La cité de l’oubli – Sharon Cameron

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Synopsis (Sortie 5 octobre 2017):

Tous les douze ans, les habitants de Canaan subissent l’Oubli, un mystérieux phénomène qui efface leur mémoire. Pas celle de Nadia. Elle seule n’a pas oublié. Elle seule se souvient que se père a profité de ce bouleversement pour l’abandonner… Le nouvel Oubli approche. Nadia doit percer le secret de cette fatalité avant que sa famille ne vole à nouveau en éclats. Avant que la ville ne sombre encore une fois dans le chaos.

Mon avis:

Je remercie Nathan-Lire en Live pour ce partenariat.

Dernièrement, j’ai eu de très bonnes surprises avec les dernières publications dystopiques de Nathan alors quand j’ai lu le résumé de ce roman, je savais que je ne serai pas déçue.

La première page annonce la couleur et me met d’emblée dans le ton. Direct, je suis dedans.

Pas besoin de m’habituer à un contexte dépaysant, tout ce dont j’ai besoin est là pour que je sois happée.

L’histoire est racontée du point de vue de Nadia. Au dernier oubli, son père en a profité pour réécrire toute l’histoire de sa famille et refaire sa vie avec une autre femme. Alors, comme le nouvel oubli approche, Nadia n’a qu’une idée en tête, découvrir comment éviter que les personnes qu’elle aime ne l’oublient à nouveau. C’est pourquoi, dès qu’elle le peut, elle fait le mur pour explorer au-delà des murs de la cité. Elle sait qu’elle risque gros mais elle doit le faire car elle est incapable de rester inactive.

C’est là que Gray, un garçon avec qui elle a grandi, s’incruste dans ses virées.

En plus d’une romance qui se construit graduellement, nous avons un contexte particulier qui fait que cette histoire se détache nettement de ce que j’ai pu lire jusqu’à maintenant. Tout le monde sait comment les Hommes réagiraient face à la fin du monde. Il suffit de regarder n’importe quel film catastrophe pour cela. Mais imaginer qu’ils doivent tout réapprendre pendant des années et des années? Ca, c’est inédit. Alors, j’ai vraiment adoré découvrir et explorer ce concept grâce à Sharon Cameron.

Je suis fait de mes souvenirs.

L’auteure joue sur notre côté rationnel pour nous happer dans cette aventure aux ressorts qui dépassent l’entendement. Comme les héros, on s’interroge sur les raisons de cet oubli. On enquête avec eux. On se prend à frémir d’inquiétude ou d’excitation avec eux. On est à leur place et on vit leurs instants comme si c’était les nôtres.

Comme si cela ne suffisait pas, à chaque fois que j’ai l’impression de flairer quelque chose, elle me lance un os qui me fait me poser encore plus de questions. Les mystères s’accumulent.

En parallèle, Nadia doit se débattre avec ses problèmes de famille car l’Oubli a causé beaucoup de mal entre elle, sa mère et ses soeurs. Genivie est une petite soeur adorable. Malgré ses douze ans, elle possède déjà une grande maturité et c’est mignon de la voir donner des leçons de vie à Nadia, de lui rappeler qu’elle a le droit au bonheur. Quant à Liliya, même si je l’ai détestée au début, elle a trouvé à mes yeux une rédemption que je n’attendais pas. Avec le recul, je me rends compte que son comportement est cohérent à tous points de vue car elle est férocement loyale envers sa famille. Elle force le respect.

Nous sommes ceux que nous avons été. Ce sont mes choix d’aujourd’hui qui détermineront celle que je deviendrai. Pas mes souvenirs.

Zigzaguant entre les rebondissements familiaux et ceux liés à l’Oubli, l’intrigue pose la question de l’identité. Nous ne pouvons que nous demander dans quelle mesure un individu peut s’épanouir pleinement alors que ses souvenirs lui échappent. L’auteure montre que s’oublier, c’est mourir à petit feu. C’est une conscience qui s’efface. Un drame infini et irrémédiable qu’on ne peut que seulement commencer à compenser. Cette quête identitaire nous fait réaliser à quel point le lien social nous maintient en vie.

En outre, j’ai été agréablement surprise par les explications données aux origines de la cité et de l’oubli. Je ne les attendais pas mais leur plausibilité m’a convaincue. J’adhère totalement.

Enfin, le côté profondément humain de l’histoire m’a plue. Même si cela ne nous est pas montré mais raconté, nous voyons l’Homme sans fard, tel qu’il est, dans toute sa splendeur et sa monstruosité. Le pire et le meilleur. J’ai apprécié le fait que l’auteure nous montre que l’Homme est toujours récupérable. Qu’il peut toujours changer. Que la Vérité n’est pas liée à celui qui la raconte mais aux faits. Il faudrait toujours pouvoir comparer les versions de la vérité de chacun.

Ne vous méprenez-pas. La cité de l’oubli nous fait réfléchir mais elle le fait en nous entraînant dans une action sans répit. J’étais incapable de lâcher le roman tellement j’étais captivée. Je voulais toujours en lire plus tant c’était agréable d’être aux côtés de Gray et de Nadia. Au final ,je pense donc que je le relirai avec plaisir car c’est le genre de romans que vous re-découvrez à chaque nouvelle lecture. A l’instar d’un livre policier, on déniche les indices semés sur notre chemin en s’exclamant que oui, c’était pourtant évident!

J’ai donc passé un excellent moment de lecture grâce à la plume de Sharon Cameron. Je recommande chaudement!

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Trilogie The generations, tome 3: Alone – Scott Sigler

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Synopsis:

M. Savage – ou plutôt Em, comme elle se fait appeler – a échappé de peu à la mort. Comme tous les adolescents dont elle a désormais pris la tête, elle s’est réveillée dans le noir, seule, entravée dans un étrange cercueil. Sitôt libérée, elle a dû affronter avec sa petite troupe un dédale de couloirs constellé d’ossements. Sans pouvoir compter sur qui que ce soit d’autre qu’eux-mêmes, ils ont été contraints de rivaliser d’intelligence pour découvrir la raison de leur emprisonnement. Confrontés à un ennemi monstrueux, ils ont juré de ne jamais rendre les armes et, coûte que coûte, de survivre. Omeyocan est peut-être le sanctuaire qu’elle et ses camarades recherchent. Mais la planète sur laquelle ils sont censés vivre n’a rien d’un monde vierge et nouveau. Les vestiges d’une civilisation perdue attestent d’un passé terrible, qui pourrait bien se répéter. Et quand un nouvel ennemi sort des ombres de la jungle toute proche, Em et les siens comprennent vite qu’ils n’ont nulle part où se réfugier. Ils n’ont pas le choix : c’est se battre ou bien succomber. Sans compter qu’au beau milieu de cette lutte désespérée, leur unité est compromise de l’intérieur – et lorsque l’adorateur enragé d’un dieu assoiffé de sang tente de voler le pouvoir à Em, la nuit semble bien proche

Mon avis:

Garanti sans spoilers.

Pendant les cent premières pages de ce dernier volume, j’ai été légèrement en retrait de l’histoire car la lecture de Alight remontant à maintenant loin, je ne me rappelais plus de l’intrigue. J’ai donc été coup sur coup assommée par le rappel de certains faits qui sonnaient comme une révélation majeure pour moi. Mais cela a été positif dans le sens où du coup, je suis rentrée dans l’histoire de façon intensive.

Nous retrouvons Em alors qu’elle fait face à des nouveaux dangers. Du temps s’est écoulé depuis la fin des évènements de Alight mais de nouveaux ennemis apparaissent et parfois, ce ne sont pas ceux qu’on pense qui sont les plus dangereux. En effet, Un étrange mal sévit parmi les nouveaux habitants de Omeyocan, révélant le pire en eux. Comme si cela ne suffisait pas, beaucoup de vaisseaux étrangers se trouvent aux abords de la planète.

Autant que vous le sachiez tout de suite, Alone est un tome riche en actions, en rebondissements mais surtout en explications. C’est donc pour cela que j’ai été tenue captive du début à la fin. J’ai été littéralement incapable de le lâcher car j’étais complètement accrochée par les mots de Scott Sigler.

Ainsi, alors que je n’en attendais pas, nous apprenons le pourquoi du voyage du vaisseau de Em, explication qui fait intervenir des ressorts qui transcendent la religion. Mais là où j’ai été le plus agréablement surprise, c’est que le personnage de Aramowski trouve ici une rédemption. Bien que je ne voulais pas lui faire confiance ou l’apprécier, j’ai été forcée de changer d’avis au fur et à mesure que l’action s’emballait.

Oui, elle s’emballe car les morts s’accumulent, ne nous laissant aucun temps mort. Et quand on prend le temps de couper la lecture et de repenser à ce que vivent Em et ses congénères, on ne peut que ressentir de la lassitude pour elle. On se dit que décidément, elle n’a pas de chance. Elle les enchaîne.

L’intrigue peut se découper en plusieurs temps. A chacun d’eux, on a l’impression que c’est le point culminant du récit mais que nenni! Au contraire. En réalité, l’action va crescendo pour nous emmener dans une nouvelle dimension, plus humaine, plus psychologique. Il devient vraiment impossible d’interrompre sa lecture car on ressent un manque évident.

Parlons de la fin. Il y a des livres où votre tête sait qu’il y a un enjeu primordial alors vous vous mettez une sorte de pression pour avoir le coeur qui bat à cent à l’heure. Pour tenir en haleine. Quelquefois, ça marche. D’autres fois, vous êtes déçus.

Alone est dans l’autre catégorie de livres. Votre tête n’est pas la seule à être mise à contribution. Scott Sigler nous fait ressentir l’intensité de l’action jusque dans nos os. On la vit littéralement. Ce n’est pas la guerre que dans le livre. Ce l’est dans votre être, comme si vous en étiez. A chaque mort, on est dévasté. On perd nos amis. Mais on tient le coup car en temps de guerre, on ne peut pas se permettre de pleurer nos morts ou de faire son deuil. On n’a pas le temps. On ressent la même lassitude que les héros. On est littéralement scotché dans leur peau.

Et vient le grand final. Vous êtes surpris car au dernier moment, des personnages vous convainquent enfin. Purée, Aramowski! Là, j’applaudis! C’est grandiose!

On se dirige vers la toute fin. Elle est douce-amère pour moi. Mais alors, je l’adore! Elle me surprend, dépasse mes espérances. Elle est porteuse de sens. Philosophiquement, c’est une réussite. Elle est belle. Elle me fait sourire, elle me fait pleurer. Elle m’émeut. Merci Scott Sigler pour ce final qui va au-delà de ses promesses. Coup de coeur!

Retrouvez mon avis sur:
– le tome 1: Alive.
– le tome 2: Alight.