Trilogie Godspeed, tome 3: Shades of Earth – Beth Revis

revis

Synopsis (Traduction par moi. Sortie française non prévue pour le moment):

Amy et Elder ont finalement quitté les murs oppressants de Godspeed. Ils sont prêts à commencer une nouvelle vie – à se construire un chez eux – sur Centauri-Earth, la planète pour laquelle Amy a traversé 25 trillions de kilomètres à travers l’univers. Mais cette nouvelle Terre n’est pas le paradis qu’elle espérait tant.

Mon avis:

Dans ce dernier opus des aventures d’Amy et Elder, l’action commence juste là où A million suns nous avait laissé. A ce titre, nous voilà en compagnie de ces deux-là juste au moment où ils s’apprêtent à atterrir sur Centaury Earth.

Découverte de la Nouvelle Planète. A priori, tout va bien. L’atmosphère est viable, la terre semble prometteuse … jusqu’au moment où…

Alors que le début laissait présager une lutte de pouvoirs entre les « nés sur terre » (les Earthborn) et les « nés sur le vaisseau » (les shipborn), on se rend bien compte que d’autres dangers guettent nos voyageurs.

En effet, comme toute planète qui se respecte, Centaury Earth comporte son propre ecosystème et évidemment, vous vous doutez bien que l’homme ne peut pas être au sommet de la chaîne alimentaire tout le temps. Il arrive un moment où il se trouve même un prédateur pire que lui.

Sans pouvoir donner trop de détails, sachez donc que Shades of Earth nous plonge dans plusieurs strates de danger.

Le premier est évident car il est matérialisé sous la forme des animaux qui hante la planète.

Cependant, le second est plus d’ordre psychologique et est inhérent dès qu’il s’agit d’hommes. Il s’agit de pouvoir, de contrôle. De cette lutte naturelle qui s’ensuit peu importe le territoire ou les dangers extérieurs.

Il s’agit également de confiance. A qui faire confiance lorsque tout ce que vous connaissez est chamboulé? Lorsque vous perdez tous les repères que vous preniez pour acquis?

Enfin, la dernière question posée par l’auteure est simple: jusqu’où iriez-vous pour survivre?

Comme vous vous en doutez, ce dernier tome est riche en actions, en rebondissements. Il recèle également sa part de drames avec ses morts car il y a bien d’innombrables morts, des révélations qui répondent à toutes nos questions.

Pour cette raison, il est très dur de relâcher le livre tellement on est impatient de connaître la suite.

De plus, le style de l’auteure ainsi que son style de narration, toujours du point de vue conjugué d’Elder et d’Amy, ont le don de nous faire réellement vivre l’action et nous font sortir du statut de témoins pour en devenir acteurs et ressentir les émotions de nos héros.

Enfin, et ça rejoint ce que je disais plus haut et dans les chroniques des deux premiers tomes, l’histoire en elle-même se démarque par une originalité et une trame qui changent toujours aussi agréablement par rapport aux livres de YA traditionnels car si on y réfléchit bien, ce qu’il se passe, les combats extérieurs et internes livrés par nos héros pourraient très bien se passer dans la réalité, dans un futur possible.

Jamais vous ne ressentez de lassitude. Au contraire, vous ressentez à chaque fois toujours plus d’excitation et d’impatience tellement vous êtes pris dans l’action.

Shades of Earth nous livre donc un final très complet et satisfaisant. Il a comblé mes attentes et je n’ai pas du tout été déçue!
Punaise, les derniers chapitres, surtout!
Ils sont réellement riches en émotions. J’ai versé ma petite larme. C’est vraiment … ouf!

Godspeed est une excellente saga de SF/YA que je relirai avec plaisir!

Retrouvez mon avis sur:
– Le préquel, As they slip away: sur ce lien.
– Le premier tome, Across the universe: sur ce lien.
– Le deuxième A million suns: sur ce lien.

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Trilogie Godspeed, tome 1: Across the universe (Au delà des étoiles)- Beth Revis

couverture

Synopsis ( traduction du résumé par moi):

Amy, 17 ans, se fait cryogéniser avec ses parents à bord d’un vaisseau nommé Godspeed et s’attend à être réveillée sur une nouvelle planète 300 ans plus tard. Elle n’aurait jamais pu savoir que sa stase serait interrompue 50 ans trop tôt et qu’elle serait propulsée dans un nouveau monde à bord du vaisseau qui vit par ses propres règles. Amy réalise rapidement que son réveil n’est pas dû à un dysfonctionnement de l’ordinateur. Quelqu’un – sur les quelques milliers d’habitants du vaisseau a tenté de la tuer. Et si Amy n’agit pas rapidement, ses parents seront les prochains. Maintenant, Amy doit découvrir les secrets de Godspeed. Mais sur sa liste de suspects, il n’y en a qu’un qui compte: Elder, le futur leader du vaisseau et l’amour qu’elle n’avait pas prévu.

Mon avis:

Le roman s’ouvre sur la scène où Amy et ses parents sont dans un laboratoire et s’apprête à être cryogénisés. On découvre une Amy contemporaine de nous. Ses regrets, le chagrin qu’elle éprouve à l’idée d’abandonner ses amis, le lycée et sa vie, nous bouleversent immédiatement.
Il n’y a pas beaucoup de choses dites sur le pourquoi de cette scène mais on devine que c’est lié à la destruction des ressources de la terre et qu’il est urgent d’en trouver ailleurs et/ou de coloniser une autre planète. Tout de suite, c’est quelque chose qui m’a frappée car c’est exactement ce qui menace notre terre. Une question écologie très d’actualité donc.

Après avoir assisté à l’enfermement de sa mère congelée dans un caisson, le père d’Amy lui annonce qu’elle n’est pas obligée d’abandonner sa vie pour les suivre, eux, dans un voyage qui durera des siècles et qu’il lui permet de partir rejoindre ses oncles et tantes sans culpabilité.

Amy m’a beaucoup émue dans cette scène car on ressent le dilemme qui l’agite à ce moment-là. On sent véritablement qu’elle pèse sa décision dans tous les sens et l’amour immense qu’elle voue à ses parents pour décider de les suivre. Vient le moment de la cryogénisation.

Le processus est expliqué scientifiquement mais comme nous sommes dans la peau d’Amy, la douleur intense, presque insupportable nous prend et c’est avec soulagement qu’on assiste à l’arrivée de son sommeil.

Fin du premier chapitre.

Across the Universe est constitué de courts chapitres alternant les points de vue d’Elder et d’Amy.

Je me suis alors demandée ce qui pouvait remplir les chapitres d’Amy au début car elle est plongée dans le sommeil un bon bout de temps.

Et là, Beth Revis m’a énormément surprise car, en étant dans la tête d’Amy, on comprend que malgré son état de congélation, son esprit, lui, reste alerte et lucide.
Alternant états de réveil et états de sommeil, on ressent un petit élan de claustrophobie: vous imaginez, vous, d’être éveillé en vous -même sans être capable de bouger le moindre doigt ou de bouger tout court? C’est tout bonnement affreux!

A travers Elder, on découvre une nouvelle société. Aseptisée, les citoyens sont drogués à leur insu afin d’être dociles et de ne pas penser du tout.

Comme le dit Eldest, le mentor d’Elder: les dangers d’une société sont:
1) les différences. Que ce soit ethnique, de religion ou de physique, les différences entraînent les dissensions au sein d’une société. C’est pour cela que tous les habitants de Godspeed ont le même physique et qu’ils parlent tous la même langue.
2) le manque d’un leader. C’est pour cette raison que le vaisseau est dirigé successivement par des Eldest qui enseignent à des Elder à être des bons dirigeants dans l’optique que ces Elder deviennent un jours des Elderst. Youhouu, vous me suivez encore?
3) la pensée individuelle. Il faut empêcher des individus de penser de leur côté car cela risque d’entraîner des discordes.

A cause de tout cela, lorsqu’Amy est réveillée, elle est effarée par ce qu’elle voit: une société où les hommes et femmes ne ressentent plus aucune émotion, où on leur dicte leurs faits et gestes et les prive de leur pensée par la drogue ou par le meurtre de ceux qui dérangent…

Au contact de l’un et de l’autre, nous, spectateurs, découvrons des pans entiers de ce qui constitue le vaisseau, que ce soit technique ou humain.

J’ai du coup pas mal pensé à la saga des Insiders de Marya V. Snider (chronique ici ) à cause du contexte lié à Godspeed, à sa finalité et à son fonctionnement mais cette trilogie amorcée par Across the Universe se différencie par le traitement de ses habitants. Ici, ils sont carrément privés de leur libre-arbitre, au point même que leur reproduction est contrôlée avec des hormones et autres médicaments.

De plus, ils sont catégorisés mais pas selon leur travail comme pour Marya V. Snider. Ici, c’est selon leurs talents et traits dominants qui sont prédéterminés par des manipulations génétiques.

Across the Universe se caractérise par une ambiance froide, aseptisée par des manipulations scientifiques effaçant la nature de l’Homme alors que dans les Insiders, c’est le contraire. On y trouve une ambiance chaude, grouillante et noyée sous le bruit.

Elder et Amy sont donc nos héros mais à côté d’eux, on retrouve une panoplie d’autres personnages secondaires.

Le premier, Eldest, mentor d’Elder. A l’apparence d’un vieillard noble et saga, il dissimule un tempérament tyrannique et ne supporte pas ce qui contrevient à la sécurité du vaisseau et de ses hommes. Ce qui le rend encore plus effrayant est le fait qu’il n’hésite pas à tuer pour protéger ses intérêts ni à torturer.

Doc est comme son nom l’indique le médecin du vaisseau. Lui, je dois dire que je ne l’ai pas trop cerné. Il peut accomplir des bonnes actions mais ses raisons, elles, sont souvent floues. Mais paradoxalement, il n’hésite pas non plus à manipuler les gens ni à les droguer ou à leur mentir. J’espère mieux appréhender son personnage dans le deuxième tome.

Harley est le meilleur ami d’Elder. Comme mentionné plus haut, dans le contexte de Godspeed, les gens sains sont ceux qui sont réceptifs aux drogues qui les rendent dociles et dénués de toute émotion alors que les gens anormaux sont ceux qui sont résistants aux médicaments et qui « ressentent ».

Les gens anormaux dont Harley fait partie sont stationnés en permanence à l’hôpital et devient proche d’Amy. J’ai même cru avoir affaire à un triangle amoureux. Jusqu’à ce qu’il dévoile son passé et là, je l’ai beaucoup plus apprécié. Je suis déçue qu’il ne soit pas resté longtemps dans le décor.

Et Orion. Enigmatique, il permet à Elder de se poser des questions par lui-même et de découvrir certains secrets. A partir de là, j’ai réellement cru que c’était une gentil. Mais comme il le réplique:  » qu’est-ce qui te fait penser que je suis de ton côté? »

Vous pensiez avoir affaire à une histoire où le contexte spatial est effacé au profit de l’interaction humaine?

Détrompez-vous. Même si quelquefois, les drames humains sont importants, notamment par rapport aux découvertes faites par Elder et Amy, à aucun moment, on oublie qu’on se trouve sur un vaisseau située à des millions d’années lumières de la Terre.

A travers Amy, on se demande ce qu’est devenue la Terre, appelée dorénavant Sol-Earth par les habitants de Godspeed mais au moins, on sait qu’elle existe toujours donc, on a bon espoir que Godpeed revienne un jour sur Terre.

Avec Harley, on perçoit le désespoir sous-jacent des gens à bord de Godspeed, le fait qu’ils se sentent enfermés dans cette énorme boîte de conserve et qu’ils voudraient un jour voir le ciel, cette immense nappe qui n’a jamais de fin au -dessus de leur tête.

Avec la fin de ce livre, plus que jamais, l’espoir doit avoir sa place.

Personnellement, avec tous les changements amorcés dans les dernières pages et les révélations qu’on a, je me demande bien où Beth Revis va nous mener. J’espère sincèrement apprendre de nouveaux éléments dans les prochains tomes car là, c’est trop triste.

Et je suis en colère contre la facette d’Elder dévoilée. J’ai hâte de voir ce qu’il va se passer!

A dans quelques jours pour mon avis sur le volume 2.

Ce livre rentre dans le cadre du Challenge Romantique.

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