Le garcon en haut de la montagne – John Boyne

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Synopsis (Sortie le 9 juin 2016):

A l’aube de la Seconde Guerre Mondiale, Pierrot mène une vie insouciante et heureuse à Paris. Devenu orphelin, il rejoint sa tante en Allemagne, dans une maison en haut de la montagne. Sauf qu’il ne s’agit pas d’une maison ordinaire. C’est le Berghof, la résidence secondaire d’Hitler. Pierrot va découvrir un nouveau monde, fascinant et monstrueux.

Mon avis:

Je remercie les Editions Gallimard Jeunesse/On lit plus fort pour ce partenariat.

L’histoire nous est racontée du point de vue de Pierrot. Quand il arrive au Berghof, il a seulement huit ans. Dans sa vie d’avant, il grandissait à Paris avec ses parents et son meilleur ami était Juif. Sa mère était Française et son père Allemand et celui-ci était revenu de la Première Guerre avec des traumatismes, si bien qu’il a fini par se suicider et que sa mère est morte d’une tuberculose, le laissant orphelin.

Jusqu’à ce que la soeur de son père ait vent de ce qui est arrivé à cette petite famille et décide de prendre sous son aile son neveu.

Le garçon au sommet de la montagne est plus qu’un récit historique. C’est un récit qui se concentre sur l’humain. John Boyne a donc choisi de nous faire vivre la guerre à travers les yeux d’un enfant, d’un innocent et de nous montrer comme il est facile de les corrompre. Comme il est facile d’influencer une personne pour, insidieusement, lui faire un lavage de cerveau.

Lorsque Pierrot assiste à des choses qu’il ne comprend pas, comme le début des persécutions des Juifs, en tant que témoin extérieur de la scène, nous savons ce qu’il se passe. Mais même si nous sommes révoltés, quand on est dans la tête d’un enfant, on réalise que les faits peuvent être interprétés autrement. Que leur innocence les protège de la réalité même si elle finit par les rattraper.

Ensuite, ce roman m’a marquée par le cheminement que prend le héros. Petit à petit, il rentre dans un moule étouffant. Oppressant. Omniprésent. Il s’enfonce dans un cauchemar d’où il ne peut en sortir que de deux solutions. Soit il relève la tête, soit il se laisse abattre.

Ne fais jamais semblant de ne pas savoir ce qui se passait au Berghof. Tu as des yeux et des oreilles. Et, plus d’une fois, tu t’es trouvé dans ce bureau à prendre des notes. Tu as tout entendu. Tu as tout vu. Tu savais tout. Comme tu sais ce dont tu es responsable. […] Les morts que tu as sur la conscience. Tu es encore jeune, tu n’as que seize ans. Tu as la vie devant toi pour assumer ta complicité dans ces affaires. Ne dis jamais que tu ne savais pas. Ce serait le pire de tous les crimes.

Nous vivons l’Histoire sous un jour nouveau. D’habitude, les films nous donnent une vision manichéenne des choses. Soit nous sommes dans le camp des résistants, soit des vainqueurs ou des perdants. Mais jamais nous n’avons la vision de ces millions de personnes qui ont laissé faire.

Pierrot nous donne un aperçu de ce qui a pu se passer dans la tête de ces gens. Sans en être forcément représentatif, il nous donne une idée de ce que ces gens ont pu penser. De comment ils ont pu vivre les choses.

L’auteur parvient à retranscrire ce brouillard qui a pu obscurcir l’esprit des personnes. Il nous fait ressentir une certaine empathie. On comprend le cheminement qui a pu se faire. Sans forcément le partager, on comprend et c’est là l’essentiel. John Boyne parvient véritablement à nous faire entrer dans la peau de Pierrot. Il nous donne une autre vision de la guerre.

J’ai refermé ce livre avec une grande émotion. Sans savoir pourquoi, j’avais envie de pleurer. J’avais le coeur serré. La fin de ce roman est pour moi vraiment belle, empreinte d’humanité et d’espoir.

Je vous recommande donc le Garçon au sommet de la montagne. C’est un parcours qui devrait vous ouvrir l’esprit et vous inciter à moins juger les gens.

Du même auteur, retrouvez mon avis sur : Mon père est parti à la guerre.

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Mon père est parti à la guerre – John Boyne

boyne

Synopsis (Sortie le 25 avril 2014):

28 juillet 1914. Le jour où la guerre éclate, le père d’Alfie promet qu’il ne s’engagera pas. Et rompt sa promesse le lendemain. Quatre ans plus tard, Alfie ignore où il se trouve. Est-il en mission secrète comme le prétend sa mère? Alfie veut retrouver son père.

Mon avis:

Je remercie les Editions Gallimard Jeunesse/On lit plus fort pour ce nouveau partenariat.

L’histoire nous est racontée du point de vue d’Alfie, 5 ans au moment où la guerre éclate. Nous sommes le 28 juillet 1914 et cette date fatidique est en plus celle de son anniversaire. De quoi déprimer, n’est-ce pas?

Mais Alfie n’est pas un gamin comme les autres. Depuis toujours, il veut aider son père dans son travail à la laiterie et, constatant que sa mère a pris deux, trois boulot pour assurer leur subsistance, il a pris une décision courageuse: aider sa mère en cachette.

Pour cela, il fait preuve d’ingéniosité et d’une débrouillardise sans pareil et ces qualités-là, on les retrouve tout le long du livre. Avec son béret et son franc-parler, Alfie nous fait inexorablement penser à Tom Sawyer.

Mais Alfie n’est pas le seul héros de ce roman.

John Boyne en profite pour évoquer plusieurs thèmes par l’intermédiaire des personnages secondaires.

Les Janacek sont une famille dont le père est originaire de Pologne. Sa femme est morte il y a quelques années et il élève sa fille, Kalena, seul. Kalena est comme toutes les filles de son âge. Elle est née et a grandi à Londres et jusqu’au jour où la guerre éclate, elle était heureuse. Son meilleur ami était Alfie et elle avait l’ambition de devenir un jour Premier ministre. Et oui, rien de moins que ça!

Or, la guerre révèle le mauvais côté des hommes et à cause des origines de Monsieur Janacek, ils se retrouvent emmenés et exilés de force sur l’île de Man. Saviez-vous que cela arrivait que des citoyens soient emprisonnés juste parce que les autres faisaient l’amalgame avec l’ennemi? Dans ma grande naïveté, voilà quelque chose que j’ai appris.

Une autre chose que ce roman m’a appris, c’est le cas des objecteurs de conscience, comme c’est le cas de Joe Patience.

Un objecteur de conscience est une personne refusant de s’enrôler, non parce que c’est un lâche mais parce qu’il refuse de faire du mal à autrui.

Vous pensez que leur sort est enviable et pourtant, l’époque et les mentalités de l’époque font qu’ils sont constamment harcelés et harassés par les personnes qui les entourent.

Plus que les personnages, c’est l’histoire qui nous happe. Nous connaissons la guerre telle qu’elle peut est vue par un adulte mais à travers les yeux d’un enfant, c’est une toute autre expérience.

Alfie ne comprend pas véritablement ce que ça veut dire quand sa mère angoisse car « c’est la pénurie » mais instinctivement, il sait que sa mère travaille très dur pour eux et que cela ne suffit pas. A partir de là, il grandit plus vite qu’il ne le faudrait et on suit ses aventures avec un oeil attendri.

Il a beau agir quelquefois dans l’illégalité, on ne peut jamais lui en vouloir et au contraire, on l’admire car à sa façon, Alfie se rebelle contre l’ordre établi. Il refuse de se laisser abattre, il refuse de broyer du noir. Il agit. Il devient un vrai petit homme.

De plus, j’ai apprécié le fait que l’auteur traite de la guerre avec pudeur sans censurer l’horreur qui en découle. Il se concentre sur ses conséquences mais en se plaçant du côté des civils. On se rend compte qu’au final, on n’est pas seuls à avoir souffert, que les alliés également ont souffert. Mon père est parti à la guerre fait ouvrir les yeux et réfléchir.

En conclusion, ce roman a été une très bonne lecture. J’ai aimé le style d’écriture de John Boyne qui ne m’a pas donné l’impression que ce livre était raconté du point de vue d’un enfant, la galerie des personnages que j’ai trouvé très représentative de l’époque mais surtout la manière d’aborder le contexte qui était rafraîchissante et touchante.

Ce roman peut être lu à partir de 10 ans et je trouve qu’il peut être lu par tous les âges.

C’est même à conseiller à tous!

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