The new hunger – Isaac Marion

NewHunger

Synopsis (Traduction du résumé par moi. Sortie française non prévue):

La fin du monde ne s’est pas déroulée en une nuit. Après des années de guerre, de crises sociétales, de tempêtes médiatiques et de conflits, l’humanité était au bord du gouffre. Et puis est arrivée une menace que personne ne pouvait prévoir: les cadavres du monde se sont relevés pour en faire d’autres. Pour délivrer le coup final.

Mon avis:

Dans ce préquel se déroulant avant les évènements de Vivants, l’histoire est racontée à travers trois points de vue.

Tout d’abord, nous avons celui d’un inconnu. De sexe masculin, grand et avec une conscience floue des choses, ce personnage nous emmène dans un environnement où tout nous semble familier tout en nous échappant. Nous ne comprenons pas pourquoi mais c’est comme si on se réveillait après un long coma. Des mots, des fragments de vie, des flash apparaissent pour s’évanouir aussitôt. Etrange, n’est-ce pas? Et comme si cela ne suffisait pas, une voix s’impose à nous et nous donne des ordres qu’on ne comprend pas.

Ensuite, nous avons Nora. Nora a seize ans et elle erre dans le monde accompagnée de son petit frère Addis. Tous deux ont été abandonnés par leurs parents et connaissent la faim comme leur poche. Dans un monde en ruine, ils continuent d’avancer inexorablement, motivés par une seule idée: trouver des gens. Des gens vivants de préférence. Ils ont grandi bien vite mais malgré ça, ils gardent espoir car sinon, à quoi bon?

Et puis nous avons Julie. Agée de douze ans, elle voyage avec son père et sa mère et tous trois sont à la recherche d’un abri. En permanence sur la route, ils ont entendu dire qu’il existait des villes fortifiées mais pour l’instant, n’en ont trouvé aucune.

Ceux qui ont lu Vivants reconnaîtront ces personnages et jusqu’à la dernière minute, se demanderont si ce grand homme n’est pas le héros de Vivants. En effet, aucune indication n’est donnée sur son prénom et son comportement, ses pensées sont bien moins précises que ce que nous connaissions jusqu’alors.

Et puis…

L’auteur nous emmène dans un monde en ruine où seul le silence nous répond. Les personnages décrits sont tous différents, leur voyage ainsi que leur nature ou leurs motivations varient mais n’ont finalement qu’un seul but: trouver des personnes. Ne plus être seul.

Même après la fin du monde, l’homme ou ce qu’il en reste garde son instinct grégaire.

Nous découvrons donc des personnages plus jeunes, l’action se déroulant au moins cinq ans avant les évènements de Vivants et l’histoire nous fait découvrir leur vécu mais aussi le cheminement d’actes qui les ont menés et les ont façonnés à ce qu’ils sont désormais.

Par exemple, rien ne nous laissait deviner que Nora avait un frère, n’est-ce pas? Ou que Julie avait une correspondante?

Et R, comment a-t-il rencontré M?

Cerise sur le gâteau, vous avez même l’explication quant aux raisons de ce R et elle vous surprendra. Il est impossible de deviner pourquoi son prénom lui échappe…

J’ai apprécié le fait que l’auteur nous présente des éléments nouveaux liés aux personnages, qu’il nous apprennent et mette en relief des choses qui, mises bout à bout, nous font comprendre pourquoi ils réagissent ainsi et pourquoi ils pensent de telle ou telle manière.

Cette nouvelle vient compléter à merveille le roman d’Isaac Marion. Il serait dommage de ne pas la traduire.

Retrouvez mon avis sur Vivants: sur ce lien.

Vivants – Isaac Marion

couverture

Synopsis:

Le monde est dévasté par une étrange épidémie. Les Morts se relèvent, les Vivants se cloîtrent à l’intérieur de forteresses. Une guerre sans merci les opposent.
R est un Mort. Comme tous les Morts, R n’a pas de souvenirs, pas d’émotions, et, animé par une faim irrépressible, dévore les Vivants. Mais R rencontre Julie. R l’emmène avec lui. Et bafoue les règles des Vivants et des Morts pour rester avec elle. Mais leur monde ne les laissera pas faire.

Mon avis:

Une fois n’est pas coutume, j’ai lu le roman après avoir le film au cinéma.

Sachant que j’avais beaucoup aimé cette adaptation, j’étais certaine qu’il en serait de même avec le livre et j’avais bien raison!

J’étais partie avec l’appréhension de ne rien apprendre de nouveau, de m’ennuyer mais j’ai redécouvert l’histoire et les personnages!

Autant le film a fait le choix de partir dans une direction décalée, déjantée, autant j’ai découvert un récit poétique, profond et dans la réflexion.

R, notre héros, se montre lucide sur sa situation et le monde qui l’entoure. Les mots peuvent lui manger lorsqu’il s’agit de prendre la parole mais il se montre beaucoup plus prolixe dans ses pensées. Celles-là même qui constituent la narration. Il ne se souvient pas de sa vie d’avant mais en évoluant dans son milieu, on se rend compte que R se démarque, pas parce qu’il est le héros mais parce qu’il ne cherche qu’à vivre. Juste vivre. En ça, voilà déjà tout le coeur de Vivants.

Nous assistons à sa transformation progressive en notant de ci, de là, quelques indices et à un moment, livre et film prennent une direction différente ce qui n’est pas pour nous déplaire.

Julie est l’intérêt amoureux de R.

R et Julie…. Vous avez remarqué?

Julie, c’est une rêveuse, une aventurière qui n’a pas froid aux yeux mais surtout, elle voit au-delà des apparences. En même temps, si ce n’était pas le cas, elle ne serait pas tombée amoureuse de R.
Elle a énormément souffert mais malgré tout, elle garde espoir en la vie, ce qui est une denrée rare dans le monde qu’est le sien.

Connaissant la nature de R, j’étais plutôt sceptique quant à l’histoire d’amour entre eux deux, à l’instar de celle de New Victoria, mais l’auteur raconte les faits avec tant de poésie, de sensibilité et de vérité que l’on ne peut qu’oublier que R est un mort-vivant et être absorbé par le récit.

Ne vous lâchant pas une seule seconde, vous ne vous ennuyez pas et suivez les pérégrinations de notre couple au gré des interactions avec Perry.

En parlant de Perry justement, je dois dire que j’ai grandement aimé comment Isaac Marion réussit à le rendre présent malgré ce qu’il lui est arrivé. C’est un gros point de divergence par rapport au film mais je trouve que le récit gagne en profondeur et en réflexion. Ce qui est un énorme plus.

Quant à la fin du roman, elle est propre à toute l’histoire, à son ambiance, à son rythme donc. Même si elle change légèrement de celle du film, je l’ai tout autant aimée.

En somme, j’ai passé un agréable moment dans ce roman et que ce soit à ce niveau ou à celui du film, je suis une grande fan!

Retrouvez mon avis sur New Victoria: ici.