Quadrilogie Les insurgés, tome 2: Addiction – Elle Kennedy

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Synopsis:

Vivre une histoire d’amour dans un monde dans lequel on est menacé chaque jour est un véritable challenge. Lennox et Jamie se connaissent depuis l’enfance. Jamie sait que Lennox est un mec bien et attirant mais elle ne veut pas qu’une histoire entre eux gâche la plus belle relation amicale qu’elle ait jamais connue. Pourtant, il suffit d’une seule nuit dans les bras de Lennox pour qu’elle se rende à l’évidence. Il est l’homme de sa vie. Maintenant qu’elle a goûté au vrai plaisir elle est certaine qu’elle ne pourra plus jamais s’en passer.

Mon avis:

Je remercie les Editions Hugo et Cie pour leur confiance.

Nous retrouvons dans ce nouvel opus Lennox et sa meilleure amie, Jamie. Ils viennent de rejoindre le camp de Connor suite à l’incendie de leur base et se sont rapidement acclimatés à leur nouvel environnement.

Le pitch est classique: l’histoire de deux meilleurs amis qui réalisent un jour qu’ils sont destinés l’un à l’autre. Alors comment Elle Kennedy a-t-elle traité ce thème?

Parlons de ce qui a pu faire réagir dans le premier volume: les scènes de sexe.

Rassurez-vous, nous n’avons plus l’impression de lire un porno. Non, même si elles sont plutôt sous-entendues, l’auteure a préféré se concentrer sur ce qu’il se passe dans la tête des personnages. La psychologie est plus travaillée. Maintenant que le contexte est établi, que nous avons accepté que la réalité était dure et que les lois de la morale sont différentes, nous ne sommes plus choqués. Après, comme pour son prédécesseur, on aime ou on n’aime pas.

Ensuite, l’intrigue: les héros sont dans une phase d’attente. Le calme avant la tempête. Les ennemis se réorganisent et même s’il y a encore quelques raids, nous sentons que le répit est de courte durée. Résultat: au niveau des nerfs, c’est bizarre. D’un côté, on a l’impression que rien ne se passe et de l’autre côté, une espèce de fébrilité se fait ressentir. Je n’aurais pas pensé être nerveuse à ce point.

En parallèle, nous faisons toujours la rencontre de nouveaux personnages auxquels nous nous attachons rapidement. Nous sourions toujours. L’ambiance est plutôt bon enfant. On se balade dans ce roman avec un plaisir croissant. Avec Addiction, c’est comme si j’étais en terrain connu alors que je n’ai découvert cet univers que récemment. J’ai déjà mes marques alors que le contexte a des particularités nombreuses; c’est une agréable surprise de le constater.

J’ai pris plaisir à suivre Lennox et Jamie. Bien qu’ils ne soient abordés que brièvement dans Conquête, on rentre dans leur routine avec une facilité déconcertante. Lennox est assez difficile à cerner. Il a une aura de mystère assez dense qui fait qu’à moins d’être dans sa tête, on ne sait pas avec certitude ce qu’il pense. On ne peut pas être sûr de ce qu’il ressent. Au contraire de Jamie qui, elle, est plus accessible. Séparément, ils n’attirent pas notre attention mais ensemble, ils sont magnétiques. L’un ne va pas sans l’autre. Ils se complètent à merveille et on jubile de les voir tâtonner, se chercher et se trouver enfin.

En conclusion, cette suite m’a autant plu que son prédécesseur. J’ai passé un bon moment avec les personnages et j’ai très hâte de découvrir les autres héros en profondeur.

Retrouvez mon avis sur:
– le tome 1: Conquête.

hugo

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Au nom de ma mère – Hanni Munzer

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Synopsis (Traduction par moi):

2012. Le destin semble tout tracé pour Felicity : elle vient de terminer ses études de médecine, et s’apprête à quitter Seattle pour rejoindre une mission humanitaire en Afghanistan. Jusqu’à ce qu’elle reçoive un appel de son père : sa mère Martha a disparu. Forcée d’abandonner ses projets, Felicity part à sa recherche. Et ses traces la conduisent à Rome. Si elle finit par retrouver sa mère dans un hôtel de la capitale italienne, elle apprend également le décès récent de sa grand-mère Deborah. Dans les mains de Martha, tremblante, une lettre laissée par la défunte. Ce qu’elle contient est sur le point de bouleverser la vie de Felicity. Commence alors pour elle un voyage dans les pas de ses ancêtres, à la poursuite de la mémoire de sa mère et de sa grand-mère. Car un secret les unit toutes trois. Celui-ci démontre que l’amour n’a pas de limites… Ni la guerre ni le nazisme ne sauraient les briser.

Mon avis:

Je remercie les éditions « Archipel » pour sa confiance.

Il ne m’a fallu qu’un chapitre pour entrer dans l’intrigue. Tout commence lorsque Felicity est sur le point de prendre l’avion, direction Kaboul, pour servir dans une mission humanitaire. Alors qu’elle a tout pour être heureuse, Felicity sent confusément que quelque chose lui manque. Elle ressent une sorte de vide qui fait qu’elle n’arrive pas à se rapprocher des gens.

C’est là que sa mère, Martha disparaît.

Heureusement, Martha est rapidement retrouvée mais c’est le point de départ pour Felicity d’une plongée dans l’histoire de sa famille. En effet, Martha est en possession des effets de sa propre mère et celle-ci dévoile dans des anciens écrits leur héritage culturel.

Rapidement, nous oublions que nous sommes dans la peau d’un personnage de l’histoire. Nous pénétrons dans une nouvelle strate du récit, un peu comme une inception.

Alors que nous savons que nous baignons dans le nazisme, thème qui induit d’emblée un ton dramatique, Hanni Munzer a choisi de construire ses phrases avec une sorte de légèreté si bien que quelquefois, on peut parler d’humour. On sourit régulièrement devant le côté cocasse de certaines situations ou même devant la façon dont les choses sont dites.

Quel cours aurait pris le destin de l’Europe si Hitler avait été admis à l’Académie des beaux arts de Vienne? Une Seconde guerre mondiale aurait-elle éclaté? Aurait-on lancé la première bombe atomique?

Ensuite, alors que l’histoire suit son cheminement, le ton est de moins en moins léger. Sans devenir lourd, le drame entre en scène. On sent l’innocence se déliter sous nos yeux. C’est le temps de la guerre. De la maturité. Avec cela, les héros suivent et se remplacent. C’est une véritable épopée familiale qui se tient devant nous. On admire le courage de ces femmes, qui, à leur manière se battent et défendent ce qui leur est cher. On ressent une nervosité pour elles car on voudrait les voir se dépêtrer du pétrin dans lequel l’Histoire les enlise. Notre empathie est fortement mise à contribution d’autant plus que l’auteure joue sur tous les registres. On passe de l’espoir à la colère, puis à la peur et à la tristesse… On ne reste pas insensible une seule minute.

Nous autres êtres humains formons les maillons d’une longue chaine qui nous relie les uns aux autres, car chacun de nous porte en soi un fragment de l’existence et des pensées de ceux qui l’ont précédé. Si l’amour est le coeur, le souvenir est l’âme et tous deux sont immortels. Mais il peut arriver que, dans des circonstances particulièrement graves, l’un des maillons de cette chaîne soit arraché, plongeant le coeur et l’âme dans la nuit.

Le style d’écriture de l’auteure m’a plue car il m’embarque immédiatement avec lui. J’ai été en totale immersion. Je vivais l’action.

Au nom de ma mère ne se contente pas de raconter une histoire. Bien sûr qu’elle nous fait réfléchir et réagir. Bien sûr qu’elle nous marque. Mais surtout, elle nous montre à quel point nos racines nous définissent même si nous n’en avons pas forcément conscience. Elle illustre parfaitement le fait que les secrets de famille peuvent empoisonner notre vie au présent.

En conclusion, j’ai été plus que conquise par cette fresque familiale et féminine. J’en suis ressortie avec un sentiment de maturité, de paix. C’est un très beau roman que je reliai avec plaisir.