Roomies – Christina Lauren

couverture

Synopsis:

Sauvée par Calvin de ce qui aurait pu être une agression dans le métro, Holland s’acquitte de sa dette en obtenant au brillant musicien une audition avec son oncle, un producteur influent du monde de la musique. L’audition se passe encore mieux qu’Holland elle-même aurait pu l’imaginer, on promet alors à Calvin un grand avenir à Broadway jusqu’à ce qu’il admette que son visa d’étudiant a expiré et qu’il vit aux Etats-Unis dans l’illégalité.
Sur un coup de tête, Holland propose alors à l’Irlandais de l’épouser pour lui permettre de rester à New York. Ce qu’elle ressent pour lui, n’est un secret que pour… le principal intéressé. Leur étrange cohabitation se mue en amour fou, Calvin devient l’enfant chéri de Broadway. Que faudra-t-il pour qu’Holland et Calvin réalisent qu’ils ont tous les deux arrêté de jouer la comédie depuis un moment?

Mon avis:

Le pitch de départ est assez invraisemblable, je le conçois. Pensez donc, est-ce que c’est courant pour vous de voir une fille tomber amoureuse d’un mendiant musicien de métro sans même le connaître puis le pistonner pour le faire intégrer une troupe de Broadway après l’avoir épousé pour l’aider à obtenir une green card? Pour moi, non mais qu’importe. Malgré cette base irréaliste, Christina Lauren réussit à m’embarquer dans ce voyage avec un plaisir fou.

Nous faisons la connaissance de Holland. A vingt-cinq ans, elle travaille dans la troupe d’un grand théâtre de Broadway. Son oncle est un producteur de spectacles reconnu de tous et elle aspire à être un écrivain vivant de ce métier. C’est pour cela qu’on sent une espèce de mélancolie quand elle reconnaît être entourée d’artistes sans en être vraiment une. En effet, elle n’a jamais écrit depuis qu’elle a obtenu son MFA car elle est confrontée au syndrome de la page blanche. Elle se languit donc un jour de pouvoir ouvrir son PC sans ressentir d’angoisse et à défaut de faire ce qu’elle aime, elle vit au rythme de Broadway.

Calvin, c’est le mec pour qui à priori, tout est facile. Il a un talent monstre pour jouer de la guitare et quand il parle, son accent est à tomber. Quand je l’imagine, je vois carrément Sam Heughan parler et je fonds! Bon, il vit dans l’illégalité aux Etats-Unis mais on ne peut pas lui en tenir vigueur. Son seul défaut, c’est d’être impossible à cerner. C’est dommage car quand je lis ses scènes, je vois pourquoi il me plaît mais de l’autre côté, il reste loin.
Après, j’ai lu pas mal de chroniques disant que Calvin est égoïste. Je peux comprendre la raison pour laquelle on peut le croire mais en ce qui me concerne, Calvin a juste le défaut d’être trop centré sur sa passion au point d’oublier de réfléchir rationnellement. C’est un impulsif qui peut être fier mais qui se rachète par sa capacité à nous attendrir. Il fait des bourdes énormes, oui, mais Holland peut également nous agacer par sa passivité.

You don’t need to have it all figured out.

L’intrigue est franchement prenante malgré ce petit point noir. Sitôt ouvert, j’ai été complètement incapable de lâcher le roman.

Je me suis éclatée avec les maladresses de Holland et la manière dont elle tente désespérément de ne pas tomber amoureuse de son mari. C’est attendrissant. On sait quelle sera la fin mais c’est génial de voir Holland lutter pour contrôler ses sentiments. On y croit.

J’ai également adoré l’humour des auteures. J’ai énormément ri grâce à elles. Bon, certains personnages étaient un peu caricaturaux, comme Lulu, mais ce n’est même pas grave tellement j’ai pris plaisir à lire Roomies.

J’ai donc englouti ce sympathique roman d’été comme on dévore une glace en plein soleil et c’était super! Une bien meilleure expérience que Dating you, hating you dont vous pouvez retrouvez mon avis ici même si j’avais bien plus aimé Autoboyography.

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Autoboyography (Autoboyographie)- Christina Lauren

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Synopsis:

Lorsque la famille de Tanner Scott quitte la Californie pour l’État, plus traditionnel, de l’Utah, le jeune homme se rend à l’évidence : il va falloir rentrer dans le placard à nouveau. Après tout, il ne lui reste plus qu’un semestre à tirer avant la liberté (comprendre : fuir l’Utah dès que possible).
C’est alors que sa meilleure amie Autumn lui lance un défi : le prestigieux séminaire de Provo High. Un programme où les étudiants ont quatre mois pour rédiger un roman. Tanner ne peut résister au plaisir de clouer le bec à Autumn… Quatre mois, c’est long et largement suffisant pour relever ce challenge. D’ailleurs, Tanner a bien raison. Preuve en est, il ne lui a fallu que quelques secondes pour repérer Sebastian Brother, le petit prodige – accessoirement mormon – qui a remporté le séminaire haut la main l’année passée. Et il n’a eu besoin que de quelques semaines pour tomber éperdument amoureux de lui…

Mon avis:

De tous les romans de Christina Lauren, Autoboyography est pour moi, pour le moment, le plus abouti, le plus profond et le plus adulte de tous. Vous l’aurez deviné, c’est un coup de coeur!

Ce récit initiatique nous est raconté par Tanner. Tout juste âgé de dix-huit ans, il ne lui reste que six mois de terminale avant de pouvoir entrer à l’université de ses rêves. Peu importe laquelle, tant qu’elle n’est pas en Utah ni envahie de Mormons. En effet, son quotidien est peuplé de Mormons et même s’il s’intègre plutôt bien dans cette communauté, il n’est pas heureux. Il doit sans cesse faire attention à ses paroles, son comportement, tout, pour ne pas dévoiler le fait qu’il est attiré par les garçons en plus des filles. Quand vous êtes dans une communauté où la religion a une présence très forte, vous vous écrasez.

Pour lui qui vient de Californie, où le fait qu’il sortait avec des garçons n’était pas un problème, c’est comme une prison. Heureusement, sa famille le soutient. Ses parents sont très compréhensifs et ne veulent que son bonheur et sa petite soeur, en dépit du fait qu’elle traverse une phase gothique, entretient avec lui un lien « normal ».

Il a une meilleure amie, Autumn. Celle-ci n’est pas au courant de sa sexualité et Tanner aimerait bien pouvoir lui en parler mais comment faire pour être sûr qu’elle l’acceptera tel qu’il est?

Leur vie se passe sans anicroche jusqu’au jour où Autumn vexe Tanner, le poussant ainsi à s’inscrire dans le même cours qu’elle pour lui clouer le bec. C’est là qu’il rencontre Sebastien, la célébrité locale.

Autoboyography n’est pas une romance classique. J’ai dévoré les pages car j’ignorais totalement où Christina Lauren m’emmenait. Tanner aurait-il sa fin heureuse? Ou bien serait-elle triste?

Mais j’ai compris que la réponse n’était pas dans ces questions. En effet, comme Tanner le dira lui-même:

A half-Jewish, half-nothing queer kid moves to an LDS-infested town. He can’t wait to leave. […] There are so many ways this could go, and a lot of that depends on his journey, his discovery. He stars out resenting where he is and feeling stifled by the town. Does he find freedom by staying or leaving? Does he find something that changes his mind aout it?

Ce qui importe ici, c’est le voyage et ce que Tanner en retirera.

Impossible de ne pas aimer Tanner. En étant plongé dans sa tête, on ressent le tumulte qui l’agite et le combat qui se livre en son for intérieur. Il a connu autrefois la liberté d’aimer qui il voulait et il voudrait ne pas craquer pour Sebastien mais il sait qu’il ne peut pas contrôler les élans de son coeur. Au premier regard, il a su.

En vivant leur rencontre à travers le regard de Tanner, les auteures m’ont communiqué ce sentiment de fatalité qui se joue alors. On ressent littéralement ce magnétisme qui pousse Tanner vers Seb, comme un papillon vers la lumière. C’est irrésistible.

Dans le même temps, le récit nous permet de nous intéresser à la culture Mormon et de déjouer les idées reçues. Il nous montre que malgré l’emprise de la religion sur leur mode de vie, les croyants restent les mêmes personnes que nous. C’est une belle leçon de tolérance qui peut s’appliquer à toutes les cultures et religions, surtout en ce moment.

Plus le récit avance, plus je réalisais que le récit initiatique n’était pas celui de Tanner. Dès le départ, il est très clair sur qui il est et ce qu’il veut. Il est lucide. S’il y en a un qui apprend à s’accepter, c’est Seb. J’ai donc été surprise car pour une fois, on vit le récit initiatique d’une personne par le biais de son entourage. Même si on n’est jamais dans sa tête, on finit par comprendre que c’est un combat terrible qui se livre en lui, entre ce que son coeur lui dicte et les attentes de sa famille. Alors, comme Tanner, on ne peut pas lui en vouloir même s’il cause irrémédiablement du mal à ceux qu’il aime. On souffre pour lui.

En parallèle, les auteures soulignent l’importance de l’entourage et du fait qu’il faut prendre soin de ceux qu’on aime. J’ai adoré voir l’amitié qui lie Autumn et Tanner et le soutien inconditionnel qu’il reçoit de sa famille. Ca fait tellement plaisir de voir un héros avoir tout ce qu’il faut pour être heureux.

Je suis donc passée par tous les stades avec cette belle histoire. J’ai été triste, j’ai ri, j’ai été embarrassée. J’ai ressenti tout ce que ressentaient les personnages.

J’ai donc adoré Autoboyography. C’est vraiment le roman le plus abouti de Christina Lauren et j’en suis juste, trop fan.

Des mêmes auteurs, retrouvez mon avis sur Dating you, hating you.

Dans le même genre, vous pouvez lire mon avis sur Simon vs the homo sapiens agenda de Becky Albertalli.