Le roman le plus nul du monde – Stéphane Heska

couverture

Synopsis:

Lorsque Cinderella Playbook, jeune et naïve étudiante en sociologie nucléaire, interviewe le charismatique et richissime Robert Brocode, elle est loin de s’imaginer que cette première rencontre maladroite l’emmènera à la découverte de son moi profond, dans des jeux érotiques toujours plus inten…
Non, en fait, c’est l’histoire de Passe-Nulle-Part, un nain- nimateur de supermarché fauché qui découvre un paquet de Chocapic tridimensionnel aux étranges pouvoirs.
Tout ceci va tout de même l’emmener très loin, non pas dans une chambre rouge où un milliardaire pervers lui introduira des objets dans le rectum (quoique), mais dans une quête totalement folle où se jouera le sort du monde libre face aux puissances du mal.
Il y aura aussi des nazis, un pirate, une rivière de bonbons, des dinosaures, une DeLorean, des explosions, des Stormtroopers, des trahisons, des Elfes, des câlins, des Schtroumpfs, des courses-poursuites, des parties de balle aux prisonniers et surtout… Chuck Norris.

Un chef-d’œuvre salué par la critique et le public. Sélection officielle du prix Goncourt, Renaudot, Femina ainsi que du prix Nobel de littérature (dans une autre dimension, mais ça compte quand même).

Mon avis:

Tout d’abord, je remercie les éditions Seconde Chance pour leur confiance.

Quand j’ai vu le résumé de ce nouveau roman de Stéphane Heska (anciennement J. Heska) , je me suis dit que ça promettait d’être déjanté. Effectivement, le récit nous emmène aux côtés de Passe-Nulle-Part, un nainimateur de supermarché qui lance par le plus grand des hasards, une partie de Chocanji. C’est une version chocolatée du Jumanji mais sans Robin Williams, ce qui est dommage parce que son absence détonne au milieu de tous les noms présents dans ce livre. On côtoie ici les Storm Troopers, les Expendables, Predator ou les Schtroumps, entre autres. Autant vous dire que les références sont légion ici. Je me suis même demandée comment l’auteur s’est dépatouillé avec les droits d’auteur.

Je n’ai pas compté pour voir s’il y a 567 copyrights violés dans ce texte mais j’ai été super contente qu’il y ait une mention, très rapide, liée à Stargate SG1 (D’ailleurs, même s’ils font un remake, rien n’effacera de mon coeur l’interprétation de Michael Shanks ou celle de Richard Dean Anderson. Leur duo est irrésistible).

Mais alors, qu’est-ce que j’ai rigolé avec Chuck Norris! Ses chapitres sont imparables et c’est tellement dans l’esprit des mêmes!

– Oh mon Dieu, c’est lui!
– Oui, p’tit gars. Et Chuck Norris ne croit pas en Dieu. Dieu croit en Chuck Norris.

On pourrait croire que l’histoire, c’est n’importe quoi à cause de tous ces univers qui se rentrent dedans mais c’est fait avec tellement de panache et de bonne humeur, sans se prendre au sérieux, qu’on est à fond dedans. L’intrigue acquiert même un sens!

Les personnages sont tous barrés mais ensemble, ils forment une bande marrante et bien sympathique. Surtout Hitler ou le Grand Charles!

En conclusion, ce roman qui ne se prend pas au sérieux – et ça se voit dans son titre – m’a fait passer un excellent moment et c’est mon préféré de cet auteur. Lisez-le! Vous rirez bien!

2nde

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Un monde idéal où c’est la fin – J. Heska

heska

Synopsis:

Bienvenue dans un monde idéal !
Un monde idéal où la civilisation telle que nous la connaissons n’existe plus. Dérèglement du temps ? Avènement de la magie ? Crise climatique irréversible ? Épidémie mondiale de mort subite ? Extra-terrestres maladroits ? Invasion de poireaux découpeurs de cervelles ? Crise de déprime globale ? Robots hors de contrôle ? Zombies entreprenants ?
Découvrez 100 histoires drôles, émouvantes, tragiques ou absurdes qui mènent à notre perte !
Mais c’est quoi Un monde idéal ? C’est une collection de livres reposant sur un concept tout simple qui a fait le succès du site Internet http://www.jheska.fr : des textes courts et percutants relatant des histoires basées sur des « et si » ?
Un livre parfait pour un petit moment de détente égoïste, dans le bus, à la pause déjeuner, le soir avant de se coucher ou à la plage !

Mon avis:

Je remercie encore une fois l’auteur pour m’avoir accordé sa confiance et pour m’avoir proposé ce partenariat qui m’a enchantée et captivée.

Dans ce recueil de nouvellles (cent nouvelles tout rond, je le souligne) où il est question de la fin du monde ou plutôt de toutes les façons possibles dont le monde tel que nous le connaissons se termine (Oui, je suis bien en train de reprendre une citation de Dan Brown à mon compte), J. Heska parvient, en l’espace de quelques pages à surprendre et à nous happer dans la multiplicité de ses mondes.

En effet, chacune des nouvelles n’est composée que de quelques pages (pas plus de trois pages) mais paradoxalement, elles sont entières.

Nous y retrouvons les influences et références hétéroclites de J. Heska (Quelle stupéfaction de lire une nouvelle dédiée à HP Lovecraft! Lovecraft est simplement MON auteur en matière de fantastique alors j’ai vraiment été heureuse de voir Ctulhu intervenir dans une fin du monde.)

J’ai également aimé la nouvelle avec l’armée de chats qui est hilarante et dramatique à souhait. Comment ne pas apprécier l’univers décalé que nous propose l’auteur?

Bien sûr, d’autres clins d’œil plus moins subtils sont glissés dans les pages: Matrix, I-Robot, Terminator, Minority Report… Ca, c’est pour les films. En séries, vous reconnaîtrez sans peine Stargate Universe et SG1 (mes séries de référence en matière de SF) entre autres … et même un clin d’œil au roman précédent de l’auteur: On ne peut pas lutter contre le système impossible à rater. Evidemment! Dès qu’il est fait mention de Triple H et de Lawrence, on revoit nos joyeux lurons fuir en Thailande pendant que le monde financier est en effervescence!

Cependant au milieu de toutes les nouvelles passant d’un registre à un autre, une trame se met en place impliquant un gnome et un mage. Et quand on me dit mage, je pense à la fameuse publicité de JCVD pour World of Warcraft donc même si cela fait du bien de lire des textes ou extraits sans rapport les uns avec les autres, j’ai eu plaisir à suivre l’intrigue avec Groumph dont la chute est émouvante comme tout.

Ainsi, vous avez l’impression de vivre mille films ou livres en même temps car par exemple, dans la nouvelle reprenant Skynet, vous retrouvez l’ambiance propre au film mais également les traits dominants des personnages. Ou alors, autre exemple: Les caractères de Morpheus et de Néo ne sont en rien altérés et lorsque vous avez l’impression de revivre cette scène de la pilule rouge et de la pilule blanche, J. Heska parvient à nous surprendre en nous embarquant dans un univers qui lui est propre mais qui respecte en même temps les codes des Wachowsky.

En multipliant les références ainsi, vous pourriez craindre que le résultat ne fasse un peu fouillis et pourtant il n’en est rien. Au contraire, vous guettez le moindre mot ou acte qui vous fait lever le doigt en poussant un ah ah triomphant et comme je le disais, les pages se tournent rapidement.

La Terre est détruite par les guerre nucléaires, une armée de zombies ou de chats (Il semble que J. Heska ait peur d’une invasion de chats, précisons-le car il y a un bon nombre de nouvelles où ces félins font office de monstres. Ca et les poireaux!) l’envahit sans parler des extra-terrestres, la crise financière plonge le monde dans le chaos (mention spéciale à la nouvelle dédicacée à la banque d’investissement Goldman Sachs. Cette nouvelle susciterait l’intérêt des économistes, assurément!)

La fin du monde … Le thème paraît dramatique mais l’auteur nous promène joyeusement dans des situations absurdes ou au contraire délirantes. Il nous fait zigzaguer entre les explosions nucléaires, les extraterrestres, les insectes, toujours dans un contexte si surréel que le voyage vous est distrayant. Vous ne ressentez pas l’urgence de la situation mais l’urgence d’en lire toujours plus.

Ce faux livre-catastrophe plaira aux amateurs du genre et même si vous n’aimez pas cette sorte de lecture d’habitude, je vous assure que ce recueil vous happera comme il l’a fait avec moi.

Je vous mets une courte nouvelle intitulée Un monde idéal où la spéculation économique est interdite. Elle m’a particulièrement marquée sans que je ne puisse expliquer pourquoi mais s’il fallait déterminer quelle nouvelle est ma préférée, ce serait peut-être celle où l’histoire est un éternel recommencement avec les Martiens qui désertent leur planète.

Lorsque les Etats proscrivirent la spéculation, tout d’abord sur les matières premières, puis sur les biens, la dette, les échanges et enfin les entreprises, les hommes ne purent plus faire de profit. La finance mondiale périclita, les investisseurs sombrèrent, les banques tombèrent, les Etats se dégradèrent, les sociétés s’étiolèrent. Mais au-delà de ces problèmes qui auraient pu trouver une solution par le génie humain, ce fut toute la capacité d’entreprendre qui fut remise en cause. Les êtres humains n’avaient plus envie de réaliser, de créer, de se surpasser car ils n’avaient plus la possibilité de faire du profit. La crise sociétale fut amplifiée par une crise de conscience qui amena petit à petit l’espèce humaine à s’éteindre lentement, inexorablement, comme soufflée par sa propre litanie. Tout cela parce que les Etats avaient interdit au monde financier ce pour quoi il était fait: spéculer.

Convaincu?

Pour info, le livre est achetable sur Amazon: sur ce lien.

Retrouvez mon avis sur :
On ne peut pas lutter contre le système: sur ce lien.