A la poursuite du soleil – Karina Halle

couverture

Synopsis:

Après six mois à parcourir le monde sac à dos, Amber arrive, fauchée, en Italie du Sud sans même avoir de quoi payer un billet de retour pour sa Californie natale. Il y a pire dans la vie que de se retrouver coincée, à vingt-quatre ans, au bord d’un magnifique littoral, sur la côte amalfitaine. Malheureusement, le seul travail qu’Amber parvient à trouver consiste à enseigner l’anglais à deux morveux. Une fois devenue nounou à plein temps dans la vieille villa, la jeune fille se sent de plus en plus attirée par son patron. La voilà bientôt tiraillée entre choisir une vie tranquille et sécurisante aux Etats-Unis et percer les mystères du coeur si secret de Desiderio.

Mon avis:

Ce roman est une invitation au voyage! Non seulement il nous fait tomber amoureux d’une Italie dont on se languit mais on tombe également amoureux du style de vie des Italiens. Karina Halle nous fait nous languir de la dolce vita.

Nous suivons Amber alors qu’elle conclut son tour du monde. Cela fait près de six mois qu’elle a quitté sa Californie pour se chercher et elle arrive au bout de ses économies, ce qui l’oblige à rentrer, en traînant des pieds. Alors, avant de retrouver un quotidien qui ne l’enchante pas, elle a décidé de profiter de l’Italie. C’est là qu’elle tombe sur une annonce qui va changer sa vie. Elle ne le sait pas encore mais elle va devenir la nouvelle Fran Fine (S’il vous plaît, dites moi que vous avez saisi cette référence!).

A travers ses yeux, nous entrons au coeur de la dolce vita. Nous sommes émerveillés, nous en prenons plein les yeux et comme elle, je suis tombée en amour devant les paysages décrits. Je fermais les yeux devant le pouvoir des mots de Karina Halle et je me laissais bercer par l’atmosphère de sérénité et de chaleur que je pouvais sentir autour de moi comme si j’y étais. L’espace des 352 pages, j’ai vécu en Italie, non plus en touriste mais en vraie Italienne. J’adore!

Ensuite, l’histoire m’a touchée dans le sens où les interrogations d’Amber sur sa vie et sur elle-même ne m’étaient pas étrangères. Quelque part, j’ai toujours la peur de m’être fourvoyée dans ma vie et de n’être pas là où je devrais être, comme si j’avais fait un mauvais choix. J’ai trouvé ma voie mais j’ai pris tant de détours que je ressens une impression de perte de temps. Paradoxalement, je suis fière de mon parcours car sans lui, je ne serais pas là où j’en suis aujourd’hui. Alors, voir Amber se chercher me rappelle mes jeunes années d’adulte. Cela fait écho à ce que j’ai ressenti à la lecture d’ Entre ciel et mer. Encore une fois, l’auteure parvient à retranscrire ce qu’on ressent à cette période charnière, lorsqu’on entre dans l’âge adulte, qu’on sait qu’on ne peut plus chercher mais qu’il faut qu’on trouve notre voie parce que sinon, ce sera trop tard.

Un coeur brisé devient encore plus réel, en ce que la souffrance se propage dans tout le corps, en s’enroulant autour des os, des organes et du sang. On la retrouve dans tout ce qu’on fait, dans chaque inspiration. Je ne peux pas manger, je ne peux pas boire, je ne peux pas dormir. J’ai mal, je ressasse ce que j’ai fait et ce que ça voulait dire.

Mais n’oublions pas la romance. Bigre, j’ai craqué sur le sex-appeal de Derio. C’est peut-être grâce au fait qu’il s’exprime en Italien dans les moments les plus intenses mais j’ai fondu pour lui. Malgré ses slips! Mouhahaha! En parallèle, j’ai adoré voir la relation se construire entre lui et Amber. On ressentait littéralement l’apprivoisement réciproque se faire et le temps s’écouler comme si on vivait cette construction.

Enfin, j’ai aimé le fait que la famille soit développée ici. On oublie trop souvent que les personnages ne se résument pas à la romance qu’ils vivent mais qu’ils ont aussi d’autres facettes. En l’occurrence, j’ai adoré voir Amber entrer dans son rôle de nounou et s’adapter à sa nouvelle vie comme une seconde peau. Il en est de même pour Derio à qui la vie de famille ajoute un charme certain.

Au final, j’ai dévoré A la poursuite du soleil. Il y a des romans qui me donnent envie de comprendre l’allemand (dernièrement, c’était grâce à Jessica Koch). Eh bien, celui-là m’a donné envie d’aller vivre en Italie et de profiter du soleil en sirotant un sirop à l’ombre d’une pinède.

Plus qu’une envie de vacances, je ressens une rage de vivre.

Du même auteur, retrouvez mon avis sur:
– son autre saga: Le pacte.
– le 1er tome: Entre ciel et mer.

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Entre ciel et mer – Karina Halle

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Synopsis:

Joshua Miles, à peine plus de vingt ans, vit chez sa mère, accumule les petits boulots sans avenir et tourne en rond, jusqu’à ce qu’il rencontre Gemma.. Ce qui débute comme une aventure sans lendemain, va rapidement constituer un véritable tournant dans la vie de Josh. Incapable de se sortir Gemma de l’esprit, il décide sur un coup de tête, de partir la retrouver en Nouvelle-Zélande, avec pour tout bagage un sac-à-dos, un peu d’argent et le nom de Gemma sur un bout de papier. Gemma, entichée elle-aussi, l’embarque pour un voyage-éclair autour de ce pays magnifique, durant lequel Josh va s’ouvrir à la vie, au plaisir, à l’amour, et aux chagrins d’amour qui vont de pair. Parce que lorsque l’amour vous embarque, il arrive qu’il ne vous lâche plus, même si vous savez pertinemment que vous devez lui dire adieu.

Mon avis:

Je remercie les Editions Hugo et Cie pour leur confiance.

Cela me rend un peu triste d’écrire cette chronique car c’est le dernier partenariat que j’ai avec cette maison et il signe la fin de deux belles années de lectures. Alors, parce que cela ne m’empêchera pas de continuer à suivre leurs parutions et à les dévorer avec plus ou moins de plaisir, je voulais particulièrement remercier les personnes qui constituent et ont constitué cette équipe. Merci de m’avoir permis de partager l’aventure avec vous. Nous nous retrouverons sur les réseaux sociaux.
Aux anciennes qui ont eu la chance de rester, c’est super pour vous. Pouce en l’air comme dirait Chéri.
Aux nouvelles qui intègrent les rangs, félicitations. C’est une belle aventure qui s’offre à vous. J’ai hâte de lire vos ressentis.

Revenons à nos moutons, en l’occurrence, à Josh et Gemma.

Ils m’inspirent une certaine nostalgie car du haut de leur petite vingtaine d’années, ils osent. Ils ont peur de l’inconnu mais ils osent partir à l’aventure et aller chercher ces paysages de rêves pour se découvrir.

Au moment où ils se rencontrent, Josh est comme nous. Son quotidien n’est pas glamour, il ne fait pas forcément le travail de ses rêves, il peine à se trouver et à se frayer une place dans un monde qui ne permet pas de se laisser guider par ses rêves. C’est un artiste que tout bride: sa famille, le manque d’argent, la concurrence… Alors, forcément, on s’identifie à lui car sa maladresse nous touche. Son histoire pourrait être la nôtre, est peut-être la vôtre actuellement ou alors, si comme moi, vous avez passé la trentaine, vous fait reconsidérer votre jeunesse avec ce regard attendri du genre « qu’est-ce que je galérais! Heureusement que j’ai fini par me trouver ».

Bien que la romance soit ce qui incite finalement Josh à aller à la rencontre de ses désirs, Entre ciel et mer est pour moi une belle épopée, une quête identitaire qui résonne en nous. En effet, à travers Gemma, c’est une leçon de vie que nous offre Karina Halle. On dit toujours que les voyages forment la jeunesse mais ce que je vois, c’est que l’expérience se construit pour peu qu’on accepte de sortir des sentiers battus. Il faut savoir abandonner le contrôle.

Je cherche une raison d’être, la raison pour laquelle je vis et pourtant, parfois, il me semble que j’ai trop peur pour vivre pleinement.

On pourrait croire que Gemma est plus libre mais c’est elle qui a une quête identitaire se déroulant sur plusieurs plans. Si vous pensiez que Josh était complexe, Gemma vous détrompera car elle a beaucoup à vous dévoiler. Ses incertitudes, ses peurs, ses questionnements nous sont familiers et ajoutent une dimension à la romance. Celle-ci gagne en intensité et résonne en nous.

Pour finir, on sent clairement que Karina Halle a arpenté la Nouvelle-Zélande. Elle nous donne irrémédiablement envie d’expérimenter toutes les choses qu’elle mentionne et d’arpenter les lieux qu’elle décrit. Elle nous fait voyager si bien que lorsque lorsque le voyage des héros prend fin, on a l’impression d’avoir passé également des semaines à marcher, à conduire, à camper à la belle étoile mais surtout à grandir.

Avec ce roman, l’auteure me rappelle pourquoi j’aime tant sa plume: elle sait écrire sur cette espèce de mal-être que l’on ressent, jeunes adultes, lorsque nous n’avons pas encore trouvé notre place alors qu’autour de nous, tout le monde semble avancer.

Au final, Entre ciel et mer constitue un beau voyage dont je ressors grandie. J’ai adoré assister au cheminement des héros. Je le relirai avec plaisir.

Du même auteur, retrouvez mon avis sur son autre saga, Le pacte.