mafi mais très vite, l’histoire prend vraiment son sens et nous sommes plongés dans une intrigue qui nous embarque.

Cependant, pour moi qui avais lu premier tome il y a fort longtemps, je me suis retrouvée projetée dans le monde souterrain de Zoé sans préambule et la lecture des premières pages fut laborieuse.

Pour tout avouer, j’étais vraiment dans le flou et j’ai franchement hésité à interrompre ma lecture pour relire le premier volume en diagonale, histoire de me remettre dans le bain. Heureusement, l’auteure a su habilement récapituler les évènements de Glitch et ainsi, m’aider à resituer les évènements.

Tout d’abord, commençons par les points faibles de ce tome. En effet, Glitch m’avait fait rire par l’innocence et l’idiotie de certaines répliques et de ce fait, je m’attendais à retrouver ces petites choses. Eh bien, ça n’a pas raté. Override n’est pas dénué de cela. L’avantage, c’est que comme vous y êtes préparé, vous vous attendez à quelque chose d’énorme, de risible et du coup, lorsque vous tombez dessus et que ça ne correspond pas à ces qualitatifs, ça passe nettement mieux.
Autre bémol que j’ai trouvé, c’est la lenteur du récit. Mais elle s’explique par le fait que c’est un tome de transition et par le fait que comme toute guerre qui se prépare, l’action se déroule forcément en coulisses et hors de la vue de Zoé. Entre complots et plans de combats, on ne peut pas dire que ce conflit ne fait pas de victimes. Pour preuve, dès le début du roman, nous assistons à la mort de quelqu’un.

Pour les points positifs, j’ai été agréablement surprise par les rebondissements et par la grande imposture de Max.

Je savais qu’Adrien cachait quelque chose par rapport à ses visions mais je n’avais pas deviné ce qui se allait se passer. Et là, quelque part, même si j’ai été étonnée, paradoxalement, je ne suis pas étonnée. C’est très curieux.

J’ai également apprécié l’arrivée des nouveaux personnages qui enlèvent le côté « tout repose sur les épaules d’une seule personne » qui commence à m’agacer dans mes lectures.
De plus, ces personnages ne sont pas dénués d’intérêt car ils apportent un autre élément de vue sur l’ensemble de l’histoire et leur caractère plus éveillé que celui de Zoé ne peut pas me déplaire. Absolument pas.

Au niveau de l’histoire, comme je le disais, l’intrigue met du temps à se mettre en place mais globalement, l’évolution de celle-ci ainsi que de Zoé nous intéresse assez pour ne pas vous donner envie d’abandonner votre lecture.

Enfin, le style de l’écriture est plus fluide, je trouve et donc, plus facile à suivre. Même dans les moments où l’action prend le pas, je trouve qu’elle s’en sort bien car comme on dit, l’action va tellement vite qu’on a du mal à réaliser ce qu’il se passe vraiment sur le coup. Et elle a su retranscrire cela dans son récit.

Override est donc une suite qui ne m’a pas déçue et dont la conclusion va suivre prochainement.

Retrouvez mon avis sur le premier tome: Glitch.

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Trilogie Glitch, tome 1: Glitch – Heather Anastasiu

couverture

Synopsis ( Sortie française prévue en septembre 2012 dans la Collection R):

Il y a deux siècles de cela, l’humanité a payé au prix fort ses appétits démesurés lorsque le feu de mille armes nucléaires a littéralement rasé la surface de la planète. Sous terre, au sein de la Communauté, la souffrance et la guerre ne sont plus que de lointains souvenirs : des puces implantées dans le cerveau de ses membres ont permis d’éradiquer enfin toutes ces émotions qui ont bien failli mener les hommes à leur perte. Lorsque la puce de Zoe, une adolescente technologiquement modifiée, commence à glitcher (bugger), des vagues de sentiments, de pensées personnelles et même une étrange sensation d’identité menacent de la submerger.
Zoe le sait, toute anomalie doit être immédiatement signalée à ses Supérieurs et réparée, mais la jeune fille possède un noir secret qui la mènerait à une désactivation définitive si jamais elle se faisait attraper : ses glitches ont éveillé en elle d’incontrôlables pouvoirs télékinésiques… Sa liberté nouvellement acquise va toutefois lui donner des ailes et, tandis que Zoe lutte pour apprivoiser ce talent dévastateur tout en restant cachée, elle va rencontrer d’autres jeunes Glitchers : Max le métamorphe et Adrien, qui a des visions du futur.
Ensemble, ils vont devoir trouver un moyen de se libérer de l’omniprésente Communauté et de rejoindre la Résistance à la surface, sous peine d’être désactivés, voire pire…

Mon avis:

Lorsque j’ai lu le résumé, il m’a immédiatement fait penser, pour je ne sais quelle raison, à Matrix. Peut-être à cause des termes de glitch et de la couverture où vous voyez une jeune fille avec une prise sur la nuque. Eh bien, à la lecture de ce premier tome, ça ne s’est pas arrangé.

Tout d’abord, l’histoire. Nous avons affaire à Zoe, jeune fille de 16 ans qui a vécu, pour autant qu’elle se le rappelle, une vie sans incidents et qui un jour, découvre avec effroi qu’elle ressent des choses qu’elle ne devrait pas ressentir et voit le monde avec de nouveaux yeux.
Dans le monde de Heather Anastasiu, il est interdit de ressentir quoique ce soit ou de se démarquer d’une manière ou d’une autre. Les citoyens du monde dépeint sont en fait anesthésiés contre les sentiments grâce à une espèce de réseau implanté en eux qui fait que leur conscience se noie dans le collectif.
Voilà déjà ce qui m’a fait penser d’un coup à Matrix mais aussi à la saga Delirium de Lauren Oliver dont vous trouverez la chronique ici.

Zoe est donc une fille comme les autres qui, contrairement à n’importe quelle héroïne de ce genre de romans, ne cherche pas à rentrer dans le moule mais regrette que les autres y soient. Rien que le fait d’écrire cette phrase, je suis contente, vous n’imaginez pas à quel point!
Ici, point d’auto-apitoiement, point de jérémiades de la part de Zoe. Elle, elle est une fille d’action. Le seul hic, c’est qu’elle ne contrôle pas du tout son pouvoir. Elle peut bouger les choses par la seule force de son esprit mais son pouvoir a tendance à se manifester tout seul sans qu’elle ne puisse y faire quoi que ce soit et forcément, ça lui fait peur. Normal.

Arrive Adrien. Membre d’un réseau de Résistants contre le pouvoir en place, c’est lui qui ouvre les yeux de Zoe sur ce qu’il se passe vraiment et qui lui apprend à dépasser ses limites.

Durant les cent premières pages du roman, je dois dire que l’action s’est déroulée tellement vite que je n’ai pas eu le temps de noter grand chose dans mon esprit. J’étais tellement impatiente de savoir ce qu’il se passait par la suite que lorsque je quittais le monde de Glitch, c’était pour dormir.
Tout ça pour dire que si les cent premières pages de Glitch vous laissent pantois et perplexe, laissez une chance aux deux-cents autres pages pour vous convaincre.

Au premier abord, vous avez l’impression d’avoir affaire à un monde copié collé d’autres livres ou films mais après adaptation, celui-ci se révèle plus complexe qu’il n’y parait. Je pense que Heather Anastasiu a fait exprès de commencer le livre en fanfare pour mieux nous immerger dans le contexte par la suite.

Pourquoi je vous dis déjà tout ça? vous comprendrez bien assez tôt si vous achetez ce livre 😉

Dernier personnage décrit: Max.

Et là, vous vous en doutez, j’ai vu venir le triangle amoureux gros comme une maison et j’ai eu envie de claquer, non pas Zoe, mais l’auteure.

Ca, c’était ma réaction initiale.

Et puis vient le déroulement de l’histoire. Eh oui, on ne peut pas aller plus vite que la musique!

Zoe réapprend petit à petit la signification des émotions aussi bien positives que négatives. Adrien effacé provisoirement du tableau, j’ai bien cru que Zoe allait tomber dans les bras de Max. Pourtant, leur relation a été bien amenée: Max est la seule personne à qui Zoé peut se confier. C’est la seule personne qui la comprenne et on sent qu’il est sincère dans son attachement pour elle et Zoé, il ne faut pas l’oublier, n’a pas encore appris la différence entre l’amour et l’amitié. Tous les sentiments sont nouveaux pour elle: amour, haine, contrition, peur…

Peu à peu, alors qu’Adrien réapparait dans la vie de Zoé, Max commence à montrer son vrai visage: il devient possessif, jaloux et surtout, pressant.
Vous penseriez que c’est un gros c*** et vous avez raison. Et c’est là qu’est la beauté du talent d’Heather Anastasiu: vous avez oublié que pour Max également, les sentiments sont nouveaux. De plus, Max est une garçon, rappelez-vous, et les garçons, à l’adolescence, ont les hormones en ébullition.
Alors, oui, Max se comporte comme un abruti de base mais surtout, il est humain et réel du même coup.

La fin du triangle amoureux m’a entièrement satisfaite, j’aime comment l’auteure a su rendre logiques et implacables certaines choses qui devaient l’être.

Même si vous avez envie de claquer Zoé quelquefois pour qu’elle se bouge les fesses, en même temps, vous la comprenez et partagez ses émotions.

Mais Glitch, ce n’est pas qu’une histoire de sentiments.

Nous avons aussi tout un contexte politique décrit.

Ici, par l’intermédiaire de Zoé, nous apprenons que cette société s’est mise en place peu après une guerre mondiale qui a engendré des dégâts nucléaires causant des dégâts irrémédiables à la surface de la Terre.
Ces dégâts sont tels que tous sont désormais obligés de vivre sous Terre et ne peuvent en émerger.
Pourquoi cette guerre a-t-elle eu lieu?
La cause n’est pas précise mais l’homme étant ce qu’il est, dominé par ses pulsions et sentiments, est le déclencheur de cette catastrophe et il n’en a pas fallu plus pour qu’il se condamne à tout faire pour éviter de ressentir quoi que ce soit. Il s’agit d’agir avec logique et non sous le coup de quelqu’émotion.
Voilà ce qui fait que le Réseau et ses composantes électroniques existent.

Mais… Et si vous n’aviez qu’une version déformée de la vérité? Si vous appreniez ce qu’est réellement votre passé?

Que se passerait-il si tout à coup, vous vous rendiez compte que vous n’être pas libre?

A partir de ces interrogations et du renouveau de Zoé, l’auteure nous plonge dans une ambiance si oppressante qu’à côté, le gouvernement du District 13 de Hunger Games vous parait gentillet.

Glitch ne se cantonne pas à un seul genre: en plus d’y trouver de la romance et du fantastique, vous y trouvez une note omniprésente de dystopie et c’est ce que j’apprécie.

Comme je vous l’ai dit plus haut, les premières pages vous déconcertent et lorsque vous les lisez, vous êtes comme déconnecté. Un spectateur passif de l’action qui se déroule tellement vite que vous peinez à suivre le rythme.
Mais vraiment, continuez car après, non seulement vous vous attachez aux personnages mais surtout, l’histoire vous happe. Vous êtes plongé à cent pourcent dedans et lorsque vous atteignez la fin avec les dernières lignes, vous en voulez juste plus.
C’est vraiment une lecture agréable et pas prise de tête sans être simple.

La saga comptera trois tomes au total et j’attends avec impatience la sortie du deuxième volume.

Alors? Comptez-vous lire ce premier livre?