Du feu de l’enfer – Sire Cédric

Cedric

Synopsis:

Manon maquille les cadavres, Ariel maquille les voitures. Elle est thanatopractrice, il est délinquant. Ils sont frère et sœur. Un jour, l’une des combines d’Ariel tourne mal et Manon se retrouve complice malgré elle. Lorsque les assassinats les plus sordides s’accumulent autour d’eux, traçant un jeu de piste sanglant vers une secte satanique, le capitaine Raynal s’intéresse à leur cas. Commence alors une traque qui brouillera les limites entre alliés et prédateurs et mettra à l’épreuve les liens du sang.

Mon avis:

Pour la petite histoire, Du feu de l’enfer est d’abord passé entre les mains de mon chéri car lors de notre rencontre avec Sire Cédric, au Festival sans nom que je vous raconte ici, celui-ci nous a tellement bien vendu son pitch que Chéri a décidé qu’il découvrirait l’histoire avant moi. Cher auteur, si tu me lis, le bilan de Chéri, c’est qu’il a bien aimé. Son avis est court mais c’est pour ça qu’il ne tient pas de blog, mouhahaha!

J’ai commencé ce roman à une heure du matin et dès le prologue, j’ai été glacée d’effroi. Celui-ci démarre très fort avec une scène qui joue avec nos nerfs. En quelques secondes, j’ai senti mon rythme cardiaque s’accélérer et une sensation d’oppression m’envahir. Il n’a suffi que de quelques pages mais l’effet qui s’est fait sentir était réel. Je savais que j’allais en faire des cauchemars. Ca n’a pas manqué.

On n’arrêtait pas les cauchemars. Ni maintenant, ni jamais. Essayer de les affronter ne faisait que les rendre plus forts. Essayer de remonter leur piste ne pouvait que ramener aux territoires insaisissables de l’âme et à la nuit absolue, insondable, dont ils étaient issus. Insidieux. Instoppables.

Les chapitres qui ouvrent le récit nous présentent Manon ainsi que son frère, Ariel, toujours dans des circonstances effrayantes.

Nous comprenons rapidement que Manon et Ariel n’ont pas de bonnes relations. Manon est une fille aspirant à une vie « normale » tandis qu’Ariel a le chic pour s’empêtrer dans des histoires pas possibles et pour mêler sa soeur à ses problèmes. Il en résulte une sorte de rancune de la part de Manon que l’on peut comprendre aisément, accentuée par le fait qu’Ariel semble s’en moquer totalement et forcer sa main pour arriver à ses fins. Même au moment où Manon a besoin du soutien de son frère, celui-ci l’abandonne égoïstement.

Par la force des choses, tous deux sont réunis et s’ils veulent sauver leur peau, ils doivent enquêter ensemble. Ils doivent découvrir à quoi et qui ils ont affaire afin de mieux parer aux coups qu’ils reçoivent. Pour cela, ils reçoivent l’aide de Franck, un policier tout droit arrivé de Paris. C’est un loup solitaire qui n’aime pas les jeux de politiques et qui a un magnétisme fou. Je suis tombée sous son charme puis, alors que les pages se tournaient et que de plus en plus d’éléments nous étaient dévoilés, j’ai ressenti des soupçons à son égard. Et c’est bizarre parce que je ne voulais pas les ressentir alors je les ai réprimés en même temps que dans un autre coin de mon cerveau, j’imaginais ce qu’impliquait ma théorie la plus folle. De quoi devenir schizophrène!

La justice est un bel idéal, mais terriblement fragile.

J’ai donc dévoré les pages, toujours plus avide de savoir.

En parallèle, je n’ai pas pu m’empêcher d’éprouver des frissons car, il n’y a pas à dire, Sire Cédric sait retranscrire ces images qui nous glacent d’effroi. A partir de là, c’est sombre, c’est glauque, parfois malsain et c’est pour ça que j’applaudis sa plume. Je ne veux pas être embarquée mais rien à faire, je fais partie du voyage.

Et puis, la fin arrive. Evidemment, je suis incapable de lâcher les pages. Evidemment, il ne faut surtout pas me déranger. Evidemment, de rebondissements en rebondissements, l’ambiance est dingue!

Mais surtout, c’est là que tout nous est révélé. Les méchants, les gentils… Les raisons qui motivent les méchants… Si j’en disais plus, je risquerais de vous spoiler. Qu’est-ce que je peux dire?

Cinq minutes après…

Je ne trouve pas les mots. J’ai le coeur en miettes et en même temps, l’ouverture choisie pour conclure le récit me plaît beaucoup. Elle laisse place à l’imagination et intrigue. Tout ce qu’il faut pour ne pas s’appesantir sur les évènements que nous venons de vivre.

Du feu de l’enfer est donc une lecture captivante. J’ai adoré frissonner d’horreur et suivre les héros dans leurs aventures. C’était super!

Du même auteur, retrouvez mon avis sur De fièvre et de sang.

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The girl in his eyes – Jennie Ensor

cover

Synopsis:

Son père a abusé d’elle quand elle était une enfant. Pendant des années, elle a été trop effrayée pour parler mais maintenant, elle le soupçonne d’avoir trouvé une autre victime… Emma a douze ans, l’âge que Laura avant quand son père lui a arraché son innocence. Apeurée par les rages de son père, Laura n’a jamais dit à personne la vérité sur son enfance. Aujourd’hui, elle doit décider si elle a le courage de le dénoncer et d’en affronter les conséquences. Est-ce qu Laura peut surmonter sa peur et sauver Emma avant que le pire n’arrive?

Mon avis:

Je remercie les éditions Bloodhound Books pour leur confiance.

Nous rencontrons Laura alors qu’elle va à un repas de famille qui réunit son père, Paul, sa mère Suzanne et son frère David. Tout se déroule normalement. Nous sentons que Laura n’a pas envie d’être là car elle complexe, a priori, face à la réussite personnelle et professionnelle de David alors qu’elle vivote.
Et puis, parce qu’on est dans la tête de Laura, on réalise qu’il y a un secret de famille qui se joue sous nos yeux.

Quand elle était petite, Laura a subi des attouchements de la part de son père.

L’intrigue démarre véritablement quand on entre dans les pensées de Paul et qu’on comprend qu’il s’apprête à faire une nouvelle victime.

En parallèle, l’auteure nous fait vivre des scènes révélatrices du point de vue de Suzanne et qui nous font réaliser à quel point le cas de Paul est pathologiquement désespéré.

Là où le suspense nous tient en haleine, c’est qu’on voit ce prédateur en chasse, on le voit agir pour capturer sa proie. On voudrait qu’il échoue mais à notre grand dam, tout se déroule selon ses plans.

Pendant ce temps, sa fille s’enfonce dans la dépression et sa femme se met des ornières. On a peur car on voit le pire arriver et on est impuissant. On est révolté par les excuses que se trouve Paul et par comment il rationalise son comportement. On est révulsé.

Ce roman nous fait prendre conscience de la nécessité d’élever sa voix quand nous assistons à une scène de ce genre ou même après, même si on croit que c’est trop tard. Il le faut d’autant plus que nous savons que cela peut préserver d’autres personnes dans l’avenir.

La dernière partie du roman est un véritable plaidoyer dans ce sens.

De plus, l’action s’emballe et nous garde captifs d’un rythme effréné. J’ai été complètement absorbée!

La fin marque un aboutissement classique à mon sens, trop gentil pour Paul. J’applaudis l’auteur car elle a réussi à me faire ressentir, très brièvement, de la pitié pour Paul mais malgré cela, j’aurais voulu qu’il souffre!
Néanmoins, je comprends le pourquoi de cette fin, pourquoi il fallait cela pour que Laura et Suzanne aient leur conclusion et s’exorcisent des démons de Paul.

En conclusion, The girl in his eyes m’a tenue en haleine du début à la fin. J’ai été prise aux tripes par ce récit et le message est réellement passé. Il ne suffit pas de dire non sur le moment mais il faut également le répéter encore et encore car cela aura forcément un impact même si vous n’en réalisez pas la portée.