L’écorchée – Donato Carrisi

couverture

Synopsis:

« JE LES CHERCHE PARTOUT.
JE LES CHERCHE TOUJOURS. »

On a tous ressenti l’envie de s’évanouir dans la nature. De fuir le plus loin possible. De tout laisser derrière soi. Or chez certains, cette sensation ne passe pas. Elle leur colle à la peau, les obsède, les dévore et finit par les engloutir. Un jour, ils se volatilisent corps et biens. Nul ne sait pourquoi.
ET PUIS, SOUDAIN, CES DISPARUS RÉAPPARAISSENT POUR TUER.

Mon avis:

Ce livre peut se lire indépendamment du premier tome, Le chuchoteur.

Cette nouvelle aventure de Mila se déroule environ sept ans après l’affaire du Chuchoteur. Mila a maintenant une fille, Alice mais traumatisée par son passé, Mila a préféré confier Alice à sa mère Inès. Dans ce contexte, une nouvelle affaire se met en branle où des personnes disparues depuis des années réapparaissent en tuant des personnes. A première vue, elle semblent se venger des gens qui les ont maltraitées dans leur ancienne vie mais Simon Berish, un enquêteur expert dans l’art de mener les interrogatoires, révèle au grand jour une vérité plus effrayante encore.

L’auteur plonge encore une fois dans l’obscurité de l’âme.

Il nous montre le processus qui s’enclenche quand tout va mal, le désespoir qui s’instaure pour aboutir à l’envie de disparaître.

De la même façon, il nous dévoile le quotidien loin d’être glamour de ces flics qui se décarcassent pour nous, de leur vie au commissariat et on réalise que parce que c’est une grande famille, les policiers partagent une vie non exempte de ses travers: la rapidité à laquelle ils se jugent les uns les autres, à laquelle une réputation se fait et se défait…

L’auteur nous fait vivre l’enquête comme si on était nous-mêmes enquêteur.

L’intrigue nous captive et j’ai apprécié les notions d(‘anthropologie introduites par l’intermédiaire de Simon Berish.

Le seul bémol tient dans l’identification aux personnages qui, pour moi, ne s’est pas faite. Mila est inaccessible et Simon trop sombre.

Heureusement, cela ne gêne en rien l’attractivité de l’histoire.

En conclusion, ce tome a été très agréable à lire. Il fait souvent référence au Chuchoteur et même si ça déconcerte, surtout que je ne me rappelle pas de tout ce qui s’y est passé, il se suffit à lui-même. Encore une fois, la fin est ouverte mais là, elle appelle inévitablement une suite.

Dans le cadre d’une lecture commune, retrouvez les avis des autres participants sur ce lien.

Le tribunal des âmes – Donato Carrisi

couverture

Synopsis:

Les crimes commencent par des aveux.

Rome. Sa Dolce Vita, son Capitole, ses foules de pèlerins, ses hordes de touristes. Sa pluie battante, ses sombres ruelles, ses labyrinthes souterrains et ses meurtriers insaisissables.

Marcus est un homme sans passé. Sa spécialité : analyser les scènes de crime pour déceler le mal partout où il se terre. Il y a un an, il a été grièvement blessé et a perdu la mémoire. Aujourd’hui, il est le seul à pouvoir élucider la disparition d’une jeune étudiante kidnappée.

Sandra est enquêtrice photo pour la police scientifique. Elle aussi recueille les indices sur les lieux où la vie a dérapé. Il y a un an, son mari est tombé du haut d’un immeuble désaffecté. Elle n’a jamais tout à fait cru à un accident.

Leurs routes se croisent dans une église, devant un tableau du Caravage. Elles les mèneront à choisir entre la vengeance et le pardon, dans une ville qui bruisse encore de mille ans de crimes chuchotés au cœur du Vatican.

Mon avis:

Ce roman présente deux personnages : Sandra et Marcus.

L’un comme l’autre n’ont a priori aucun point en commun. L’un vit en Italie, l’autre aux Etats-Unis.

Elle est photographe, lui est prêtre.

Et puis ils se rencontrent au hasard de leurs investigations.

Mais commençons par le début.

Le Tribunal des âmes s’ouvre sur une scène banale : une équipe d’intervention infirmière est envoyée dans une maison où est découvert un homme qui a, semble-t-il, eu une crise cardiaque. Passés les moments de routine que seul le quotidien peut leur faire connaître, le médecin, Monica, comprend que celui dont elle tente de sauver la vie est le meurtrier de sa sœur jumelle. Un choix s’offre à elle : soit, elle le sauve, soit elle le laisse mourir. La fin du chapitre ne nous dévoile pas ce qu’elle a décidé.

Autre scène : Une jeune fille, Lara, a disparu. Les policiers penchent pour une fugue mais d’autres enquêteurs plus officieux, les Pénitenciers, sont sûrs qu’il s’agit d’un kidnapping et comprennent rapidement comment cela a eu lieu.

On passe à Sandra. En deuil depuis près de trois années, elle vit encore dans le souvenir de son mari, David, décédé lors d’un voyage d’affaires. C’est là que son investigation va commencer. D’abord, un coup de fil d’un agent d’Interpol : Shalber, qui va jouer sur les doutes qu’elle tente de se cacher jusqu’à ce que sa curiosité cède et à partir de là, elle découvre que David lui a laissé des indices avant de mourir.

Marcus, on ne le découvre que lorsque Sandra se retrouve face à lui est donc un prêtre, mais pas n’importe lequel, c’est un Pénitencier. Jusque là, l’auteur a décrit les faits tels que jusqu’à cet instant, je pensais que c’était un détective. Et quand j’ai lu que non, j’étais épatée. J’ai su que ce roman allait me plaire beaucoup plus que le précédent.

Vous vous demandez ce que tous deux peuvent avoir en commun et vous devinez que c’est lié à leur enquête. Eh bien, c’est vrai. D’une certaine manière.

Tout le long du roman, de courtes scènes sont décrites et peu à peu, on comprend de quoi il s’agit sans pour autant le mettre en corrélation avec Lara ou Marcus. Celles-ci racontent la traque d’un homme appelé chasseur qui apparemment, enquête sur des personnes capables de se transformer physiquement pour s’adapter à leur milieu. Des caméléons appelés transformistes. Et quand je dis qu’ils changent physiquement pour s’adapter, faut comprendre que ces transformistes prennent l’apparence des personnes les entourant ainsi que leur voix. Bien sûr, la transformation n’est pas entière (tout de même) mais le frisson réside dans le fait que l’illusion est parfaite jusque dans la posture, l’attitude, la voix, tout.

Je parlais de Pénitenciers tout à l’heure alors qu’est-ce que c’est ? Pour Donato Carisi, c’est un prêtre spécialisé dans le crime. En fait, la création de ce travail spécial remonte à environ 1000 ans. Mais je laisse Shalber vous expliquer:

 » La religion catholique a érigé la confession en sacrement: les hommes racontent leurs péchés à un ministre du culte en échange du pardon. Pourtant, parfois, le péché est si grave qu’un simple prêtre ne peut accorder l’absolution. C’est le cas des péchés mortels, c’est-à-dire graves et accomplis en toute connaissance de cause.
– Comme l’homicide. […]
– Exactement. Dans ces cas-là, le prêtre consigne la confession et la transmet à une autorité supérieure: un collège de hauts prélats qui est appelé à Rome pour juger.
– Un organe de jugement pour les péchés des hommes. […]
– Le Tribunal des âmes. »

« Une fois que le tribunal avait émis son avis, les textes des confessions étaient brûlés. Mais au bout de quelques années, les pénitenciers décidèrent de créer des archives secrètes… Et leur oeuvre se poursuit de nos jours. »

« Les pénitenciers ne s’intéressent pas à l’oeuvre du démon. Ils ont une approche scientifique: ce sont de véritables profilers. Leur expérience a mpuri avec les années et grâce aux archives. Avec le temps, en plus des confessions des pénitents, ils ont établi une base de données détaillée de tous les évènements criminels. Ils les étudient, les analysent et essayent de les déchiffrer comme ds criminologues modernes.
– Vous voulez dire qu’ils résolvent des affaires?
– Cela peut arriver.
– Et la police ne sait rien…
– Ils sont forts pour protéger leur secret; dans le fond, ils y parviennent depuis des siècles. »

Maintenant, vous savez.

Et donc, voilà le métier de Marcus qui va conclure un pacte avec Sandra. Lui, tâche d’apporter des réponses à Sandra et elle, le laisse dans l’oubli.

La particularité de Marcus?

C’est qu’étant amnésique, il se réveille tous les jours avec des bribes de souvenirs de sa vie passée.

Nous suivons donc l’enquête menée par les deux personnages en parallèle jusqu’à la conclusion où ahuris, on se rend vraiment compte qu’avec Donato Carisi, il faut toujours se méfier des apparences, ne pas s’y fier et les remettre en question.

J’ai été très surprise par les révélations apportées et par le retournement de situation. Encore une fois, je me suis fait avoir comme une bleue.

Ce livre est donc un vrai plaisir intellectuel: on prend plaisir à le relire pour dénicher des indices semés de ci de là et ma première impression s’est avérée vraie. Je l’ai vraiment aimé plus que le Chuchoteur.