What light – Jay Asher

couverture

Synopsis:

La famille de Sierra gère une ferme de sapin de Noël dans l’Oregon. C’est un cadre plutôt bucolique pour une fille qui grandit ici. Sauf que chaque année ils rejoignent leur seconde maison en Californie pour vendre leurs lots de sapin de Noël pour la saison. Ainsi, Sierra vit deux vies: sa vie dans l’Oregon et sa vie à Noël. En laisser une entraîne toujours un manque. Jusqu’à ce Noël particulier, quand Sierra rencontre Caleb, et une vie en éclipse une autre.
Caleb n’a pas la réputation d’être un garçon parfait: il y a quelques années de ça, il a commis une énorme erreur et a payé pour cela depuis. Mais Sierra voit au-delà du passé de Caleb et devient déterminée à l’aider à trouver le pardon et, peut-être, la rédemption. Les désapprobations, les fausses idées et les soupçons tourbillonnent autour d’eux, Caleb et Sierra découvrent alors la seule chose qui transcende tout le reste: le véritable amour.

Mon avis:

Ayant adoré 13 raisons à l’époque, que ce soit en livre ou maintenant en série, je n’ai plus osé relire de roman de l’auteur de peur d’petre déçue et ce, malgré les synopsis que je trouvais intéressants.

Alors, pourquoi ce roman?

Premièrement, parce que j’ai une super copine, Melinn, qui m’a demandé mon avis dessus plusieurs fois et que du coup, je voulais pouvoir lui répondre honnêtement.

Ensuite, parce que la couverture est franchement jolie et enfin, parce que j’ai vu que c’était une lecture idéale pour Noël alors voilà.

Donc, nous faisons la rencontre de Sierra alors qu’elle nous plonge dans sa vie à l’approche des fêtes de Noël. Elle et sa famille ont la tradition d’aller vendre des sapins de Noël à l’autre bout du pays toutes les années, ce qui fait qu’elle a deux vies distinctes. Cette année est particulière pour elle car c’est peut-être la dernière fois qu’ils partiront. Les temps sont durs économiquement parlant et l’exploitation de ses parents vivote.

Voilà pour le contexte.

Parlons des personnages. Sierra, notre héroïne, semble posée et s’amuse beaucoup du fait que son père est très protecteur envers elle. Cela ne la dérange pas, au contraire, car elle n’a pas l’intention de s’attacher. Comme elle sait qu’elle est destinée à repartir, elle ne cherche pas de petit-ami au grand dam de ses meilleures amies qui disent d’elle qu’elle est exigeante. Il y avait tout pour qu’elle suscite mon empathie mais rien ne s’est passé. Je suis restée en retrait vis-à-vis d’elle.

Caleb, le petit-ami qu’elle ne cherche pas, m’a plus intriguée. C’est surtout pour lui que je continuais de tourner les pages. Il a des secrets à dévoiler et se montre beaucoup plus observateur qu’il n’y paraît. Malgré tout, cela n’a pas suffi pour que la sauce prenne.

En effet, je n’ai pas pu m’empêcher de trouver le roman superficiel, à vrai dire. Je n’en attendais pas grand chose mais quand même, j’aurais cru que venant de Jay Asher, il y aurait ce truc qui m’avait tant plue avec 13 raisons. J’ai donc été non seulement déçue mais aussi frustrée. J’étais colère.

Je me suis forcée à lire mais constatant que la magie n’opérait pas, la mort dans l’âme, je me suis résignée. J’ai voulu abandonner. Très fort. Si fort. Mais je ne voulais pas rester sur un échec. Alors, j’ai passé des dizaines de lignes, lisant quelques phrases par-ci, par-là. Et puis, à un moment, je me suis rendue compte que j’étais enfin parvenue à entrer dans le récit. Yes! Sans forcément ressentir plus d’empathie pour les héros, j’étais tout de même curieuse de voir où Jay Asher m’emmenait, quel sort il réservait à ses personnages.

Quant à la fin. Mouais. Bof. Je ne suis pas convaincue.

What light ne sera pas au final inoubliable. J’en garde beaucoup de déception malgré un milieu de roman qui m’a plus intéressée. Tant pis.

Du même auteur, retrouvez mon avis sur 13 raisons.

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13 raisons – Jay Asher

13 reasons why

Synopsis:

Clay reçoit treize cassettes enregistrées par Hannah Baker avant qu’elle ne se suicide. Elle y parle de treize personnes qui sont impliquées dans sa vie : amies ou ennemies, chacune de ces personnes a compté dans sa décision. D’abord choqué, Clay écoute les cassettes en cheminant dans la ville. Puis, il se laisse porter par la voix d’Hannah. Hannah en colère, Hannah heureuse, Hannah blessée et peut-être amoureuse de lui. C’est une jeune fille plus vivante que jamais que découvre Clay. Une fille qui lui dit à l’oreille que la vie est dans les détails. Une phrase, un sourire, une méchanceté ou un baiser et tout peut basculer…

Mon avis:

Pour bien apprécier un livre, j’ai pour habitude d’alterner les genres de mes lectures. Car si je reste toujours dans le même registre, je ne peux pas m’empêcher de faire des comparaisons et d’être irrémédiablement déçue.
Alors, 13 raisons ne déroge pas à la règle.

Lorsque j’ai reçu 13 reasons why, la couverture m’a tout de suite plu. Elle change de la couverture française mais je la trouve nettement plus révélatrice et elle dégage tout de suite la mélancolie qui imprègne les pages du bouquin, vous ne trouvez pas?

En plus, la fille de la couverture américaine correspond plus à l’image que je me fais d’une Hannah: innocente mais brisée, regardant vers l’avenir mais n’en espérant plus…

Comme dit le résumé, ce n’est pas une histoire joyeuse que renferme ce livre.
C’est de la nostalgie et de la tristesse qui sont omniprésents.

Dès le début, la couleur est annoncée: on sait qu’Hannah est morte, qu’elle s’est suicidée. Sa fin est irrévocable.

Mais au fur et à mesure que l’histoire avance, ma réaction était la même que celle de Clay, notre héros/ acteur passif. Comme Clay, je me suis demandée pour quelle raison il faisait partie de cette chaîne d’envoi de cassettes et comme lui, j’ai été soulagée d’apprendre qu’en réalité… ( mais chut, je ne peux pas en dévoiler plus). Quoiqu’en même temps, il mérite une place tout de même, rien que par le fait qu’il a eu un rôle dans la courte vie d’Hannah. Clay l’a marquée autant que les autres.

Bref, du point de vue d’un adulte qui a oublié ce que c’est que d’être adolescent et mal dans sa peau, les raisons du suicide d’Hannah sont idiotes et superficielles, je l’accorde.

Mais souvenez-vous de ce ça fait d’avoir 16 ans: vous vous rappelez comme vous pouviez être jaloux de ceux qui étaient populaires même si en public, vous clamiez haut et fort que vous vous fichiez de l’opinion des autres? Vous sous souvenez de cette solitude qui pouvait vous miner? De cette impression que personne, et encore moins vos parents ne vous comprenaient? De cette certitude que vous étiez invisibles aux yeux des autres?

Eh bien, la décision d’Hannah, c’est la conséquence de ça plus les 13 raisons qui l’ont menée à une déprime, au fin fond du gouffre. C’est la description de la descente dans l’obscurité, sans espoir de voir une lumière. C’est le fait même de voir cette lumière disparaître en la personne d’un adulte qui représentait la dernière étincelle d’Hannah.

Jusqu’aux dernières pages, comme Clay, je me suis prise à espérer qu’en fait, non, Hannah ne s’est pas tuée, qu’elle a juste simulé sa mort pour mieux revenir et en même temps, inexorablement, l’auteur – un homme qui a le mérite d’avoir su rendre compte des affres d’une fille ordinaire – nous fait comprendre qu’on est impuissant, que la fin est écrite , qu’elle ne pourra plus être changée.

La fin est pour moi douce amère. Il y a finalement, de l’espoir, oui, mais pour Clay, pour les vivants qui restent.

Ce livre est ce que j’appelle une leçon de vie car bien que je l’ai dévoré il y a 3 ans, il m’a profondément marquée au point que je n’ai même pas besoin de l’ouvrir pour me rappeler des passages entiers, des moments-clés de l’histoire.

13 raisons, c’est l’enseignement que même dans les moments de doutes et de broyage de noir, il faut s’accrocher à ce qu’on a de bon dans notre vie. Car sinon, on passe à côté de l’essentiel.

Parlons de la série.

La première saison de la série:

Comme vous le savez, la première saison de la série reprend en intégralité les évènements du livre si bien que la saison 2 n’aura plus de support. Mais qu’en est-il?

J’avais une peur avec cette adaptation, c’est qu’elle ne soit pas à la hauteur du roman. Qu’elle reste superficielle et/ou tombe dans le pathos.

Heureusement, ce n’est pas le cas.

J’ai retrouvé dans les épisodes les ingrédients qui m’avaient tant touchée dans l’écrit. Est-ce que c’est parce que les acteurs y sont pour quelque chose? Peut-être. Il est indéniable qu’ils sont parfaits pour faire passer toutes les émotions qu’on attend d’eux.

Bien sûr, il y a des différences avec le livre. Au moins une dizaine. Mais pour moi, c’est ce qui rend la série complémentaire au roman. Elles ont permis, par exemple, de bien montrer la réalité que vit une personne victime de harcèlement scolaire, son isolement progressif par rapport aux autres. J’ai trouvé que voir la dureté de certaines situations en images était percutant. Leur message passe de manière beaucoup plus brutale. Il s’imprègne durablement.

Les scénaristes ont pris des libertés avec certains personnages mais pourquoi pas? Cela leur permet d’aborder des thèmes qui sont souvent délaissés dans la littérature et d’amener des pistes de réflexion. Après tout, connaissez-vous beaucoup de romans où des adolescents ont des armes à feu?

J’ignore où nous allons avec le procès qui se profile à l’horizon mais j’ai apprécié de voir des parents beaucoup plus présents du côté des héros alors que dans le roman, on se demande s’ils ne sont pas livrés à eux-mêmes.

Les treize épisodes de cette saison se regardent à une vitesse folle car même si on connaît la suite des évènements, on veut savoir. On espère toujours voir une lueur d’espoir qui nous dirait que le monde n’est pas si pourri. C’est dans cette perspective que j’ai beaucoup aimé le personnage de Tony. Il dégage un charme fou mais surtout, j’ai aimé sa loyauté à toute épreuve envers ses amis. Il sert la justice même quand les temps sont difficiles. On voudrait tous d’un ami comme lui.

J’ai été convaincue par le jeu de Katherine Langford. Le rôle d’Hannah était fait pour elle. C’est grâce à elle que l’on ressent toute l’empathie qui fait que la série nous marque.

Au final, je trouve que chacun des supports complète l’autre à la perfection. Le livre me plongeait dans la tête d’Hannah, je ressentais ses émotions, sa tristesse tandis que la série nous montre les faits qu’elle a vécus dans toute leur hideur. On ne peut plus mettre ce qu’on ressent sur le registre de la seule indignation ou du subjectif. On est obligé de penser vraiment aux ramifications de ce qu’on voit. La série va clairement plus loin que la roman et pour moi, c’est un bien. On a besoin d’être percuté de plein fouet pour réagir.

Un succès pour cette première saison!