Saga The Themis files, tome 1: Sleeping giants – Sylvain Neuvel

couverture

Synopsis (Traduction française non prévue) :

Quand elle était plus jeune, le Dr Rose Franklin a fait une découverte qui a changé sa vie. Enterrée très profondément, elle a trouvé une main énorme et ornée. Des tests ont démontré que l’artefact a précédé toute les civilisations humaines. D’où est-ce que ça vient? Elle mène des recherches top-secret qui mènent au mystère de ses origines – mais trouver les réponses la mènent vers une question primordiale. Etions-nous destinés à la trouver?

Mon avis:

Voilà un nouveau conseil d’Avalon que j’ai suivi, déjà parce que la couverture est somptueuse et ensuite, parce que ce qu’elle en disait ne me laissait pas d’autre choix que de m’y mettre à mon tour.

Le prologue nous plonge donc directement dans une action qui ne nous laisse aucun répit.

Ecrit sous une forme originale – pratiquement tout le récit est construit comme un dialogue – nous suivons plusieurs personnages alors qu’ils relatent ce qu’ils ont vécu dernièrement.

Celui qui pose les questions nous sert de lien pour être transporté dans la tête des personnages car les choses qu’il permet d’éclairer servent également à nous illuminer.

Ainsi, tour à tour, nous rencontrons quatre personnages.

Rose est une scientifique. Même si elle a eu une enfance troublée par un évènement, elle est poussée par son côté rationnel.

Dans son équipe, évoluent Kara, une militaire un peu tête brûlée ayant des problèmes avec l’autorité, Vincent, un passionné d’anciennes civilisations (une sorte de Daniel Jackson en fait) et Ryan, un autre militaire dont j’ai eu du mal à déterminer le rôle. Comme l’action n’est jamais racontée en temps réel mais de façon détournée, par le biais des interviews, on ne voit jamais ces personnes interagir ensemble. Cependant, on n’en est pas gêné car cela permet de se focaliser sur les faits eux-mêmes alors qu’ils ne sont pas dénués d’intérêt. En effet, comme Rose et les autres, on est interpellé par le mystère que représente la main et les autres parties auxquelles elle se raccroche. On se demande où est-ce que tout cela nous mène.

People have been sufficiently desensitized.
– What?
– Desensitized. Made less sensitive. People have seen too many alien movies to be completely shocked by their existence. You expose someone to something long enough and they become… desensitized.
– We’re talking about the real McCoy here, not some guy in a rubber suit on television.
– It does not matter. You train your soldiers to kill using video games. They blow on their computer and it becomes easier for them to kill with a real weapon. Why do you think your government funds so many war and terrorism movies? Hollywood does your dirty work for you.

On est lancé dans une sorte de chasse au trésor puis d’enquête. C’est comme un jeu de piste. La moindre découverte en appelle d’autres, si bien que les pages se tournent toutes seules. C’est un vrai plaisir de lire tous ces entretiens.

J’avoue que de temps en temps, j’ai légèrement décroché parce que Sleeping giants est le genre de lecture qu’il faut lire d’une traite. C’est dangereux de s’interrompre parce qu’alors, il faut s’immerger à nouveau dans le récit et quand il y a eu des ellipses de temps, ça peut être déstabilisant.

Néanmoins, une fois qu’on est dedans à nouveau, les pages se tournent toutes seules. L’action est riche en rebondissements et en surprises, notamment par rapport à Rose. Pendant longtemps, je n’ai pas cru à ce qui lui est arrivé. J’étais déchirée alors autant vous dire qu’en terme de ressort psychologique, j’étais complètement dedans. Mais, comme l’intrigue gagne en intensité, que les ellipses de temps s’enchaînent pour nous faire atterrir pile poil dans des scènes intenses, on oublie notre tristesse pour laisser notre coeur s’emballer. Progressivement, on doute du mystérieux homme qui a monté l’équipe. On se demande ce qui le motive.

Et puis, des personnages montrent leur vrai visage. L’action nous glace d’horreur. C’est captivant. Il est impossible de lâcher le roman jusqu’à la fin.

Les dernières scènes sont ouvertes et laissent place à une suite qui s’annonce déjà complexe et toujours pleine de jeux politiques. Sans parler de la toute dernière scène qui ne nous donne qu’une envie; d’avoir Waking gods sous la main.

En conclusion, malgré quelques petites longueurs, Sleeping giants est un bon premier tome dont j’ai beaucoup aimé la mythologie mise en place et l’originalité du pitch. J’ai vraiment bien accroché avec le style d’écriture de Sylvain Neuvel et il me tarde donc d’en lire plus sur Themis.

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Trilogie Gary Cook, tome 1: Le pont des oubliés – Antoine Jaunin et Romain Quirot

couverture

Synopsis (Sortie 31 août 2017):

Gary Cook a grandi sous le pont des Oubliés, l’un des derniers refuges sur cette Terre condamnée. A quinze ans, il passe le plus clair de son temps avec Max et Elliott à bord du Neptune, leur modeste bateau de pêche. Les trois amis rêvent de prises fabuleuses et d’aventure. Autour d’eux, pourtant, le monde touche à sa fin. Chaque année, d’immenses navettes surgissent de la mer pour fuir dans l’espace. Des navettes auxquelles les Oubliés n’ont pas accès – jusqu’au jour où Gary apprend que pour la première fois, l’équipage vainqueur de la terrible course fantôme gagnera sa place à bord du Deucalion VII. S’ils veulent faire partie du voyage, Gary, Elliott et Max vont devoir prendre tous les risques.

Mon avis:

Je remercie Nathan-Lire en Live pour ce partenariat.

Ce roman écrit à quatre mains est décrit comme un mélange de Mad Max et de Miyazaki et bien que je n’ai pas été conquise par la première référence, la seconde m’a incitée à me pencher dessus de plus près.

Nous sommes dans un monde en voie d’extinction, recouvert par les eaux. L’humanité vit ses derniers moments. Les plus riches ont la possibilité de pouvoir tenter leur chance ailleurs en s’envolant dans l’espace tandis que les plus pauvres vivent dans une espèce de brume permanente. Seuls, les anciens se souviennent du soleil, ou du téléphone, ou des bonbons, de tout ce qui composait l’époque d’avant. Les plus jeunes survivent grâce à la pêche.

Gary Cook, notre héros, est de ceux-là. Vivant avec son père, lui et ses deux meilleurs amis, Elliott et Max, rêvent d’une autre vie. Mais ils sont brutalisés par Dean à longueur de temps. Dean qui semble être en colère contre le monde entier.

Tout change quand ils rencontrent Lucie. Sortie d’on ne sait où, elle apporte de la fraîcheur et sa bonne humeur au trio, les faisant sortir de leur coquille et incitant Gary à se poser des questions.

Tu comptes passer ta vie à fuir devant les obstacles, sans jamais prendre de risques?

Au premier abord, Gary n’est pas très sympathique. Il ne s’affirme pas. Il se laisse bouffer par ses peurs. C’est un couard qui ne s’assume pas et qui s’assume pas ses sentiments. Honnêtement, je ne l’aime pas beaucoup.

Pourtant, l’histoire a un sens parce qu’on la découvre à travers le réveil progressif de Gary. Peu à peu, il ouvre les yeux sur ce qui l’entoure.

La vraie bravoure, c’est de sortir du chemin du chemin que le sort a tracé pour toi.

Pour moi, l’ambiance du récit rappelle plutôt celle du Petit Prince. J’ai d’ailleurs hésité à en écrire une chronique avec mon analyse pour approfondir le pourquoi de l’ambiance. Mais j’ai renoncé car finalement, on ne peut appréhender la beauté de ce roman qu’en le lisant soi-même.

Donc, Gary Cook a cette ambiance de solitude, de tristesse et de mélancolie propre au Petit Prince. Une sorte de poésie se matérialise dans les réflexions du héros quand il se laisse aller à réfléchir vraiment.

Si tu ne sais pas pourquoi tu te bats, tu n’as aucune chance de gagner.

Quant à l’action, elle est différente. Là, je comprends le rapprochement avec Mad Max. Les habitants du Pont des Oubliés ont cette rage de vivre et cette colère qui nous marquent tant dans le film. C’est brut. Ils sont prêts à tout pour arriver à leurs fins, quitte à oublier la morale. La désespérance les hante et ça se sent.

C’est pour tout cela que j’ai été embarquée. Ce premier tome me convainc. Sa justesse m’a fait vivre, l’espace de ces 396 pages, dans une société en fin de vie. Je me suis sentie petite face à tout ce qui s’est perdu. Sans adhérer au personnage de Gary, j’ai été prise dans l’histoire. J’ai adoré en suivre les rebondissements, passant par toute une palette d’émotions, notamment en ce qui concerne Dean et Elliott. Ce sont véritablement les personnages qui m’auront le plus émue.

Le pont des oubliés m’a donc fait passer un bon moment et j’attends sa suite avec impatience, surtout au vu des derniers chapitres qui versent dans l’onirisme et qui me rendent confuse.

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