A head full of ghosts (Possession) – Paul Tremblay

Hex

Synopsis:

Malgré une mère alcoolique et un père au chômage, la famille Barrett tente de mener une vie ordinaire dans la tranquille banlieue de Beverly, Massachusetts, jusqu’au jour où leur fille de 14 ans, Marjorie, commence à manifester les symptômes d’une étrange schizophrénie. Alors que des événements de plus en plus angoissants se produisent, les Barrett décident de faire appel à un prêtre, qui ne voit qu’une seule solution : l’exorcisme. À court d’argent, la famille accepte l’offre généreuse d’une chaîne de télévision ; en contrepartie, elle suivra la guérison de Marjorie en direct. L’émission connaît un succès sans précédent. Pourtant, elle est interrompue du jour au lendemain sans explications. Que s’est-il passé dans la maison des Barrett ?

Mon avis:

A la lecture du résumé, j’ai été interpellée par le concept de l’exorcisme couplé à la télé-réalité. Ce qui m’a fait sauter le pas, c’est la citation de Stephen King disant qu’il avait eu peur et qu’il en fallait beaucoup pour cela. Ajoutez à cela la couverture terrifiante du livre et je savais que je lirais ce bouquin.

Pendant les premiers chapitres, je dois avouer que j’ai ressenti une sorte de gêne. Je n’avais plus le résumé en tête mais surtout, l’action est installée de manière indirecte. On n’est pas plongés dans l’action. En fait, on comprend que l’histoire s’est déjà déroulée, il y a quinze ans et qu’elle sera racontée par une protagoniste, Merry, dans le contexte d’une interview. Merry est la petite soeur de Marjorie, celle qui a été exorcisée. Elle avait de huit à dix ans à l’époque alors elle admet que ses souvenirs peuvent être flous voire interprétés à la faveur de ce qu’on lui a dit ou fait comprendre. La difficulté réside d’emblée dans le fait que le récit repose sur des zones de flou et/ou des on-dit. C’est donc pour cela que j’ai eu un peu de mal à entrer dans l’histoire et ce, à chaque fois que j’ai interrompu ma lecture. C’était fastidieux de reprendre le fil et de rester attentive assez longtemps.

Mais, une fois dedans, j’ai vécu l’histoire.

L’alternance entre le passé et le présent permet de prendre du recul par rapport à l’action et de réfléchir aux pistes de réflexion mises en place par Paul Tremblay. En effet, A head full of ghosts est avant tout une histoire d’interprétation, un jeu de miroirs dont jusqu’à la fin, on en ignore le nombre total.

De plus, les passages tirés du blog de Karen Brissette dont l’identité nous est dévoilée assez rapidement, mettent en relief ces éléments qui, mis bout à bout, permettent une rationalisation des faits. Les moments d’effroi alternent donc avec ces moments de soulagement où notre côté scientifique s’exclame que oui, c’était évident en y réfléchissant bien.

L’intrigue se lit comme un enchevêtrement de tiroirs. Ils nous dévoilent toujours quelque chose à laquelle, sur le moment, nous ne faisons pas attention mais où nous reviendrons irrémédiablement avec un nouveau regard.

Les personnages nous font nous interroger. Nous oscillons entre les croire ou remettre en question systématiquement tout ce qu’ils disent et disent faire. Un coup, on les aime bien, notre empathie est à l’oeuvre en faveur d’eux. Un coup, on balaie du revers de la main leurs états d’âme.

C’est donc bluffée que j’ai appris les twists finaux. Je n’ai rien vu venir. Même en prenant suffisamment de recul pour voir l’histoire d’un point de vue rationnel, c’était impossible pour moi de pressentir ce qui allait advenir. Je reste décidément bluffée.

La fin du roman est à l’image des faits: on ressent le drame dans le fait qu’il y a quelque chose à découvrir derrière de terrifiant. C’est là le talent de l’auteur. Il me fait frissonner en me montrant à quel point la réalité, la vraie réalité peut également être horrible. Or, celle-là, cette réalité ordinaire n’est pas une invention. C’est déjà notre quotidien. J’en regrette même la touche de fantastique qui nimbait tout le récit jusque là.

Car, à la lumière de tout ce qu’on sait maintenant, A head full of ghosts devient tout simplement un drame qui ne nous laisse pas indifférent et qui nous révolte.

Ainsi, malgré des difficultés à entrer dans le récit, son objet m’a touchée en plein coeur. Il m’a fait avoir peur, il m’a fait douter de tout et de tout le monde et finalement, il m’aura émue.

Publicités

Trilogie Possession, tome 1: Possession – Elana Johnson

Possession

Synopsis:

Dans le monde de Violette, personne n’imagine transgresser les règles des Penseurs.
Eux seuls décident des lois et ont le pouvoir d’influencer les esprits. Mais Violette refuse de se soumettre. Alors qu’un soir de couvre-feu elle rend secrètement visite à Zenn, celui qu’elle aime depuis toujours, elle est envoyée en prison. Là-bas, elle fait la connaissance de Jag, un membre actif des Rebelles. Elle va vite comprendre que ce jeune homme aussi mystérieux qu’irrésistible peut la conduire vers de nouveaux horizons affranchis de l’emprise des Penseurs.
Mais elle découvre également le prix de la liberté. Violette saura-t-elle affronter la vérité sur les siens ?

Mon avis:

Je ne sais pas ce qu’il se passe, depuis Sentiment 26, j’ai beaucoup de mal à accrocher à mes lectures. Je te blâme Gemma, je te blâme!

Nous voilà donc plongés dans le monde de Violette, Vi pour les intimes qui se retrouver enfermée en prison pour s’être promenée dans le parc en compagnie d’un garçon, Zenn, son promis, après l’heure du couvre-feu.

Pourquoi ce monde est tel qu’il est? Rien n’est dit dessus. En revanche, ses habitants se définissent eux-mêmes comme étant les Goodies ou les Baddies (les bons et les mauvais).

Violette semblait à première vue prometteuse. Loin d’être docile, elle se révèle un esprit libre et aime défier les conventions imposées par son système. Pas parce qu’elle n’en fait qu’à sa tête mais parce qu’il le faut bien pour suivre Zenn.

Oui mais… eh bien c’est ça le hic. Je ne lui trouve pas particulièrement de défauts mais l’auteure a écrit son histoire de telle manière que je n’arrive pas à accrocher avec Violette.

Entre les bonds dans le temps qui me donnent l’impression qu’il manque des pages ou que les passages sont des rêves, il m’est arrivé à plusieurs reprises de me dire: « Quoi? Comment ça a pu arriver? » sans que cette dernière question n’ait de réponse. Alors oui, il y a des passages qui resteront obscurs pour moi car j’ai beau les relire et retourner en arrière, s’il y a des paragraphes que l’auteure a oublié d’écrire, eh bien, je ne suis pas dans sa tête pour les trouver.

Du coup, la grande révélation arrive tout à coup et bien qu’elle soit de taille, elle m’a laissée de marbre. Oui, des indices étaient donnés. Oui, j’aurais pu les assembler parce qu’en fait, après réflexion, je n’ai pas été si surprise. Mais… Rien n’y fait. Je n’y suis pas arrivée.

Quant à Jag, eh bien, je ne sais pas. Je ne sais pas quoi penser de lui. Evidemment qu’il est énigmatique, plein de secrets et toussa toussa.
Et son sourire arrogant qui a le don de mettre Vi dans tous ses états. Ca et puis le fait qu’apparemment, il est sexy et tout et tout…

Possession a tout de même ce mérite que l’histoire se lit toute seule. Ce n’est pas grave si vous êtes un témoin de l’action, vous êtes quand même dedans. Les personnages bougent, automatiquement, vous bougez avec. C’est comme si en fait vous étiez la caméra. Vous avez les personnages qui vivent devant vous mais vous restez hermétique.

Alors, est-ce que je lirai la suite?

Eh bien, figurez-vous que oui car la fin de ce premier tome est dramatique. C’est exactement le genre de choses qui me frustre et qui me donne envie d’en lire plus, ne serait-ce que pour voir la situation se dénouer.