[BD] Mort au Tsar, tome 2: Le terroriste

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Synopsis :

Fin du diptyque imaginé par Fabien Nury et Thierry Robin où polar et histoire s’entremêlent au coeur de la Russie tsariste. Georgi est un terroriste. Il veut tuer le gouverneur Sergueï Alexandrovitch. Quitte à y laisser sa peau. Un thriller politique sur un terroriste prêt à tout ! Mort au Tsar, polar historique, nous entraîne sur les traces des révolutions russes de 1905.

Mon avis:

Ayant beaucoup aimé Le gouverneur, c’était évident que je n’attendrai pas pour découvrir l’autre face de l’histoire. C’est donc avec une grande hâte que je me suis empressée de lire Le terroriste.

Dans un premier temps, j’ai été décontenancée car je m’attendais à ce que l’histoire soit littéralement racontée par l’homme blond que nous avons rencontré dans le premier volet. Or, ici, il n’apparaît que très brièvement. Au lieu de cela, nous sommes projetés dans la tête d’un nouveau personnage. Il n’a pas de nom. Nous ne savons pas ce qui le motive. Par rapport à ce qu’il nous livre, nous voyons confusément se dessiner un homme cynique, intelligent, calculateur qui n’hésite pas du tout à tuer femmes ou enfants. Un anti-héros en somme.

C’est là qu’une fois encore, l’auteur nous montre l’étendue de son art: il parvient à nous rendre sympathique un personnage qui ne mérite pas du tout notre considération. Sans jamais répondre à mes interrogations, il a réussi à me tenir accrochée à ses pages. Comme pour Le gouverneur, on peut interrompre le récit et le reprendre en étant immédiatement immergé dans l’histoire.

J’ai aimé la façon dont l’histoire se termine. C’est sombre, à l’instar du personnage principal. Mais la manière dont c’est raconté fait sourire. C’est tellement dans la continuité de ce que fait Fabien Nury! C’est lucide, logique. En même temps, il y a une philosophie, une pensée qui se dégage par rapport aux hommes pris dans leur ensemble.

Enfin, je ne peux pas ne pas mentionner les couvertures des tomes qui composent ce dyptique. Elles se complètement à merveille et visuellement, c’est un vrai plaisir. La colorisation, le contraste entre le noir et le rouge… Notre oeil est irrémédiablement accroché.

En conclusion, cette courte saga est une vraie réussite pour moi. Chacun des tomes peut se lire indépendamment l’un de l’autre mais parvient à nous en faire connaître plus sur les révolutions russes.

Retrouvez mon avis sur le premier tome: Le gouverneur

Saga Le pacte, tome 3: Le jeu – Karina Halle

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Synopsis:

Kayla Moore a toujours assumé sa réputation de fêtarde et de croqueuse d’hommes. En tout cas, jusqu’à ses trente ans et jusqu’à ce que ses deux meilleures amies, Stephanie et Nicola, s’installent avec Linden et Bram McGregor. Fatiguée de tenir la chandelle et des coups d’un soir, Kayla décide que, pour elle, les hommes c’est fini et qu’elle va démarrer une longue période de célibat.
Ça, c’est jusqu’à ce qu’elle soit présentée au cousin de Linden et de Bram, le sexy Scot Lachlan McGregor. Lachlan est la représentation vivante de ce qu’elle a toujours recherché chez un homme. Avec, en plus, un regard d’acier et une brillante carrière de joueur de rugby à Édimbourg. Il est le genre d’homme qui peut lui faire oublier en un clin d’oeil ses idées de célibat. Mais il n’est pas un homme facile à approcher.

Mon avis:

Je remercie les Editions Hugo et Cie pour leur confiance.

Quand j’ai commencé ce roman, je m’attendais à passer un super moment, comme celui que j’ai passé avec les deux tomes précédents et au final, Le jeu a dépassé mes attentes. Ce que j’en retiendrai, c’est qu’il m’a tellement émue qu’il m’a arraché des larmes.

Nous entrons dans la vie de Kayla maintenant que ses meilleures amies sont casées et heureuses.

Alors qu’elle semble toujours forte et sûre d’elle, on réalise qu’elle aussi a ses points faibles.

Par exemple, elle est super proche de sa mère, s’en sentant responsable parce que ses frères ne lui rendent pas de visite. Elle essaye toujours de passer la voir même quand sa vie est folle pour être sûre que sa mère va bien.

Ensuite, il y a son boulot qu’elle déteste. Elle aurait voulu être journaliste mais elle s’occupe juste des pubs de la rédaction. Elle ne fait pas ce qu’elle veut mais elle ne démissionne pas car elle ignore ce qu’elle ferait.

Je trouve qu’à mon âge, je devrais avoir choisi ma merd… mon truc. Ma vie devrait être sur des rails.
– Ta vie est sur les rails qu’elle doit emprunter. Ce n’est ni un concours, ni une course. Ne te compare pas aux autres, compare-toi à celle que tu étais hier.

Ces paroles ne touchent-elles pas un point sensible en vous? Vous aussi, vous vous reconnaissez dans les doutes de Kayla? Alors, écoutons sa mère et laissons sa sagesse s’imprégner en nous parce que oui, c’est vrai, on a envie d’y croire.

Alors, évidemment, Kayla n’apparaît plus comme la fille assurée qu’on pensait qu’elle est. Elle devient là, accessible et du coup, l’empathie prend place.

Honnêtement, même si la romance m’a encore une fois conquise, j’ai été mille fois plus touchée par les éléments parallèles à l’intrigue.

Car figurez-vous qu’ici, Karina Halle aborde plusieurs thèmes qui me tiennent à coeur.

Elle traite de la relation que l’on peut avoir avec sa famille, avec ses parents avec une pudeur et des mots qui font mouche. Elle m’a fait penser à ma propre mère, à sa condition physique, au fait qu’on voudrait que nos parents parents soient immortels et c’est vraiment LE truc qui m’a émue dans Le jeu.

Ensuite, l’auteure fait intervenir des chiens et là, impossible de ne pas fondre!

Enfin, elle aborde les démons de l’homme avec une lucidité qui frappe car peu importe la forme qu’ils prennent, ils nous menacent à égalité.

Au départ, tu choisis. Et puis tu arrives à un point où tu voles de la muscade dans la cuisine de ta mère en pensant que ça va te défoncer. Tu peux mettre ses bijoux et ses manteaux de fourrure en gage. Tu peux voler tout ce qui leur appartient, tout ce qu’ils t’ont donné pour te sauver, tu peux tout balancer par la fenêtre. Tu deviens un putain d’égoïste, un pleutre. Une couille molle. tout ce qui t’importe, c’est de faire disparaître le monde et chacune de tes cellules. Il n’y a plus que ça. Toute ta vie devient une quête d’effacement de la vie, comme on effacerait une clé USB.

Avec une action aussi riche, autant dire que les personnages de Kayla et de Lachlan n’avaient pas besoin de nous charmer mais pourtant, l’auteure ne se repose pas sur ses lauriers. Elle les développe et nous plonge dans leur psyché de sorte qu’on ne peut jamais lâcher le roman. C’est intense.

Ainsi, Le jeu est certainement mon tome préféré pour le moment et je pense qu’il en faudra beaucoup à Briggs pour détrôner l’histoire de Kayla et de Lachlan.

Retrouvez mon avis sur :
– Le tome 1: Le pacte.
– Le tome 2: L’offre.

hugo