Duologie The ones, tome 2: Nous serons tous la résistance – Daniel Sweren Becker

couverture

Synopsis:

La révolte bat son plein. Les Ones sont cernés. Et le mouvement Egalité n’a jamais été aussi puissant. Farouchement déterminée à sauver son petit-ami James, Cody s’investit auprès des Néo-Weathermen qui défendent les droits des Ones envers et contre tout. Mais alors qu’elle se rapproche de plus en plus du mystérieux Kai, elle comprend peu à peu que le plan des rebelles est plus fou qu’elle n’aurait imaginé. Un plan qui pourrait changer le futur des Ones pour toujours et elle sait qu’ils ne reculeront devant rien…

Mon avis:

Je remercie les Editions Hugo et Cie pour leur confiance.

Quand j’ai ouvert ce dernier volet des Ones, j’avais peur d’être perdue par rapport à ce qu’il s’était passé avant. J’avais peur de ne pas me rappeler assez et d’être dépaysée. Heureusement, c’est là qu’on voit que l’auteur a l’habitude de travailler pour la télévision. En effet, il glisse subtilement des rappels nous permettant de situer rapidement le contexte et en plus de cela, le rythme de l’action est tel qu’il ne nous laisse aucun répit. On est accroché à l’intrigue.

Comment ne pas l’être alors que ce roman s’ouvre sur la mort d’un personnage?

Nous retrouvons Cody immédiatement après la fin du premier volume. James s’est fait capturer en la sauvant avec ses amis et donc, la seule chose à laquelle elle pense est de délivrer James qui risque de se faire inoculer un « vaccin ».

A travers l’opposition des arguments des Weathermen et des anti-Ones, je ne peux m’empêcher de trouver qu’il y a du bien-fondé dans les deux camps.

Parlons du vaccin: son effet est de « diminuer » ou d’infirmer les modifications génétiques opérées sur l’ADN afin de rendre les Ones « normaux ». Je comprends que pour les Ones, c’est une abomination, que c’est antinaturel mais objectivement, est-ce si terrible? Où est la normalité? Où est la frontière entre ce qui vous définit et la manière dont les autres vous définissent?

L’auteur pousse plus loin sa réflexion sur l’eugénisme dans le sens où il nous fait nous demander à quel point la sélection naturelle peut être redéfinie.

Mais encore une fois, le côté philosophique du sujet n’écarte pas l’action, bien au contraire. On est plongé en plein dedans. Les pages se tournent toutes seules. J’ai dévoré cette suite et fin.

Là où j’ai été légèrement déçue, c’est par Cody car ses actes m’échappent. Je ne la comprends pas. J’ai éprouvé beaucoup de mal à m’identifier à elle dans le sens où j’ai trouvé qu’elle ne se comportait pas de manière compréhensible. Je suis donc restée en retrait vis-à-vis d’elle, de ce qu’elle vivait et donc, de ce qu’elle ressentait. Et puis, il y a la fin que j’ai trouvée précipitée. L’action atteint son paroxysme mais j’ai du mal à y croire. Elle retombe comme un soufflé et n’offre pas réellement de conclusion. Que vont devenir les citoyens? Et les Ones? Comment la société va évoluer? Rien n’est indiqué dessus et c’est dommageable.

J’éprouve ainsi une frustration d’être restée ainsi sur ma faim. Néanmoins, j’ai passé un très bon moment avec la plume de Daniel Sweren Becker et éprouvé du plaisir à suivre son intrigue. Malgré cette fin en queue de poisson, je reste conquise par son écriture et espère la retrouver pour une nouvelle aventure.

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Lotto girl – Georgia Blain

couverture

Synopsis:

Ils se servent de nous. Parfois pour combler une lacune, parfois, pour tester un nouveau profil. Ils se servent de nous pour les réglages, pour affiner un modèle. Nous ne sommes que des prototypes de travail. Ils encouragent nos parents ou les soudoient. Les miens se sont entendus dire que je serais belle s’ils choisissaient l’option préconisée par BioPerfect.
Je l’ai dévisagée. Je n’avais jamais pensé qu’on puisse être autre chose qu’une Lotto girl. C’est-à-dire une fille particulièrement douée, au patrimoine génétique exceptionnel. Une fille unique en son genre…

Mon avis:

Je remercie Casterman pour leur confiance.

Quand j’ai lu le résumé de ce roman, j’ai tout de suite pensé à la saga de Neal Shusterman, Les fragmentés, pour laquelle j’avais eu un bon coup de coeur. Alors, il était évident que Lotto girl arriverait dans ma PAL.

Nous suivons donc le parcours de Fern. Elle vit dans une sorte de ghetto où elle passe ses journées à trier à la déchetterie, quand elle arrive assez tôt pour trouver une place. Mais quand elle ne travaille pas, Fern nous plonge dans son passé. Elle est issue avec quelques autres filles, de manipulations génétiques destinées à lui donner des capacités extraordinaires afin d’exercer le métier rêvé par ses parents. Depuis qu’elle est toute petite, elle sait qu’elle fera de grandes choses et elle embrasse avec enthousiasme cette vie.

A travers le réveil de Fern, l’auteure pose la question du libre-arbitre et de l’eugénisme. Sans être moralisatrice, elle nous montre les points de vue de tous les camps et nous laisse être libre de ce qu’on pense.

Dans le même temps, cette réflexion se double d’une action qui ne nous laisse aucun répit.

Malgré une certaine langueur de la part de l’héroïne qui la rend apathique, je suis entrée directement dans l’action. J’étais captivée.

Les personnages secondaires ont une vraie utilité, ils ne servent pas à mettre Fern en valeur. Ils prennent vie sous nos yeux et on partage leur quotidien avec plaisir.

J’ai vu venir la grosse révélation de loin. Il faut dire que le faisceau d’indices est rondement bien mené et efficace. Néanmoins, malgré ce petit manque de surprise, je suis restée happée par l’intrigue.

Le seul bémol que j’ai à apporter réside dans la fin du récit que j’ai trouvé précipitée. J’aurais voulu avoir plus de réponses. En temps normal, j’aime beaucoup les fins ouvertes mais là, elle l’est peut-être trop.

Cependant, il n’en reste pas moins que j’ai passé un bon moment avec cette histoire qui traite du thème avec originalité. Je suis donc plutôt satisfaite de cette lecture et s’il y a une suite, non seulement je ne serai pas surprise mais en plus, je pense que je la lirai avec plaisir.