Love never dies – Delinda Dane et Ludivine Delaune

couverture

Synopsis:

Jusqu’où seriez-vous prêt à aller pour sauver un être cher ?
Everly Hastings, fille d’un richissime homme d’affaires et maman célibataire, n’aurait jamais cru en arriver là…
Lorsque la vie ne tient qu’à un fil, l’espoir est tout ce qui lui reste. Elle ne reculera devant rien, allant même jusqu’à flirter avec l’illégalité… Puisque son unique chance de sauver son fils, c’est lui… Malcolm Blake. Deux mètres de testostérone, désagréable, grossier, cet ancien des forces spéciales ne pense qu’avec son entrejambe et… son flingue.
Entre eux, c’est le choc des titans, un combat où tous les coups sont permis.

Mon avis:

Je remercie Something Else éditions pour leur confiance.

J’ai été intéressée par cette romance non pas à cause du résumé mais à cause de quelques chroniques dans lesquelles j’ai eu l’impression que je ressortirais de cette lecture le coeur lourd.

La première scène s’ouvre sur un accouchement. Nous sommes dans la tête d’Everly. C’est encore une adolescente mais rapidement, nous comprenons qu’elle est tombée enceinte suite à un viol. Comme si cela ne suffisait pas, l’horreur nous prend quand nous réalisons que ses parents l’ont reniée et qu’elle accouche toute seule. Heureusement, Luck, le fils qu’elle enfante devient sa lumière.

Des années se passent. Nous sommes maintenant dans la tête de Malcolm. Il est dans de gros ennuis financiers. Il vient de perdre énormément d’argent dans une partie de poker qu’il était sûr de remporter et généralement, quand son ami lui amène des affaires, c’est synonyme de problèmes. C’est là qu’intervient Everly. Elle a besoin d’un poumon pour Luck, atteint d’un cancer. C’est sa dernière chance.

La rencontre entre Everly et Malcolm est explosive. Leur périple l’est tout autant. C’est simple. Ils passent tellement de temps à se lancer des piques qu’on finit, comme eux, par être énervé. On est pris d’une colère et c’est terrible parce qu’ils pourraient tellement se comporter de manière plus civilisée! Au lieu de ça, leurs instincts les plus primaires prennent le dessus et ils crachent et montrent les griffes. Ils font ressortir de l’autre leurs facettes les plus sombres. Avec le recul, je me rends compte que c’est parce que c’est leur manière de se défendre. Tous deux ne comprennent pas le magnétisme qui les pousse l’un vers l’autre et le combattent donc.

Leur aventure est un road-movie qui nous entraîne au bout du monde. On prend plaisir à découvrir de nouveaux paysages mais comme Everly, on est bien content de ne pas y être seul. Je n’ai pas pu m’empêcher de penser à Monsters in the dark sur la fin.

La romance est finalement convenue mais j’ai été surprise par la fin dans le sens où je n’attendais pas un tel rebondissement du côté de Malcolm. Bien que légèrement précipitée et ensuite « facile », elle n’en reste néanmoins pas mal.

J’ai donc apprécié cette lecture. Elle a pu me faire lever les yeux au ciel en rongeant mon frein mais la lecture s’est fait de manière fluide et j’ai pris plaisir à suivre le voyage des héros.

Publicités

L’hôtel – Yana Vagner

cover

Synopsis:

Dans la neige, une femme tente de regagner le chalet où elle voit ses amis boire et discuter tranquillement. A deux doigts de la porte salvatrice, elle trébuche et se fait poignarder.
Ce n’est que le début d’un huis-clos angoissant dans une maison, « l’Hôtel », située en altitude et accessible uniquement en téléphérique. Neuf Russes, – quatre hommes, cinq femmes – membres d’une équipe de tournage s’y sont retrouvés pour un séjour d’une semaine à l’initiative de l’un deux, Ivan. L’endroit est pourvu de nourriture et de bois de chauffage en quantité. Mais les portables n’y captent pas de réseau.
Et bientôt une tempête glacée endommage le réseau électrique. La découverte du cadavre de Sonia provoque un choc parmi les personnages, surtout quand ils réalisent que le meurtrier se trouve forcément parmi eux. Faute d’une meilleure solution, le cadavre est rapporté à l’hôtel et entreposé dans une espèce de chambre froide. Le malaise s’installe et l’on va découvrir que chacun a ses raisons d’en vouloir à Sonia.

Mon avis:

Je remercie les éditions Pocket pour leur confiance.

J’avais adoré Les dix petits nègres d’ Agatha Christie alors comme le résumé de L’hôtel m’y a tout de suite fait penser, il était évident que je voudrais le découvrir. Cela constitue de plus pour moi une première dans le thriller russe alors j’avais quelques appréhensions. J’avais peur de ne pas être embarquée dans le récit.

Heureusement, je me trompais!

D’emblée, j’ai été prise car le premier chapitre commence dans l’action pure. Nous assistons à un meurtre. Alors, même si le résumé nous a appris que la personne n’en réchappe pas, nous avons tout de même de l’adrénaline qui court dans nos veines et notre rythme cardiaque qui s’accélère. A partir de là, notre attention est captive.

Puis, l’action ralentit pour nous permettre de faire connaissance avec les protagonistes. Nous allons découvrir les liens qui se sont noués entre ces neuf personnages pris au piège dans la montagne.

Chacun d’eux possède sa propre personnalité et ses secrets. Du coup, pour moi qui avais peur de ne pas m’y retrouver et de les confondre, ça a été plus simple pour les différencier.

Nous avons Ivan. C’est le leader naturel du groupe. Tout ce qu’il fait, c’est pour obtenir l’approbation de ses amis et pour les impressionner. Sa femme, Lora, est vingt ans plus jeune que lui et tous se demandent comment il a fait pour épouser une femme comme elle.

Puis, il y a Oscar, l’hôte des lieux. Nous ne savons pas grand chose sur lui mais il semble en savoir pas mal sur les autres. Fin observateur, il attise très fortement nos suspicions et c’est à cause de lui qu’on élabore les théories les plus folles. Si je m’étais écoutée, j’aurais été lire directement les derniers chapitres pour en avoir le coeur net mais j’ai pris tant plaisir à suivre le récit que je n’ai pas ressenti le besoin de céder.

Ensuite, c’est toute une panoplie de personnages aux caractères différents que nous côtoyons. Lisa et Egor sont mariés depuis longtemps et ne partagent plus d’intimité. Ce n’est pas faut à Egor d’essayer, pourtant. Vadim est un alcoolique qui sombre dans son poison préféré. Tania et Macha font plutôt office de potiches… Tous ces personnages sont donc coincés sous la neige pour au moins une semaine et l’un d’eux est un tueur.

Pourtant, je n’ai pas pu m’empêcher de m’interroger vis-à-vis de Sonia, la victime. Nous avons été brièvement plongés dans sa tête et il en est ressorti que c’est une grande manipulatrice sans empathie. Elle m’a donné l’effet qu’elle aurait pu être un Dexter. Alors, même si elle est morte, je n’ai pas pu m’empêcher de me demander: « et si? » Et si au bout du compte, j’imaginais que la fin de ce roman serait semblable à celle des dix petits nègres?

C’est pour cela que la plongée dans le passé et les secrets des personnages m’a tenue en haleine. J’étais curieuse de rassembler les indices et de voir si ma théorie pouvait être bonne.

Quelque part, à mi-chemin entre celui qui raconte et celui qui écoute, une histoire se ramifie. Elle se dote de multiples dimensions. Chaque auditeur retient ce qui lui est proche et compréhensible, et rejette ce qui lui semble superflu. A ce moment-là, il se fait forcément le co-auteur du narrateur. Il ne se borne pas à modifier l’histoire d’autrui,il en créé une autre, puissante, jouissant des mêmes droits. Autrement dit, il n’y a pas de vérité générale, et il ne peut y en avoir; chaque réalité existe en un nombre infini de variantes. Elle se modifie autant de fois qu’il y a de témoins. Si l’on souhaite protéger sa version des évènements, on est contraint de les vivre dans la solitude et de garder éternellement le silence dessus.

Alors que le début de l’histoire montrait des Russes tels qu’on peut se les représenter dans les clichés, c’est-à-dire buveurs, bruyants, le passé des personnages montre une réelle complexité. Ils deviennent alors plus humains à nos yeux et suscitent notre empathie car on se reconnaît dans leurs failles, dans leur tristesse. L’un a été battu dans son enfance, l’autre est issu d’une famille pauvre, l’une rêve d’enfants sans avoir la possibilité d’en avoir… Tous ont un secret qui nous émeut.

De plus, l’auteure s’amuse avec les codes du genre. Certains ont parlé de Shining en voyant la couverture du roman, d’autres, comme moi ont pensé aux Dix petits nègres… C’est donc avec amusement que j’ai noté les références à ces deux romans dans L’hôtel.

En outre, ce récit est également un état des lieux de la société Russe. A travers le prisme de ces personnages, différents les uns de autres, Yana Vagner nous dresse le portrait des strates de la société: les nouveaux riches, les anciens riches… Tous passent à la moulinette. Le glamour de ces fortunes perd donc en brillant et on réalise que derrière le vernis, la réalité ressemble à la nôtre.

Il y a un moment, il faut quand même que je l’avoue, où même si j’appréciais de découvrir l’histoire des personnages, j’ai ressenti une longueur. L’action n’avançait plus. Elle était en suspens, le temps que j’apprenne à comprendre les héros. C’était assez bizarre parce que c’était comme regarder une pièce de théâtre où le projecteur se fige sur la scène, tout est noir et il n’y a de la lumière que sur le personnage qui parle en voix off.

Alors, lorsque l’action reprend, ça a été un soulagement parce que je voyais les pages défiler tout en ayant l’impression de faire du sur-place.

Ainsi, la fin de l’histoire a été une vraie surprise. Je n’aurais honnêtement pas pu deviner qui était le tueur. C’est là qu’on se rend compte de l’intérêt de connaître le background des personnages car une fois qu’il nous est dévoilé, on ne peut plus être surpris. C’est même logique. Même les toutes dernières scènes ne nous surprennent plus. Elles révèlent le ton caustique employé jusque-là pour révéler le passé des personnages. Cette fin reste douce-amère en fin de compte. Tout va bien et tout va mal en même temps. Plus rien ne sera pareil. C’est triste mais c’est la vie.

Cette première percée dans la littérature Slave est donc pour moi une bonne expérience. J’ai apprécié la plume incisive de l’auteure. Je pense que je réitérai cela avec plaisir mais pas maintenant, parce que mine de rien, elle fait bien réfléchir et qu’en refermant les pages de ce roman, je me sens vidée.