13 raisons – Jay Asher

13 reasons why

Synopsis:

Clay reçoit treize cassettes enregistrées par Hannah Baker avant qu’elle ne se suicide. Elle y parle de treize personnes qui sont impliquées dans sa vie : amies ou ennemies, chacune de ces personnes a compté dans sa décision. D’abord choqué, Clay écoute les cassettes en cheminant dans la ville. Puis, il se laisse porter par la voix d’Hannah. Hannah en colère, Hannah heureuse, Hannah blessée et peut-être amoureuse de lui. C’est une jeune fille plus vivante que jamais que découvre Clay. Une fille qui lui dit à l’oreille que la vie est dans les détails. Une phrase, un sourire, une méchanceté ou un baiser et tout peut basculer…

Mon avis:

Pour bien apprécier un livre, j’ai pour habitude d’alterner les genres de mes lectures. Car si je reste toujours dans le même registre, je ne peux pas m’empêcher de faire des comparaisons et d’être irrémédiablement déçue.
Alors, 13 raisons ne déroge pas à la règle.

Lorsque j’ai reçu 13 reasons why, la couverture m’a tout de suite plu. Elle change de la couverture française mais je la trouve nettement plus révélatrice et elle dégage tout de suite la mélancolie qui imprègne les pages du bouquin, vous ne trouvez pas?

En plus, la fille de la couverture américaine correspond plus à l’image que je me fais d’une Hannah: innocente mais brisée, regardant vers l’avenir mais n’en espérant plus…

Comme dit le résumé, ce n’est pas une histoire joyeuse que renferme ce livre.
C’est de la nostalgie et de la tristesse qui sont omniprésents.

Dès le début, la couleur est annoncée: on sait qu’Hannah est morte, qu’elle s’est suicidée. Sa fin est irrévocable.

Mais au fur et à mesure que l’histoire avance, ma réaction était la même que celle de Clay, notre héros/ acteur passif. Comme Clay, je me suis demandée pour quelle raison il faisait partie de cette chaîne d’envoi de cassettes et comme lui, j’ai été soulagée d’apprendre qu’en réalité… ( mais chut, je ne peux pas en dévoiler plus). Quoiqu’en même temps, il mérite une place tout de même, rien que par le fait qu’il a eu un rôle dans la courte vie d’Hannah. Clay l’a marquée autant que les autres.

Bref, du point de vue d’un adulte qui a oublié ce que c’est que d’être adolescent et mal dans sa peau, les raisons du suicide d’Hannah sont idiotes et superficielles, je l’accorde.

Mais souvenez-vous de ce ça fait d’avoir 16 ans: vous vous rappelez comme vous pouviez être jaloux de ceux qui étaient populaires même si en public, vous clamiez haut et fort que vous vous fichiez de l’opinion des autres? Vous sous souvenez de cette solitude qui pouvait vous miner? De cette impression que personne, et encore moins vos parents ne vous comprenaient? De cette certitude que vous étiez invisibles aux yeux des autres?

Eh bien, la décision d’Hannah, c’est la conséquence de ça plus les 13 raisons qui l’ont menée à une déprime, au fin fond du gouffre. C’est la description de la descente dans l’obscurité, sans espoir de voir une lumière. C’est le fait même de voir cette lumière disparaître en la personne d’un adulte qui représentait la dernière étincelle d’Hannah.

Jusqu’aux dernières pages, comme Clay, je me suis prise à espérer qu’en fait, non, Hannah ne s’est pas tuée, qu’elle a juste simulé sa mort pour mieux revenir et en même temps, inexorablement, l’auteur – un homme qui a le mérite d’avoir su rendre compte des affres d’une fille ordinaire – nous fait comprendre qu’on est impuissant, que la fin est écrite , qu’elle ne pourra plus être changée.

La fin est pour moi douce amère. Il y a finalement, de l’espoir, oui, mais pour Clay, pour les vivants qui restent.

Ce livre est ce que j’appelle une leçon de vie car bien que je l’ai dévoré il y a 3 ans, il m’a profondément marquée au point que je n’ai même pas besoin de l’ouvrir pour me rappeler des passages entiers, des moments-clés de l’histoire.

13 raisons, c’est l’enseignement que même dans les moments de doutes et de broyage de noir, il faut s’accrocher à ce qu’on a de bon dans notre vie. Car sinon, on passe à côté de l’essentiel.

Parlons de la série.

La première saison de la série:

Comme vous le savez, la première saison de la série reprend en intégralité les évènements du livre si bien que la saison 2 n’aura plus de support. Mais qu’en est-il?

J’avais une peur avec cette adaptation, c’est qu’elle ne soit pas à la hauteur du roman. Qu’elle reste superficielle et/ou tombe dans le pathos.

Heureusement, ce n’est pas le cas.

J’ai retrouvé dans les épisodes les ingrédients qui m’avaient tant touchée dans l’écrit. Est-ce que c’est parce que les acteurs y sont pour quelque chose? Peut-être. Il est indéniable qu’ils sont parfaits pour faire passer toutes les émotions qu’on attend d’eux.

Bien sûr, il y a des différences avec le livre. Au moins une dizaine. Mais pour moi, c’est ce qui rend la série complémentaire au roman. Elles ont permis, par exemple, de bien montrer la réalité que vit une personne victime de harcèlement scolaire, son isolement progressif par rapport aux autres. J’ai trouvé que voir la dureté de certaines situations en images était percutant. Leur message passe de manière beaucoup plus brutale. Il s’imprègne durablement.

Les scénaristes ont pris des libertés avec certains personnages mais pourquoi pas? Cela leur permet d’aborder des thèmes qui sont souvent délaissés dans la littérature et d’amener des pistes de réflexion. Après tout, connaissez-vous beaucoup de romans où des adolescents ont des armes à feu?

J’ignore où nous allons avec le procès qui se profile à l’horizon mais j’ai apprécié de voir des parents beaucoup plus présents du côté des héros alors que dans le roman, on se demande s’ils ne sont pas livrés à eux-mêmes.

Les treize épisodes de cette saison se regardent à une vitesse folle car même si on connaît la suite des évènements, on veut savoir. On espère toujours voir une lueur d’espoir qui nous dirait que le monde n’est pas si pourri. C’est dans cette perspective que j’ai beaucoup aimé le personnage de Tony. Il dégage un charme fou mais surtout, j’ai aimé sa loyauté à toute épreuve envers ses amis. Il sert la justice même quand les temps sont difficiles. On voudrait tous d’un ami comme lui.

J’ai été convaincue par le jeu de Katherine Langford. Le rôle d’Hannah était fait pour elle. C’est grâce à elle que l’on ressent toute l’empathie qui fait que la série nous marque.

Au final, je trouve que chacun des supports complète l’autre à la perfection. Le livre me plongeait dans la tête d’Hannah, je ressentais ses émotions, sa tristesse tandis que la série nous montre les faits qu’elle a vécus dans toute leur hideur. On ne peut plus mettre ce qu’on ressent sur le registre de la seule indignation ou du subjectif. On est obligé de penser vraiment aux ramifications de ce qu’on voit. La série va clairement plus loin que la roman et pour moi, c’est un bien. On a besoin d’être percuté de plein fouet pour réagir.

Un succès pour cette première saison!

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2 réflexions sur “13 raisons – Jay Asher

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