[BD] Trilogie Kamarades, tome 1: La fin des Romanov

couverture

Synopsis:

Petrograd, début 1917. Ania et Volodia se sont rencontrés au coeur de l agitation révolutionnaire qui secoue la ville, et sont instantanément tombés amoureux. Mais, en dépit de leurs sympathies communes pour la révolution, tout les sépare. Lui est un simple soldat cosaque sorti du rang, elle est en fait la princesse Anastasia Romanova, fille du tsar… En ces temps troublés, leur route va croiser celle d un autre militant, personnage trouble dont ils ignorent qu il va jouer un rôle décisif dans les événements : Joseph Vissarionovitch Djougachvili, alias Staline.

Mon avis:

J’ai lu cette BD sur les conseils d’Avalon. Il faut dire que c’est rare qu’elle me recommande ce genre d’ouvrages et puis l’histoire des Romanov est un thème historique qui m’interpelle donc je n’ai pas hésité.

La première chose qui m’a frappé, c’est le graphisme. Le coup de crayon est sympa comme tout et a une part d’originalité dans le coup de crayon. J’ai eu l’impression à de nombreuses reprises d’avoir un artbook sous les yeux. Comme si j’avais le premier jet d’un dessin, non retravaillé.

Cette impression a été renforcée par la colorisation, somme toute assez épurée mais lorsqu’il y a des touches de rouge, cela donne une intensité à l’action.

Entrons dans l’Histoire.

D’un côté, nous avons Volodia. Soldat révolutionnaire, il milite pour la liberté. C’est une bonne recrue. Il est aimé de ses pairs et humainement parlant, c’est un bon gars.

De l’autre côté, il y a Staline.

Je ne suis pas connaisseuse de l’Histoire de la Russie alors pour moi, c’était une grande surprise de le voir apparaître là. C’est là que je me suis rendue compte que même si Disney a glamourisé l’histoire d’Anastasia, il n’en reste pas moins qu’il y a de vrais faits derrière, des vraies personnes derrière la fiction.

Staline est celui par qui la vie de Volodia est modelée pour se conformer à ses aspirations. C’est un opportuniste qui profite de ses semblables pour en tirer le plus d’avantages possibles et la raison pour laquelle cette BD m’a touchée, c’est la romance entre Volodia et Anastasia.

Bien qu’elle ne soit pas mise en avant, elle est au contraire plutôt en arrière plan, ma curiosité a été titillée pour eux deux. J’ai eu une impression d’épopée. C’est comme si je lisais le récit de deux âmes reliées par un destin hors normes, sentiment qui a été accentué par les ellipses de temps.

J’ai vraiment beaucoup aimé l’air de film qui se dégageait alors de l’action et de la narration.

La fin de ce premier tome se termine sur un horrible cliffhanger qui donne irrésistiblement envie de trouver la suite et vous pouvez être sûrs que je la lirai très rapidement!

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[BD] Les porteurs d’eau

couverture

Synopsis:

Jérôme et Florian sont sur le point d’acheter des produits dopants lorsque la douane débarque, obligeant les deux jeunes espoirs du cyclisme à prendre la fuite, le coffre plein d’argent et de marchandise. Leur cavale va les mener de Dieppe jusqu’au Mont Ventoux. Une poursuite tragi-comique durant laquelle le petit Pignon devra également affronter le fantôme de son père, coureur professionnel mort à 37 ans d’une embolie pulmonaire.

Mon avis:

Je remercie les éditions Delcourt pour leur confiance.

Cette BD est complètement d’actualité par son thème, ne pensez-vous pas?

Nous suivons Jérôme et Florian. Ces deux amis ne le savent pas encore au moment où ils s’apprêtent à acheter des produits dopants, ils vont vivre une grande épopée qui les emmènera aux quatre coins de la France et sur les étapes mythiques du tour de France. Tout allait bien, leur plan était d’acheter des produits pour les écouler dans le club de cyclisme de Jérôme, jeune espoir de la discipline et se faire un peu d’argent en plus mais une intervention de la police les contraint à prendre la fuite avec argent et médicaments. C’est ainsi qu’ils se retrouvent recherchés par la police mais aussi par la mafia.

Quelque part, malgré leurs bêtises, on s’attache à ces deux grands gamins. Ils réagissent comme s’ils étaient dans un film. Ils sont inconscients mais en même temps, ils savent qu’ils sont dans un bourbier pas possible. Ils sont complètement démunis. C’est drôle, attendrissant et complètement loufoque alors que le contexte ne s’y prête pas.

Leurs péripéties permettent d’introduire une réflexion sur le dopage. Depuis aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours entendu parler de ce phénomène, surtout dans le milieu du cyclisme. Notre premier réflexion est de le condamner. « C’est de la tricherie, c’est malhonnête »… Pourtant, même s’il est de mieux en mieux caché et de plus en plus tu, à mon sens, il continue d’avoir lieu.

L’intérêt de cette BD réside dans le fait qu’elle nous permet de comprendre pourquoi il est si courant, pourquoi il continue de baigner cette discipline.

On était comme toi, comme Jérôme. On a grandi avec des médicaments. … Au moindre pet de travers, dès l’enfance, on te propose une pilule… T’es fatigué? Au lieu de te dire d’aller te coucher plus tôt, on te fourgue des vitamines! Je ne dis pas que c’est ça la cause du dopage, mais ça banalise à mort l’usage des produits…

Les porteurs d’eau nous permettent également de mieux comprendre les mécanismes de ce qui devient une discipline à part entière: comment se doper au vu et au su de tous. Après avoir lu cette BD, c’est un nouveau regard que nous avons sur ce sport. Tout à coup, on oublie le regard moralisateur que nous avions jusqu’alors pour compatir car on réalise que ce n’est pas un sport facile. On le savait déjà mais on le comprend avec une meilleure acuité.

Ca commence à l’entraînement, pour prolonger l’effort… Quand en plus, on te dit que c’est légal… Un jour, tu craques… Et ça se termine en fin de course avec les « bidons d’arrivée » chargés de caféine et d’antidouleurs.

L’aventure de Jérôme et de Florian fait intervenir plusieurs personnages secondaires qui ont tous une facette à ajouter à notre réflexion. J’ai ainsi beaucoup aimé la dimension familiale introduite par Camille et Pierrot. On les voit rapidement mais ils ont eu le temps de me faire une grande impression. Mais ce ne sont pas les seuls à attirer notre empathie! On s’attache également aux policiers qui pistent nos jeunes héros et même aux petits vieux qui les aident.

Résultat: c’est une aventure comique mais humaine qui se joue devant nous.

J’ai donc franchement bien aimé cette BD. Je l’ai lue rapidement et j’ai pris plaisir à retourner en arrière et à la relire plusieurs fois. Le coup de crayon n’a pas enlevé au charme de l’ouvrage. J’ai apprécié le fait de reconnaître tous les personnages instantanément. En bref, vous constaterez que c’est une belle découverte qui me laisse avec un sourire attendri sur les lèvres.