Trilogie Birthmarked, tome 3: Promised – Caragh O’Brien

Promised

Synopsis (Sortie française le 11 janvier):

After defying the ruthless Enclave, surviving the wasteland, and upending the rigid matriarchy of Sylum, Gaia Stone now faces her biggest challenge ever. She must lead the people of Sylum back to the Enclave and persuade the Protectorat to grant them refuge from the wasteland. In Gaia’s absence, the Enclave has grown more cruel, more desperate to experiment on mothers from outside the wall, and now the stakes of cooperating or rebelling have never been higher. Is Gaia ready, as a leader, to sacrifice what–or whom–she loves most?

Mon avis:

Vous vous souvenez quand, dans ma critique de Ruled du point de vue de Leon, je vous ai dis que je pressentais que Promised serait sombre ?

Eh bien, j’avais raison.

Le récit se déroule quelques mois après la fin des évènements du tome 2 et nous entrons directement dans le vif du sujet. L’exode des habitants de Sylum prend fin alors que Gaia et son convoi arrivent aux portes de sa ville natale.

Voilà le début du livre. Ce qui veut dire que l’installation et le mélange des deux cultures ne va pas se faire sans heurt.

Du côté de Léon et de Gaia, celle-ci a, pour le bonheur de Léon, accepté (à contrecœur, je le précise) son cadeau, un superbe bracelet et pour lui, c’est un symbole de fiançailles. Et pourtant, quelque chose cloche dans l’attitude de Gaia.

Autant je l’avais beaucoup aimée dans le premier opus, autant dans ce tome et le précédent, ce n’est pas le cas. Au contraire, elle m’exaspère et je suis à la limite de la frapper et de me repaitre de son malheur. Tout bien réfléchi, j’ai dépassé cette limite car je me suis franchement réjouie de la voir se faire malmener et torturer.

Eh oui car Iris ne s’est pas assagi durant ce temps-là. Au contraire, il a dû faire face à une rebellion et maintenant, le destin de la ville est précaire. Il y a toujours des anomalies génétiques et maintenant, il est prêt à tout pour régler le problème. Cela signifie qu’il est prêt à tuer sans remords Léon, par exemple mais aussi à utiliser tout ce qu’il peut pour arriver à ses fins : tortures, expérimentations scientifiques, emprisonnements arbitraires… Iris est au bord du gouffre et n’a plus rien à perdre.

Intervient Gaïa. Gaïa qui a pris la grosse tête depuis qu’elle est devenue la nouvelle matriarche de Sylum. Gaïa qui veut le beurre, l’argent du beurre et le crémier avec. Gaïa qui ne veut pas réellement épouser Léon, qui accepte en reculant et qui est jalouse que ses deux autres prétendants, Will et Peter puissent être intéressés par une autre femme. Gaïa qui se montre plus égoïste que jamais en forçant sa petite sœur, qui n’est qu’un bébé, je le rappelle, à se mettre en danger avec elle alors qu’elle était bien en sécurité. Et enfin, Gaïa qui arrive dans la ville en exigeant de voir le Protectorat sans se soucier du fait qu’elle a causé un énorme chaos lors de son départ, qui s’attend à ce qu’on la traite avec déférence et qu’on lui donne de la nourriture sans rien dire, juste parce qu’elle l’a exigé.

Quelques passages:

« Vous ne pouvez pas vous comporter comme des personnes normales et m’obéir sans discuter? »

« Je ne supporte pas les gens qui n’obéissent pas à mes ordres alors vas te coucher »

Quand Sasha, une ancienne amie de Gaïa refuse de se rendre au Protectorat:

Gaïa souhaita alors pouvoir lui dire ce qu’elle devait faire. Or, elle ne faisait pas partie du peuple de Sylum.

Quand son frère lui apprend qu’il doit subir sa peine d’emprisonnement:

« On ne peut pas te faire ça. Tu n’es pas un soldat normal. Tu es mon frère! »

Eh bien voilà, pour toutes ces raisons, le traitement qu’on lui inflige lors de son retour m’a fait très plaisir : elle mérite franchement qu’on lui remette les pieds sur Terre et qu’elle se rende compte que le monde n’est pas là pour répondre à ses exigences. Là où vraiment, elle m’a exaspérée, c’est vers la fin du livre. Les héros, dans les films, quand on leur braque une arme dessus, ils disent toujours « Ne vous en faites pas pour moi, n’obéissez pas, il faut aller au bout de notre cause! » ou un truc dans le genre. Eh bien, elle, quand vient ce tour, c’est pas du tout ça et elle a achevé de le faire la détester. Plus on la torturait, mieux c’était!

Heureusement, malgré cette « héroine » qui pense être le centre du monde, nous avons d’autres personnages.

Léon s’est beaucoup ouvert depuis le 1er tome. Investi d’une mission de chevalier servant et supportant avec grâce la concurrence que Gaia lui impose, il est plus que jamais aux abois pour protéger les gens qu’il aime.

Puis-je vous dire que quand Gaïa affirme qu’il n’aurait jamais plu à ses parents car il n’est pas assez démonstratif et chaleureux, j’ai envie de lui piquer son mec! Parce qu’il serait nettement plus affectueux si elle ne passait pas son temps à le repousser et à regarder Peter et Will et à être jalouse quand ceux-ci approchent d’autres femmes. La preuve, c’est que Léon le sait et l’affirme: s’il n’était pas là, elle épouserait «un des Chardos.» Je vous le dis, c’est une ingrate! Je ne comprends même pas comment il fait pour supporter de voir Gaia toucher un autre homme et pour être compréhensif alors qu’elle ne le mérite pas. Léon mérite qu’on soit honnête avec lui et le revendique. Seulement, l’amour, ça rend con.

« Tu sais, ça ne me tuera pas que tu admettes que tu aimes aussi Peter.
[…]
– Je suis fidèle, reconnut Gaia. »

Mais parlons de nos pauvres Chardos. Un amour à sens unique est déjà difficile mais lorsqu’on n’arrête pas de nous envoyer des signaux, la situation est encore pire car comment tourner la page dans ce cas-là ? J’éprouve de la sympathie pour eux. Ils se montrent loyaux et prêts à défendre les causes qui leur paraissent justes au mépris de leur vie. Leur dévouement est admirable. Mais ce n’est pas pour ça qu’ils sont aveugles au jeu de Gaïa.

« Tu apprécies à quel point d’avoir deux plans B, lui demanda Will. »

Vous remarquez que la question n’est pas « est-ce que tu apprécies » mais dans le sens: « je sais que tu apprécies ».

Pour Iris, à travers ce que dévoile Léon, on décèle un homme blessé en lui et anéanti. Un homme qui a énormément perdu et qui recherche donc à se venger. Malgré ses agissements sans scrupule, il se révèle tout de même soucieux de son peuple et cherche honnêtement à aider la population. Alors, avec ça, Promisedgagne en complexité et en ressorts. Vous croyez toujours savoir une chose et finalement, il y a encore quelque chose derrière. Et justement, ça caractérise toute l’histoire du début à la fin.

Quant à la fin du roman, vous vous doutez de ce qu’elle est. Pourtant, il y a ce petit côté doux-amer qui fait qu’il manque le truc. Le truc qui vous faire dire «tiens, ça c’est une bonne fin!».

J’ai eu cette impression latente que Caragh O’Brien écrivait pour écrire et pas pour raconter une aventure, que quand elle est arrivée à un nombre déterminé de pages, elle s’est dit «mince, faut que j’écrive la fin tout de suite».

Du coup, Gaia change de fusil d’épaule en un battement de cil, elle admet qu’elle a une fierté, que c’est un défaut secret et moi j’ai envie de dire: non, tu crois? Et hop hop, fin du livre.

Celle-ci arrive précipitamment et pratiquement comme ça, pas d’indices semés, pas la moindre indication menant à la conclusion. C’est hâtif voire bâclé et c’est bien dommage.

Bref, j’ai aimé l’intrigue et tous les personnages sauf Gaia. C’est triste à dire mais elle n’a pas changé en bien à mes yeux. Si l’auteure voulait nous prouver que son héroine est humaine avec des défauts et des qualités, elle a réussi. Je n’ai plus vu que ses défauts et c’est la première fois que je suis heureuse de voir une héroïne se faire torturer. Pour moi, ce n’était pas assez.

Promised répond donc bizarrement à mes attentes. C’est vrai que c’est une habitude, le fait de suivre une histoire en détestant son héroïne mais là, ça atteint des sommets. Pourtant, le récit m’a happée.

Mon bilan global reste tout de même positif car je garde un bon souvenir de cette saga.

Mon avis sur:
– les 2 premiers tomes et le 1er OS de Léon: par là.
– Ruled: ici.

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Trilogie Birthmarked, tome 2.5: Ruled – Caragh O’Brien

couverture

Comme cet opus est disponible sur ce lien et pas en ebook, l’auteure a fait appel à une artiste pour illustrer ce chapitre.
Art copyright © 2012 by Julie Dillon

Synopsis ( Traduction par moi. Sortie française non prévue):

Le bracelet est dans sa poche, attendant patiemment d’être passé autour du poignet de Gaia. Leon a besoin de la revoir. Il apprend que Gaia est en train d’aider un enfant à naître dans le village et se met à sa recherche. La naissance ne se passe pas bien. Le bracelet et ce que ça signifie pour eux deux devra attendre.

Mon avis:

Attention, cette critique comporte des spoilers !

Ce nouvel opus du point de vue de Léon se passe peu de temps après les évènements du tome 2. Gaia est toujours sage-femme et petit à petit, Léon se fait une place dans la communauté de Sylum malgré la méfiance qu’il suscite.

Dans cette nouvelle, nous ressentons l’injustice qu’il ressent face à l’hostilité latente des habitants de Sylum mais surtout, nous ressentons son désarroi face à Gaia qui n’aide pas à son installation.

Nous entrons dans un moment particulier : Tous deux viennent de se disputer et Gaia est sur le point de procéder à une nouvelle naissance.

Léon qui l’a suivie discrètement est pris la main dans le sac et penaud, pénètre dans la demeure où elle officie.

On dit toujours qu’une naissance est un moment magique et qu’il rapproche les gens. Cela s’avère vrai dans cette situation.

Face à cet accouchement qui s’annonce très difficile, Gaia fait passer Léon du statut du témoin passif à acteur de l’accouchement. Il met les mains à la pâte!

Les minutes qui suivent les premiers pleurs du bébé font que pour une fois, Léon se sent accueilli au sein d’une famille. Pour la première fois depuis longtemps, il a l’impression d’être à sa place.

Hélas !

Les impressions ne durent jamais et Léon déchante vite.

Ce qu’il ressent est sincère : il sait ce qu’il veut et il se bat pour ça. Léon est passionné et on ne peut que s’attendrir pour lui.

Alors je ne comprends pas les réactions de Gaia.

Elle est toujours en train de le rejeter pour lui donner quelques miettes de l’amour que Léon désire tant. Vraiment, ça ne laisse présager rien de bon les concernant car quelque part, ce n’est pas un triangle amoureux que je sens poindre mais un quatuor. Pauvre Léon

Quant à Gaia, oui je ne la comprends pas. J’ai l’impression qu’elle tient Léon pour acquis et si elle l’aime, alors faudrait qu’elle soit plus démonstrative que ça et alors, faudrait vraiment m’expliquer pourquoi elle a refusé de l’épouser. Plusieurs fois. Pauvre, pauvre Léon qui reste amoureux malgré tout.

Avec ça, Promiseda intérêt à avoir une conclusion épique car la fin de l’histoire s’annonce sombre. Très sombre. Vous serez prévenus !

Retrouvez mon avis sur les 2 premiers tomes et le premier opus du point de vue de Léon sur ce lien.