Saga L’anti magicien, tome 1 – Sébastien de Castell

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Synopsis:

Kelen, 16 ans, est l’héritier d’une des grandes familles qui se disputent le trône de la cité. Il prépare son premier duel pour devenir mage. Mais ses pouvoirs ont disparu! Il doit ruser- ou tricher…

Mon avis:

Je remercie les Editions Gallimard Jeunesse/On lit plus fort pour leur confiance.

L’histoire nous est racontée par Kelen.

Kelen est un jeune homme de seize ans. Fils d’une famille de puissants mages, tout le monde s’attend à ce qu’il excelle en magie comme son père. Il n’est pas aidé parce que sa petite soeur de trois ans sa cadette le bat à plate couture quand il s’agit de jeter un sort. Alors, vous comprenez son désespoir quand il constate que plus le temps passe, plus il perd ses pouvoirs. S’il ne passe pas ses trois épreuves avec succès, alors il sera condamné à servir, à l’instar de son oncle Abydos.

Pour tout vous dire, Kelen n’attire pas du tout ma sympathie. J’ai trouvé qu’il s’appesantit pas mal sur lui-même. Il se montre assez égocentrique et égoïste. Pourtant, j’ai pris plaisir à suivre ses aventures car à partir du moment où il rencontre Furia, il montre un côté enfantin assez naïf et intelligent à la fois. Il peut se montrer drôlement futé quand il le faut mais il manque de confiance en lui. Bref, cet anti-magicien est un anti-héros qui reste attachant.

Furia est une sorcière qui n’a pas sa langue dans sa poche. Je l’ai beaucoup aimée car elle met les femmes à l’honneur. Elle est puissante, elle en a dans la tête et surtout, elle vous sort des répliques qui scient.

Une femme, c’est un homme en plus malin et avec plus de couilles.

Face à la mentalité des gens, c’est une féministe qui prône l’Humain avant tout et qui ne se repose pas sur les pouvoirs. On pourrait établir un parallèle entre sa vision de la magie et cette facilité avec laquelle les Hommes qu’ont à se reposer sur des acquis bancaux. Ils perdent rapidement leur indépendance en pensant que leur puissance est assurée par la technologie pour notre monde, ou par la magie dans celui de Kelen est j’aime le fait qu’elle, elle n’a pas besoin de tout cela pour faire mordre la poussière à des hommes qui roulent des épaules.

Au-delà des personnages, il y a l’histoire.

L’anti-magicien est un récit initiatique pour Kelen. Il doit apprendre à accepter de faire avec les cartes dont il dispose et à ne pas rêver à ce qu’il pourrait avoir. C’est un apprentissage qui se fait pratiquement tout notre vie, sans que l’on s’en aperçoive et qui nous empêche de savourer ce que l’on a.

Ne rumine pas le passé. Le présent est déjà bien assez dangereux comme ça.

Par le biais de Kelen, on a donc l’impression de mûrir.

Un autre aspect que j’ai aimé, c’est l’action. Elle n’est pas dépourvue de punch. Elle comporte tout ce qu’il faut de rebondissements pour qu’on soit pris au jeu. Nous avons une espèce d’enquête, de conspiration qui se joue devant nos yeux et nous sommes happés, toujours avides d’en lire et d’en savoir plus.

De même, les personnages secondaires ne sont pas dépourvus d’intérêt. Ils ne tombent pas dans le manichéisme, loin de là. Même si on peut en avoir cette impression, tous sont motivés par des intentions qui flirtent entre des limites extrêmes. C’est ainsi qu’on se prend d’affection pour un chacureuil à qui on ne la fait pas et qui a tendance à vouloir casser la gueule à tout le monde ou qu’on ressent une grosse déception pour un ami de longue date ou un oncle qu’on considère avec beaucoup de bienveillance.

Enfin, la fin de ce premier volet m’a surprise dans le sens où elle m’a énormément émue. J’avais la gorge serrée et des larmes menaçaient de couler. Je ne m’attendais pas du tout à être touchée de la sorte et vraiment, c’est fort.

J’ai donc franchement énormément aimé ce premier volet de L’anti-magicien. Je me suis pris au jeu avec délectation et j’ai adoré suivre les péripéties de notre anti-héros qui finalement, nous attendrit beaucoup. J’ai donc très envie de connaître la suite.

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