Trilogie Matched, tome 3: Reached (Conquise) – Ally Condie

couverture

Synopsis (Traduction du résumé par moi. Sortie VF en avril 2013):

Le voyage de Cassia a commencé avec une erreur, un bug momentané dans la façade en apparence parfaite de la Société. Après avoir traversé des canyons dans sa quête de liberté, elle est en attente du chapitre final. Cette attente touche à sa fin. La jeune femme se bat contre tous ceux qui menacent de l’éloigner de ce qu’elle aime: sa famille, son amour, la liberté de choisir. Sa révolution silencieuse est sur le point d’exploser en une rébellion à grande échelle.
Retrouvez Cassia, Ky et Xander revenus dans la Société pour sauver la seule chose qu’on leur a si longtemps refusée: le pouvoir de choisir.

Mon avis:

Le livre s’ouvre en grande pompes sur d’énormes révélations que jamais, au grand jamais vous n’auriez pu deviner dans le tome précédent.

De plus, un nouveau point de vue est introduit et à travers ce qu’il livre, l’impression que j’avais de ce personnage a considérablement changé. En effet, Ally Condie sait où elle mène sa barque et ça se voit.

1er tome: 1 point de vue.
2ème tome: 2 points de vue.
3eme tome: 3 points de vue.

Et à chaque fois, l’addition de ce point de vue vient compléter l’histoire et nous la faire découvrir sur tous les côtés. Vous n’êtes plus seulement témoin de l’action mais c’est comme si vous y participiez. Par ce procédé astucieux, l’auteure a le mérite de nous immerger complètement dans le monde de la Société et de ce qu’il y a autour et lorsque viennent les moments oppressants de l’histoire, vous ne pouvez que vous sentir asphyxié. Vous êtes vraiment dedans.

Alors, vous me dites: bon d’accord, il y a trois points de vue, donc comme vous devinez qui est ce troisième personnage qui intervient, on a forcément un triangle amoureux, non?

Eh bien…. ça dépend du point de vue et de ce que la lectrice voudra y voir.

De mon humble point de vue, j’ai trouvé les motivations et les agissements de Cassia suffisamment clairs pour qu’on puisse dire qu’il n’y a pas de triangle. Heureusement pour moi mais il y aura toujours des team-team donc… Le choix est à vous!

Pour l’histoire, ayant lu le tome 2 il y a très longtemps, j’ai eu du mal à me replonger dans les détails de l’action. J’avais le plus gros du truc en tête mais en ce qui concerne certains nouveaux personnages, impossible de les replacer! J’ai donc été dans le brouillard une bonne partie de l’histoire mais cela n’a pas été gênant pour la suite.

Je disais que l’auteure sait où elle nous emmène.

Eh bien oui. Tout le long de l’histoire, au fur et à mesure que vous apprenez certaines choses, et ce, dès le début de ce tome, les pièces du puzzle disséminées partout dans les trois livres se rassemblent et nous livrent au final un tableau d’ensemble complet, cohérent mais surtout, grandiose.

Je pensais que les poèmes ou citations repris par Cassia étaient aléatoires mais c’est comme si tout était prédestiné en fait.

Quant aux personnages, d’habitude, y en a toujours au moins un sur qui je râle et étrangement, ça tombe toujours sur la fille.

Ici, ce n’est pas le cas. Du tout! J’insiste. Cassia a énormément évolué depuis Matched et son caractère est en totale adéquation avec les rebondissements de l’intrigue et le passé qu’elle a eu ou se souvient avoir eu. Bien sûr, elle a des défauts mais ceux-ci ne l’handicapent pas comme cela est le cas dans la majorité des récits de ce genre. Au contraire, je dirais même qu’ils l’aident et peuvent lui servir de tremplin.

Pour Ky, lorsque j’ai lu sa première intervention dans le récit, je n’ai pas reconnu. Je pensais même que c’était Xander.

Ally Condie m’a habituée à un personnage taciturne, mystérieux qu’on n’arrive pas forcément à déchiffrer.

Et là, je l’ai trouvé plus ouvert, plus attentionné, beaucoup moins solitaire.

Et comme il le reconnait, il a changé grâce à Cassia. Ca peut paraitre étrange mais au contraire, j’ai trouvé cela logique dans l’ordre des choses et cela change agréablement. C’est plus aisé de s’attacher à lui. Cela lui donne plus de présence, même.

Idem pour Xander. Connaître ses motivations et ses sentiments confèrent un sentiment de sympathie et jamais, on n’a envie que quelque chose de mal lui arrive.

Plutôt que de se concentrer sur cette situation entre nos personnages, ( et franchement, celles qui vont chercher dans ce livre un trio, en partant comme ça, eh ben elles vont trouver un carré voire, un polygone amoureux!) l’auteure a pris le parti de nous impliquer plutôt dans le déroulement de la rébellion et petit à petit, alors que le monde semble plongé dans le chaos, vous, vous y retrouvez. Vous n’êtes pas perdu. Au contraire, armé de tous les éléments qu’Ally Condie nous donne, on tourne les pages encore et encore. C’est difficile de décrocher.

On se prend à sourire car malgré la guerre qui fait rage, malgré la maladie, lorsque vous voyez deux personnes complètement amoureuses, vous ne pouvez qu’être heureux pour elles. On souffre pour l’ami(e) qui se languit pour l’être aimé. On rêve avec la personne qui milite pour une monde meilleur. Bref, les personnages vous touchent tous tels qu’ils sont.

Là où j’ai le plus apprécié la passion qui peut nous animer même lorsqu’on vous a toujours appris à ne rien espérer est le moment où Xander se demande si c’est ça, si ce qu’il ressent est bien ce qu’on ressent lorsqu’on s’apprête à sauter de la falaise. Ce passage est juste magnifique avec celui où Cassia réalise qu’elle n’est pas la seule à avoir faim d’art et de création. Le monde de Matched vous emporte. Vraiment.

Ce dernier tome m’a donc énormément plue. Malgré le petit flottement que j’ai ressenti au début de ma lecture, cela s’est rapidement dissipé et Reached s’est avéré être un vrai page-turner. Une lecture captivante et que je relirai encore de nombreuses fois, j’en suis sûre.

Trilogie Birthmarked, tome 3: Promised – Caragh O’Brien

Promised

Synopsis (Sortie française le 11 janvier):

After defying the ruthless Enclave, surviving the wasteland, and upending the rigid matriarchy of Sylum, Gaia Stone now faces her biggest challenge ever. She must lead the people of Sylum back to the Enclave and persuade the Protectorat to grant them refuge from the wasteland. In Gaia’s absence, the Enclave has grown more cruel, more desperate to experiment on mothers from outside the wall, and now the stakes of cooperating or rebelling have never been higher. Is Gaia ready, as a leader, to sacrifice what–or whom–she loves most?

Mon avis:

Vous vous souvenez quand, dans ma critique de Ruled du point de vue de Leon, je vous ai dis que je pressentais que Promised serait sombre ?

Eh bien, j’avais raison.

Le récit se déroule quelques mois après la fin des évènements du tome 2 et nous entrons directement dans le vif du sujet. L’exode des habitants de Sylum prend fin alors que Gaia et son convoi arrivent aux portes de sa ville natale.

Voilà le début du livre. Ce qui veut dire que l’installation et le mélange des deux cultures ne va pas se faire sans heurt.

Du côté de Léon et de Gaia, celle-ci a, pour le bonheur de Léon, accepté (à contrecœur, je le précise) son cadeau, un superbe bracelet et pour lui, c’est un symbole de fiançailles. Et pourtant, quelque chose cloche dans l’attitude de Gaia.

Autant je l’avais beaucoup aimée dans le premier opus, autant dans ce tome et le précédent, ce n’est pas le cas. Au contraire, elle m’exaspère et je suis à la limite de la frapper et de me repaitre de son malheur. Tout bien réfléchi, j’ai dépassé cette limite car je me suis franchement réjouie de la voir se faire malmener et torturer.

Eh oui car Iris ne s’est pas assagi durant ce temps-là. Au contraire, il a dû faire face à une rebellion et maintenant, le destin de la ville est précaire. Il y a toujours des anomalies génétiques et maintenant, il est prêt à tout pour régler le problème. Cela signifie qu’il est prêt à tuer sans remords Léon, par exemple mais aussi à utiliser tout ce qu’il peut pour arriver à ses fins : tortures, expérimentations scientifiques, emprisonnements arbitraires… Iris est au bord du gouffre et n’a plus rien à perdre.

Intervient Gaïa. Gaïa qui a pris la grosse tête depuis qu’elle est devenue la nouvelle matriarche de Sylum. Gaïa qui veut le beurre, l’argent du beurre et le crémier avec. Gaïa qui ne veut pas réellement épouser Léon, qui accepte en reculant et qui est jalouse que ses deux autres prétendants, Will et Peter puissent être intéressés par une autre femme. Gaïa qui se montre plus égoïste que jamais en forçant sa petite sœur, qui n’est qu’un bébé, je le rappelle, à se mettre en danger avec elle alors qu’elle était bien en sécurité. Et enfin, Gaïa qui arrive dans la ville en exigeant de voir le Protectorat sans se soucier du fait qu’elle a causé un énorme chaos lors de son départ, qui s’attend à ce qu’on la traite avec déférence et qu’on lui donne de la nourriture sans rien dire, juste parce qu’elle l’a exigé.

Quelques passages:

« Vous ne pouvez pas vous comporter comme des personnes normales et m’obéir sans discuter? »

« Je ne supporte pas les gens qui n’obéissent pas à mes ordres alors vas te coucher »

Quand Sasha, une ancienne amie de Gaïa refuse de se rendre au Protectorat:

Gaïa souhaita alors pouvoir lui dire ce qu’elle devait faire. Or, elle ne faisait pas partie du peuple de Sylum.

Quand son frère lui apprend qu’il doit subir sa peine d’emprisonnement:

« On ne peut pas te faire ça. Tu n’es pas un soldat normal. Tu es mon frère! »

Eh bien voilà, pour toutes ces raisons, le traitement qu’on lui inflige lors de son retour m’a fait très plaisir : elle mérite franchement qu’on lui remette les pieds sur Terre et qu’elle se rende compte que le monde n’est pas là pour répondre à ses exigences. Là où vraiment, elle m’a exaspérée, c’est vers la fin du livre. Les héros, dans les films, quand on leur braque une arme dessus, ils disent toujours « Ne vous en faites pas pour moi, n’obéissez pas, il faut aller au bout de notre cause! » ou un truc dans le genre. Eh bien, elle, quand vient ce tour, c’est pas du tout ça et elle a achevé de le faire la détester. Plus on la torturait, mieux c’était!

Heureusement, malgré cette « héroine » qui pense être le centre du monde, nous avons d’autres personnages.

Léon s’est beaucoup ouvert depuis le 1er tome. Investi d’une mission de chevalier servant et supportant avec grâce la concurrence que Gaia lui impose, il est plus que jamais aux abois pour protéger les gens qu’il aime.

Puis-je vous dire que quand Gaïa affirme qu’il n’aurait jamais plu à ses parents car il n’est pas assez démonstratif et chaleureux, j’ai envie de lui piquer son mec! Parce qu’il serait nettement plus affectueux si elle ne passait pas son temps à le repousser et à regarder Peter et Will et à être jalouse quand ceux-ci approchent d’autres femmes. La preuve, c’est que Léon le sait et l’affirme: s’il n’était pas là, elle épouserait «un des Chardos.» Je vous le dis, c’est une ingrate! Je ne comprends même pas comment il fait pour supporter de voir Gaia toucher un autre homme et pour être compréhensif alors qu’elle ne le mérite pas. Léon mérite qu’on soit honnête avec lui et le revendique. Seulement, l’amour, ça rend con.

« Tu sais, ça ne me tuera pas que tu admettes que tu aimes aussi Peter.
[…]
– Je suis fidèle, reconnut Gaia. »

Mais parlons de nos pauvres Chardos. Un amour à sens unique est déjà difficile mais lorsqu’on n’arrête pas de nous envoyer des signaux, la situation est encore pire car comment tourner la page dans ce cas-là ? J’éprouve de la sympathie pour eux. Ils se montrent loyaux et prêts à défendre les causes qui leur paraissent justes au mépris de leur vie. Leur dévouement est admirable. Mais ce n’est pas pour ça qu’ils sont aveugles au jeu de Gaïa.

« Tu apprécies à quel point d’avoir deux plans B, lui demanda Will. »

Vous remarquez que la question n’est pas « est-ce que tu apprécies » mais dans le sens: « je sais que tu apprécies ».

Pour Iris, à travers ce que dévoile Léon, on décèle un homme blessé en lui et anéanti. Un homme qui a énormément perdu et qui recherche donc à se venger. Malgré ses agissements sans scrupule, il se révèle tout de même soucieux de son peuple et cherche honnêtement à aider la population. Alors, avec ça, Promisedgagne en complexité et en ressorts. Vous croyez toujours savoir une chose et finalement, il y a encore quelque chose derrière. Et justement, ça caractérise toute l’histoire du début à la fin.

Quant à la fin du roman, vous vous doutez de ce qu’elle est. Pourtant, il y a ce petit côté doux-amer qui fait qu’il manque le truc. Le truc qui vous faire dire «tiens, ça c’est une bonne fin!».

J’ai eu cette impression latente que Caragh O’Brien écrivait pour écrire et pas pour raconter une aventure, que quand elle est arrivée à un nombre déterminé de pages, elle s’est dit «mince, faut que j’écrive la fin tout de suite».

Du coup, Gaia change de fusil d’épaule en un battement de cil, elle admet qu’elle a une fierté, que c’est un défaut secret et moi j’ai envie de dire: non, tu crois? Et hop hop, fin du livre.

Celle-ci arrive précipitamment et pratiquement comme ça, pas d’indices semés, pas la moindre indication menant à la conclusion. C’est hâtif voire bâclé et c’est bien dommage.

Bref, j’ai aimé l’intrigue et tous les personnages sauf Gaia. C’est triste à dire mais elle n’a pas changé en bien à mes yeux. Si l’auteure voulait nous prouver que son héroine est humaine avec des défauts et des qualités, elle a réussi. Je n’ai plus vu que ses défauts et c’est la première fois que je suis heureuse de voir une héroïne se faire torturer. Pour moi, ce n’était pas assez.

Promised répond donc bizarrement à mes attentes. C’est vrai que c’est une habitude, le fait de suivre une histoire en détestant son héroïne mais là, ça atteint des sommets. Pourtant, le récit m’a happée.

Mon bilan global reste tout de même positif car je garde un bon souvenir de cette saga.

Mon avis sur:
– les 2 premiers tomes et le 1er OS de Léon: par là.
– Ruled: ici.