[BD] Les porteurs d’eau

couverture

Synopsis:

Jérôme et Florian sont sur le point d’acheter des produits dopants lorsque la douane débarque, obligeant les deux jeunes espoirs du cyclisme à prendre la fuite, le coffre plein d’argent et de marchandise. Leur cavale va les mener de Dieppe jusqu’au Mont Ventoux. Une poursuite tragi-comique durant laquelle le petit Pignon devra également affronter le fantôme de son père, coureur professionnel mort à 37 ans d’une embolie pulmonaire.

Mon avis:

Je remercie les éditions Delcourt pour leur confiance.

Cette BD est complètement d’actualité par son thème, ne pensez-vous pas?

Nous suivons Jérôme et Florian. Ces deux amis ne le savent pas encore au moment où ils s’apprêtent à acheter des produits dopants, ils vont vivre une grande épopée qui les emmènera aux quatre coins de la France et sur les étapes mythiques du tour de France. Tout allait bien, leur plan était d’acheter des produits pour les écouler dans le club de cyclisme de Jérôme, jeune espoir de la discipline et se faire un peu d’argent en plus mais une intervention de la police les contraint à prendre la fuite avec argent et médicaments. C’est ainsi qu’ils se retrouvent recherchés par la police mais aussi par la mafia.

Quelque part, malgré leurs bêtises, on s’attache à ces deux grands gamins. Ils réagissent comme s’ils étaient dans un film. Ils sont inconscients mais en même temps, ils savent qu’ils sont dans un bourbier pas possible. Ils sont complètement démunis. C’est drôle, attendrissant et complètement loufoque alors que le contexte ne s’y prête pas.

Leurs péripéties permettent d’introduire une réflexion sur le dopage. Depuis aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours entendu parler de ce phénomène, surtout dans le milieu du cyclisme. Notre premier réflexion est de le condamner. « C’est de la tricherie, c’est malhonnête »… Pourtant, même s’il est de mieux en mieux caché et de plus en plus tu, à mon sens, il continue d’avoir lieu.

L’intérêt de cette BD réside dans le fait qu’elle nous permet de comprendre pourquoi il est si courant, pourquoi il continue de baigner cette discipline.

On était comme toi, comme Jérôme. On a grandi avec des médicaments. … Au moindre pet de travers, dès l’enfance, on te propose une pilule… T’es fatigué? Au lieu de te dire d’aller te coucher plus tôt, on te fourgue des vitamines! Je ne dis pas que c’est ça la cause du dopage, mais ça banalise à mort l’usage des produits…

Les porteurs d’eau nous permettent également de mieux comprendre les mécanismes de ce qui devient une discipline à part entière: comment se doper au vu et au su de tous. Après avoir lu cette BD, c’est un nouveau regard que nous avons sur ce sport. Tout à coup, on oublie le regard moralisateur que nous avions jusqu’alors pour compatir car on réalise que ce n’est pas un sport facile. On le savait déjà mais on le comprend avec une meilleure acuité.

Ca commence à l’entraînement, pour prolonger l’effort… Quand en plus, on te dit que c’est légal… Un jour, tu craques… Et ça se termine en fin de course avec les « bidons d’arrivée » chargés de caféine et d’antidouleurs.

L’aventure de Jérôme et de Florian fait intervenir plusieurs personnages secondaires qui ont tous une facette à ajouter à notre réflexion. J’ai ainsi beaucoup aimé la dimension familiale introduite par Camille et Pierrot. On les voit rapidement mais ils ont eu le temps de me faire une grande impression. Mais ce ne sont pas les seuls à attirer notre empathie! On s’attache également aux policiers qui pistent nos jeunes héros et même aux petits vieux qui les aident.

Résultat: c’est une aventure comique mais humaine qui se joue devant nous.

J’ai donc franchement bien aimé cette BD. Je l’ai lue rapidement et j’ai pris plaisir à retourner en arrière et à la relire plusieurs fois. Le coup de crayon n’a pas enlevé au charme de l’ouvrage. J’ai apprécié le fait de reconnaître tous les personnages instantanément. En bref, vous constaterez que c’est une belle découverte qui me laisse avec un sourire attendri sur les lèvres.

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[BD] XIII – intégrale

couverture

Synopsis:

Un inconnu est découvert gisant sur une plage, inconscient et blessé par balle à la tempe (le Jour du soleil noir). Complètement amnésique, il ne se souvient plus de son nom, ni de son passé et porte un mystérieux chiffre « XIII » tatoué au-dessus de la clavicule gauche, nombre qui servira à l’identifier tout au long de la série.

Mon avis:

Pour la petite histoire, chronologiquement, j’ai découvert La mémoire dans la peau de Robert Ludlum grâce aux adaptations qui en ont été faites avec Matt Damon dans le rôle principal. Par la suite, Chéri a fait le rapprochement avec cette BD et nous nous sommes posés la question de savoir laquelle des deux oeuvres est la plus ancienne. En effet, on pourrait croire que c’est la BD car il suffit d’ouvrir le tout premier tome, sorti en 1984, pour constater la vieillesse du trait. Eh bien, si vous ne le savez pas, c’est bien le roman qui est le plus vieux. Il date de 1980.

Mais, entrons dans le vif su sujet. En terme de BD classiques, je suis une habituée de Gaston, de Leonard, de Tintin et de Boule et Bill. Je me suis risquée à essayer Blake et Mortimer mais la sauce n’a pas pris à cause des bulles qui contiennent trop de texte écrit en tout petit pour mes yeux. Alors, XIII est une découverte totale.

J’en attendais ce que j’avais eu pour les films: de l’action, du suspense et une vraie histoire. J’ai été plus que servie!

Malgré un coup de crayon auquel il faut s’habituer – il faut dire qu’il a légèrement vieilli – j’ai été captivée. A travers les yeux de XIII, nous menons une enquête qui nous entraîne aux quatre coins du globe. Une quête identitaire qui n’en finit pas de nous surprendre et qui ne nous laisse aucun répit. Je pense que tout le monde peut y trouver son compte avec cette BD car on y trouve tous les ingrédients qui font qu’on ne peut pas lâcher les tomes.

Nous avons une véritable histoire. Ce n’est pas un prétexte à des explosions en tout genre ou à des coups d’éclat. On suit un homme qui reconstruit doucement sa propre histoire et les rebondissements qu’il subit, nous les vivons avec lui. Le fil conducteur reste toujours la découverte de soi-même.

Ne vous attachez pas rapidement aux personnages car il y en a une pléthore qui meure. Un coup, vous pouvez souhaiter tout le malheur du monde à une personne et ensuite, vous l’appréciez et êtes dégoûté de la voir mourir. C’est cruel. En même temps, c’est ce qui fait la force de cette BD à mon sens car c’est là qu’on réalise le tour de force des scénaristes. Nous faire opérer un virage à 180 degrés concernant les personnages.

Résultat: lorsque la BD prend fin, on se dit carrément que c’est dommage car on en aurait bien encore pris un peu. On ne s’en lasse jamais.

XIII est donc pour moi une bonne série que j’ai pris plaisir à suivre et à découvrir. Maintenant, j’aurais bien envie de voir si les adaptations en série qui en ont été faites me plairont autant.