Silence radio – Alice Oseman

couverture

Synopsis (Sortie le 8 juin 2017):

Je suis Frances, Frances la sérieuse, la solitaire, la discrète. Je passe mon temps à étudier. J’ai un seul objectif: entrer à Cambridge après le bac.
Je suis Frances, la vraie Frances. Je suis fascinée par le mystérieux Silence Radio et sa chaîne Youtube Universe City. J’aime rire et j’aime dessiner.
Et puis, je rencontre Aled. Avec lui, je peux enfin être moi. Avec lui, je vais enfin avoir le courage de trouver ce qui compte vraiment pour moi.

Mon avis:

Je remercie les Editions Nathan/Lire en Live pour leur confiance.

Le premier roman d’Alice Oseman ne m’avait pas laissé un souvenir désagréable même si je serais bien en peine de vous dire de quoi il traitait alors le résumé de celui-ci m’a incitée à lui donner une chance.

Je m’attendais à un voyage intérieur, à une claque. Je m’attendais à quelque chose d’énorme. Qu’en a-t-il été?

L’histoire nous est racontée par Frances. Au moment où le roman commence, elle est en fin de première. Elle est douée pour les études, ayant des facilités un peu partout et c’est donc naturellement que depuis qu’elle est toute petite, elle s’est donné comme but d’intégrer une très prestigieuse université. Aux yeux de tous, ce n’est qu’une suite logique de toutes ses bonnes notes.

Cependant, derrière sa tête pensante, Frances a aussi une fibre artistique qu’elle cache à tout le monde. Douée pour le dessin et adorant cela, elle ne prête pas d’attention à sa prof d’arts qui lui répète toujours à quel point elle a un talent inné pour manier le crayon. Après tout, ce n’est pas parce qu’on est doué quelque part qu’il faut en faire son métier, n’est-ce pas? Il faut être rationnel au vu du nombre de débouchés qu’il peut y avoir dans les études qu’on entreprend.

En plus du dessin, Frances est fan, archi-fan d’une web-série que personne ne connaît. C’est un secret honteux qu’elle ne partage avec personne parce que c’est tellement hors du personnage qu’elle projette!

Tous ces éléments suffisent donc à donner une intrigue intéressante pour que Frances puisse se trouver et définir quels sont réellement ses objectifs.

Mais, parce que cela ne se fait pas tout seul, l’auteure fait intervenir dans ce processus Aled qui devient rapidement le meilleur ami de Frances. Voisins depuis des années, ils ne commencent à se fréquenter que lorsque Frances et Aled découvrent chacun le secret de l’autre. Leur univers, au contact de l’autre, devient plein de couleurs. On les voit littéralement donner libre-cours à ces petites actions qui les emplissent de joie. J’ai trouvé que c’était génial de les lire ensemble, de voir dans un roman, une fille être amie avec un garçon sans que pour autant, il n’y ait une histoire d’amour. Je pense que j’aurais été déçue s’il y avait eu une romance entre eux deux car ils se ressemblent trop. Leur histoire est complètement la même car au final, Silence radio, c’est un récit initiatique. C’est le parcours que l’on a tous vécu et que l’on a toujours des chances de vivre tout au long de son existence. En effet, même à quarante ans, vous pouvez toujours vous réveiller avec ce sentiment d’être coincé, que ce soit au niveau professionnel ou personnel. Vous pouvez toujours avoir tout à coup cette révélation comme quoi, non, vous n’êtes pas heureux. Alors, même si vous avez peur, même si vous pensez faire un saut dans l’inconnu, il n’est jamais trop tard pour franchir le cap. C’est la belle leçon qu’on tire de ce roman.

C’est un monde déconnecté, éthéré, une petite bulle de bonheur en suspens au-dessus de nos têtes, hors de notre portée. Ca n’appartient qu’à moi et personne n’a le droit d’y toucher, ni les fans, ni ma mère, ni personne!

Cependant, avant d’en arriver là, les personnages prennent des détours et des détours mais le résultat en vaut la peine.

J’ai été hookée du début à la fin. J’ai ri de nombreuses fois devant certaines conversations entre Frances et sa mère. Leur relation est inégalable! J’ai aussi beaucoup apprécié les personnages secondaires, ils nous font avoir un regard neuf sur la vie. Ils apportent une touche d’espoir; on se dit que nous aussi, on peut avoir ce qu’ils ont. Rien n’est hors de portée.

Alice Oseman aborde brièvement l’intrusion dans la vie privée qui peut être faite par des fans trop curieux. J’ai bien aimé cet aspect même s’il occulte les choses positives qui peuvent également en découler. C’est dommage.

Silence radio est donc une bonne lecture. Elle me laisse une bonne impression d’humour et traite son thème avec justesse. On devrait toujours lire ce genre de romans quand on est à la croisée des chemins dans nos vies.

De la même auteure, retrouvez mon avis sur : L’année Solitaire.

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L’année Solitaire – Alice Oseman

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Synopsis (Sortie le 15 mai 2015):

– Mais t’es qui, toi ?
Il se fige devant moi et annonce d’une voix caverneuse :
– Je m’appelle Michael Holden.
Michael Holden.
– Et toi, qui es-tu, Victoria Spring ?
Je ne trouve rien à répondre, parce que c’est précisément ce que je répondrais : rien. Je suis du néant. Du vide. Je ne suis rien.
Soudain, la voix du proviseur retentit et je me tourne vers le haut-parleur.
Quand le silence revient, je baisse le regard et la salle est vide. J’ouvre mon poing et dans ma main, il y a le Post-it SOLITAIRE.CO.UK. Je ne sais pas à quel moment il est passé de celle de Michael Holden à la mienne, mais c’est un fait.
Ça doit être là que tout a commencé.

Mon avis:

Je remercie les Editions Nathan/Lire en Live pour ce partenariat!

C’est l’histoire d’une ado. Et en un seul mot, j’ai résumé mon ressenti. Ado.

Mais développons.

Tori est une jeune lycéenne comme les autres sauf que son frère, Charlie, est spécial. Il a un problème avec la nourriture, semble avoir des TOC, a essayé de se tuer et il est gay. Tout ça!

Sa meilleure amie Becky virevolte de garçon en garçon et est le prototype des filles de son âge qui aiment faire la fête.

L’année Solitaire, c’est quoi exactement? J’ai envie de dire que c’est un roman sur le mal-être, sur la solitude qu’on ressent quand on a l’impression qu’on est différent de tout le monde. Je reconnais à Alice Oseman le mérite d’avoir complètement réussi à nous faire ressentir cela avec exactitude. Elle arrive par quelques phrases à nous faire plonger dans une dépression incroyable tout en nous gardant accrochés à son récit tellement c’est bien raconté.

Tori est le prototype de l’héroïne qu’on déteste car elle se morfond sur elle-même, ressent les affres de l’adolescence au point qu’elle arrive à tout centrer sur elle-même, prend les choses avec une gravité pas possible… elle se laisse complètement dériver et on a envie de la claquer et de la secouer parce qu’elle incarne le pessimisme à l’état pur. Dans la vraie vie, Tori aurait concrétiser cet état d’esprit en ne portant que du noir.

Alors, vous allez me demander comment ça se fait que ce roman est aussi addictif?

Eh bien, je n’en ai strictement aucune idée. Il y a bien une simili-enquête mais en fait, peut-être bien que c’est Michael Holden qui m’a charmée.

Michael Holden est atypique comme garçon. Il rayonne littéralement tout ce qui l’entoure. Il respire la joie de vivre et se montre toujours enjoué. Il déteste les étiquettes, se moque de celle qu’on peut lui coller et a choisi un sport unique pour briller, le patinage de vitesse.

Oui, oui, oui, il est complètement l’opposé de Tori.

Deux opposés pareils qui se lient d’amitié, j’ai trouvé ça intéressant à suivre. Je me suis beaucoup demandée comment Michael pouvait supporter l’humeur exécrable de Tori qui s’en prend à la Terre entière mais qui ne fait rien pour changer sa vie et je me suis encore plus demandée pourquoi il recherchait la compagnie de Tori spécifiquement.

Au-delà de cela, je dois avouer que l’histoire, même si elle se lit rapidement et qu’on ne peut pas la lâcher, ne m’a pas plus émue que cela. Je n’ai pas vu où l’auteure voulait en venir et je le regrette. J’ai l’impression plutôt qu’elle m’a baladée. J’aime les promenades mais là, où était le sens?

L’auteure fait des clins d’œil en faisant des références à certains couples shipés dans divers fandoms (Merlin, Harry Potter, Supernatural…), ce qui m’a fait sourire mais voilà. Ce roman ne réussit pas à faire passer le message souhaité, si c’est celui que Kent délivre à Tori dans un effort désespéré de la sortir de son apathie.

En clair, j’ai aimé la manière dont l’auteure a écrit ce roman. Elle m’a fait partager les ressentis de Tori avec une justesse incroyable au point que j’ai eu l’impression de revivre mon adolescence et justement, ce point devient négatif dans le sens où j’aurais voulu que ce soit accompagné d’un message qui percute vraiment, qui aurait été ressenti jusque dans mes tripes au lieu de rester en surface.

Comment ça vous êtes confus quant à ce que je dis?

Vais-je répondre à cette question de savoir si je l’ai aimé ou non?

Eh bien, au cas où vous ne l’aviez pas compris, c’est compliqué. Et donc à vous de vous faire votre propre opinion.

J’ai dévoré ce roman mais détesté l’héroïne et suis restée sceptique sur la teneur du récit.

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