Say something – Jennifer Brown

couverture

Synopsis (Traduction par moi. Sortie française non prévue):

David Judy sait ce que c’est que d’être bizuté. Timide, avec une voix douce et un prénom de fille comme nom de famille, il est la cible idéale des gros bras. Heureusement, il y a une fille avec qui David se sent à l’aise, Valérie, qui sort avec son voisin et ami, Nick.

Mon avis:

Cette nouvelle se lit en parallèle du roman Hate list.

Racontée du point de vue de David, le meilleur ami de Nick, elle nous montre une autre facette des évènements qui ont eu lieu. On pourrait penser qu’on sait tout de ce qu’il s’est passé mais Jennifer Brown réussit à mettre en lumière de nouveaux éléments et encore une fois, elle nous fait réfléchir.

Hate List nous faisait réfléchir à ce qu’il pouvait se passer dans la tête de l’instigateur d’une tuerie mais Say something nous plonge dans la tête de celui qui a vu les signes, de celui qui savait que la tuerie était susceptible d’arriver mais qui n’a pas voulu y croire, qui a fermé les yeux en espérant se tromper.

David n’attire pas notre regard à première vue et justement, on comprend ici pourquoi.

On se rend compte que peu importe l’angle sous lequel on prend les évènements, que ce soit Valérie ou David, aucun d’entre eux n’était capable d’empêcher Nick une fois sa décision prise.

Nick was desperate.

C’est parce qu’il était une victime qu’il a choisi de relever la tête et d’agir. Il n’a pas agi comme il le fallait mais il a agi de la seule manière qu’il connaissait et Jennifer Brown fait très fort en nous faisant comprendre cela.

En quelques mots, elle réussit à nous replonger dans une intrigue intense. A nous émouvoir jusqu’aux tripes et même à nous faire ressentir de la sympathie pour David car au final, on aurait très bien pu être lui. Il n’est pas exempt de défauts, il s’écrase devant plus fort que lui et détourne les yeux quand il voit quelqu’un d’autre se faire malmener devant lui mais son attitude est universelle. Chacun d’entre nous a agi de cette manière à un moment ou un autre de sa vie.

Say something se lit très vite. Elle fait une centaine de pages mais elle marque et touche. Une très bonne lecture.

Retrouvez mon avis sur Hate list.

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Hate list – Jennifer Brown

Déjà, les couvertures française et originale:

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Rien que la couverture originale, je la trouve mieux, ne serait-ce que pour rendre l’atmosphère du livre.

Synopsis :

Lorsque Valérie franchit le seuil du lycée, elle sait que rien ne sera plus jamais pareil. Cinq mois plus tôt, Nick, son petit ami, a ouvert le feu dans la cafétéria de l’école, tuant une dizaine d’élèves avant de se suicider. Des élèves agaçants, pénibles et arrogants qui figuraient sur la liste que Valérie et Nick ont tenue pour se défouler. Pourquoi ce qui n’était qu’un jeu est devenu un drame ? Comment va-t-on accueillir son retour au lycée ? Est-elle aussi coupable que Nick ?

Mon avis:

L’histoire retrace la vie de Valérie après ce drame, ses doutes, ses peurs, ses remords, sa culpabilité, ses hésitations… Est-elle responsable de ces morts ? Car cette « Liste de la Haine », c’est elle qui l’a rédigée, c’est elle qui connaissait le mieux Nick, elle qui l’écoutait et critiquait avec lui le lycée, tous ces gens qu’ils détestaient … Pourtant, elle n’avait jamais pensé qu’il passerait à l’acte, tout ce qui était pour Valérie de l’ordre de l’impossible, de l’inimaginable, Nick l’a fait en ouvrant le feu …
Ce qui était un jeu, une liste pour se défouler, est devenu un drame, une vengeance sanglante qui a détruit des dizaines de familles et chamboulé toutes ses convictions.

Valérie doit faire face à ce drame, elle retourne dans son lycée pour faire sa dernière année, sous les conseils d’un psychologue investi qui la soutient de son mieux alors que sa famille lui tourne le dos, ne comprenant pas comment leur petite fille a pu s’associer à un tueur …
Ses professeurs, ses anciens amis, ses anciens ennemis, personne ne l’épargne alors même que la justice l’a déclarée innocente dans cette affaire et que le lycée lui a remis le titre d’héroïne pour avoir mis fin à la tuerie …
A cette tragédie s’ajoute des problèmes familiaux grandissants, une mère hésitante et effrayée face à une fille qu’elle ne comprend plus et qui s’éloigne d’elle, une mère qui ne sait pas si elle doit protéger sa fille du monde ou le monde de sa fille, un père froid qui met un mur entre lui et son enfant qu’il juge impardonnable, un frère que ses parents oublient au profit de Valérie, ainsi que des disputes incessantes entre le couple parental, une ambiance tendue qui détruit peu à peu la famille …

Pourtant, Valérie va devoir surmonter toutes ces épreuves, elle qui déjà avant se sentait exclue, rejetée et mal dans sa peau, qui ne vivait que pour Nick, se retrouve encore plus seule et abandonnée. Mais elle va se battre, avec l’aide d’un psychologue, de Béa, une artiste peintre des plus étranges et parfois de sa mère plus discrète. Cette tentative de réussir à de nouveau aimer la vie va être longue, douloureuse, ponctuée de trahisons, mais aussi de moments de joie …

L’auteur décrit avec un talent rare une situation rare qui débute pourtant à cause de faits courant dans les lycées, des moqueries, des insultes, des élèves mises à l’écart, le mal être d’adolescents esseulés …

Dans les médias, on voit toujours des infos comme quoi, tel élève a ouvert le feu dans son lycée. Les journalistes interviewent des personnes proches des victimes ou les victimes elles-mêmes mais ici, l’auteure a le mérite de nous faire vivre cette actualité de l’intérieur.

Non seulement dans les enceintes du lycée mais également dans la peau des victimes des brimades et de l’isolement social qui, un jour, décident de prendre en main leur destin et de se rebeller. Pas nécessairement de la bonne façon mais ce geste en lui-même démontre déjà une part de souffrance vécue.

L’héroine du livre, Valérie n’est pas une fille comme les autres. Ce n’est pas qu’une fille qui s’est fait tirer dessus, c’est aussi la petite amie du tireur. D’emblée, le récit est humain. Tellement humain qu’il semble authentique.

C’est un roman poignant, glaçant mais remarquable. Impossible à reposer. Et pourtant, qu’est-ce qu’il vous serre le coeur à force de lire et découvrir le calvaire de Valérie, sa solitude et sa détresse, même sa propre famille n’a pas su être présente au moment où elle en avait le plus besoin. Pff, ce n’est pas gai.

Mais il y a des choses tellement vraies, tellement fortes dans ce livre qu’il ne faudrait surtout pas passer à côté. Dès les premières pages, on ne peut plus se retenir de lire pour en savoir plus. L’histoire de Valérie et Nick apparaît par intermittence, et bizarrement ce qu’on découvre sur elle est attendrissante. Comme je le soulignais, ce roman sait véritablement nous toucher, comme à vouloir décrire Nick comme un être sensible et généreux, et pas seulement comme celui qui s’est tiré une balle dans la tête après avoir zigouillé ses camarades de la cafétéria…
Le roman ne cherche pas à accuser, pas à excuser non plus, et encore moins à comprendre.

Entre les flashbacks et le présent, ce récit, c’est une leçon de vie. C’est comment apprendre à vivre après un traumatisme, après la perte d’un être cher dans des circonstances inimaginables.

C’est une description de notre réalité. De notre société, de notre responsabilité et des conséquences de nos actes.