Les cinq lettres du mot coeur – Cathy Cassidy

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Synopsis (Sortie le 12 octobre 2017):

Carrie, Omisha, Eden, Uma et Ryan sont inséparables comme les cinq doigts de la main ou comme les cinq lettres du mot « coeur ». Mais, après une violente dispute, leur groupe est brisé. Même Eden et Ryan qui étaient amoureux en secret, ne se parlent plus… Est-il vraiment trop tard, deux ans après, pour recoller les morceaux de l’amour et de l’amitié?

Mon avis:

Je remercie les Editions Nathan/Lire en Live pour leur confiance.

Cela faisait un moment que je n’avais plus lu de romans de Cathy Cassidy car je dois avouer que j’étais un peu lassée. Je commençais à trouver qu’ils étaient trop « jeunes » pour moi.

Cependant, quand j’ai lu le résumé de celui-ci, j’ai su qu’il était temps de m’y remettre.

Ainsi, l’histoire nous est racontée alternativement par Eden et Ryan. Quand ils étaient enfants, avec trois autres filles, ils formaient un groupe très soudé. Ils étaient les meilleurs amis du monde. D’ailleurs, ils s’appelaient le club du Coeur car les initiales de leur prénom formaient le mot coeur.

Or, lorsque à l’époque où nous retrouvons Eden et Ryan, deux années ont passé et le groupe s’est complètement dissous. Tout le mystère de ce roman consiste dans ce que nous savons dès le départ: Eden et Carrie, meilleures amies pour la vie, étaient toutes les deux amoureuses de Ryan et Carrie a eu le coeur brisé le soir où elle l’a surpris en train de voler un baiser à Eden.

Tandis qu’Eden est devenue une sorte de gothique, Ryan est devenu le cancre de la classe. Ils évoluent dans des mondes différents; ressassant tous deux la perte de leur amitié et de celle des autres. Leur tristesse ne peut que nous toucher car qui n’a jamais perdu d’ami? Qui n’a pas de regrets en pensant à un ami perdu?

Leur souffrance m’a donc « parlé ». Je m’identifiais à eux complètement. Néanmoins, même si je comprenais la volonté d’Eden de ne se lier avec personne par peur de souffrir à nouveau et la colère de Ryan qui le pousse à provoquer tout le monde, même si ces traits avaient tendance à m’agacer, j’étais complètement happée.

Je pense que je n’exagère pas quand je dis que j’ai dévoré ce roman.

Le style d’écriture de l’auteure est plus mature, plus travaillé. Il facilite du coup beaucoup plus l’immersion dans le récit.

J’ai vraiment aimé les aller-retours entre le passé et le présent. Nous sentons pleinement l’importance de Carrie dans le passé des ados et c’est comme si on faisait notre deuil avec eux de leur amitié morte.

Et puis, vient la grande révélation qui nous laisse pantois. Je n’ai rien vu venir.

Après ça, l’émotion était trop forte. J’ai relu le roman avec un nouveau regard. Je suis bluffée. Encore une fois, je suis vraiment conquise par la maturité de l’auteure. Elle sait jouer avec nos sentiments comme une maestria.

Au final, Les cinq lettres du mot coeur est de loin, avec Coeur vanille, le roman de Cathy Cassidy que j’aurai le plus aimé. C’est une très belle re-découverte.

De la même auteure, retrouvez mon avis sur Coeur vanille.

Lire en Live

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L’île aux mensonges – Frances Hardinge

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Synopsis :

Faith Sunderly, 14 ans, est la fille d’un révérend et éminent naturaliste. Accusé d’avoir trompé la communauté scientifique, il part s’exiler avec sa famille sur une île au large des côtes anglaises. Mais les rumeurs l’accablent et bientôt il est retrouvé mort. Suicide déshonorant comme le fait croire la respectable société victorienne ? Ou assassinat, comme en est persuadée sa fille ? Avec son insatiable curiosité, Faith mène seule son enquête, qui l’entraine de révélations en secrets précieusement dissimulés. Elle est prête à défier toutes les convenances sociales pour faire surgir la vérité. Mais cette vérité pourrait se révéler dangereuse….

Mon avis:

Je remercie les éditions Gallimard Jeunesse.

Ce roman m’attirait et me faisait peur en même temps car bien que l’aspect enquête m’intéressait, je craignais de m’ennuyer par la lenteur de l’action.

L’histoire nous est racontée du point de vue de Faith. Fille d’un scientifique renommé, elle souffre de devoir cacher sa curiosité intellectuelle au reste du monde. En effet, elle vit à cette époque victorienne où les femmes sont considérées comme inférieures aux hommes alors une fille vivace d’esprit comme elle embarrasse tout le monde.

Mais, parce qu’elle voue une vénération sans borne envers son père et cherche à tout prix à obtenir son approbation, elle se tait. Jusqu’au jour où celui-ci est retrouvé mort.

Tandis que les autres pensent à un suicide, Faith décide de prendre les choses en mains. Elle va enquêter pour prouver que son père a été tué.

Jusque là, je m’ennuyais ferme. Le personnage de Faith m’insupportait, elle n’allait pas au bout des choses. Elle n’osait pas. Elle se voulait rebelle mais se conformait aux attentes des autres.

Mais à partir du moment où enfin, elle réagit, j’ai oublié qu’elle m’énervait prodigieusement.

J’ai été prise par les manigances de Faith et j’ai englouti les pages en me délectant d’elles. La touche de fantastique est éclipsée au profit du comportement des hommes qui est dépeint. Ainsi, notre côté rationnel n’a pas le temps de s’interroger sur les explications de l’arbre aux mensonges. On l’accepte comme une réalité pour se concentrer sur la suite des évènements. J’ai été prise au jeu de l’enquête et jamais, les faits ne m’ont paru invraisemblables car l’auteure sait jouer avec les codes et convenances de l’époque pour nous surprendre. J’en voulais toujours plus.

Au final, j’ai passé un bon moment avec L’île aux mensonges alors que c’était mal parti. C’est donc une agréable surprise qui me fait plaisir et que j’espère renouveler.

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