Capitaine Rosalie – Timothée de Fombelle

couverture

Synopsis:

Alors que son père est à la guerre, Rosalie se lance dans une mission secrète.
Hiver 1917. Rosalie a cinq ans et demi. Son père est au front et sa mère travaille à l’usine. Alors, même si elle n’a pas encore l’âge, Rosalie passe ses journées à l’école, dans la classe des grands. On croit qu’elle rêve et dessine en attendant le soir. Mais Rosalie s’est fabriqué une mission, comme celles des véritables soldats. Elle est capitaine et elle a un plan.

Mon avis:

Je remercie Gallimard pour leur confiance.

J’ai craqué pour la couverture de ce petit roman. Le dessin est mignon comme tout et les couleurs, épurées, attirent l’oeil: elles dégagent une douceur innocente entâchée.

A la lecture des pages, c’est exactement le ressenti que j’en retiens. Capitaine Rosalie est le récit de la perte de l’innocence. C’est la fin progressive d’une enfance heureuse. Un drame qui nous touche en plein coeur et qui nous émeut forcément.

Rosalie, l’héroïne de cette histoire, est une petite fille dont le père est parti à la guerre. Pour autant, elle ne sait pas encore ce que cela implique car évidemment, les adultes font tout pour la préserver. Lorsqu’elles reçoivent des courriers de son père, comme elle ne sait pas lire, c’est sa mère qui lui fait la lecture mais Rosalie n’est pas dupe. Elle se doute qu’il y a anguille sous roche, d’autant plus que la longueur des histoires que sa mère lui raconte ne coïncide pas avec celle des lettres.

Malgré un ton d’abord naïf et drôle, attendrissant, l’atmosphère du récit glisse rapidement dans le drame. Nous sentons poindre une noirceur qui nous attriste.

Alors, quand la conclusion de l’action vient, même si on s’y attendrait, on en retient un sentiment de tragique. C’est raconté de la même manière qu’un conte mais ça se finit abruptement. Nous n’aurons pas de happy end parce que la guerre se termine rarement en happy end. L’héroïne est une enfant mais elle ne sera jamais plus heureuse et c’est parce que c’est une enfant qu’on est d’autant plus touché en plein coeur.

Capitaine Rosalie émeut et attendrit. A l’approche de l’hiver, c’est une lecture de saison car elle nous nimbe dans une morosité, une sorte de mélancolie dont on ressort avec des larmes aux yeux.

Elle me touche en terme de tristesse mais surtout, c’est une lecture réaliste et, en fin de compte, adulte malgré un support qui parle aux plus jeunes. Ce livre est à mettre dans les mains des enfants si vous voulez aborder ce sujet avec eux avec pudeur, sans tomber dans la violence.

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[BD] Astérix, tome 1 à 3

couverture

Mon avis:

Je ne vais même pas vous faire l’affront de vous mettre les synopsis de ces trois premiers tomes car après tout, qui ne connaît pas Astérix?

Etant actuellement en train de découvrir ou redécouvrir tous les tomes composant cette série, j’ai eu envie de m’arrêter après Astérix chez les Goths pour souligner quelques points.

Ce qui est génial avec cette BD, c’est que quand vous prenez n’importe quel tome, vous n’avez jamais l’impression d’avoir un train de retard. En effet, vous avez deux pages au début de chaque volume vous présentant les personnages et le contexte et cela suffit amplement. Avec le recul, je me demande même si la page de présentation des personnages n’est pas strictement la même depuis le début.

Ensuite, je pensais que le tout premier tome serait une vraie introduction à cet univers, qu’on sentirait que c’est un premier tome. Je vous détrompe. Si je ne savais pas qu’il marquait le début de cette série, cela ne se remarquerait même pas. Que vous le lisiez en tout premier ou bien maintenant, je pense que vous ne sentiriez pas une différence.

Et puis, les calembours et autres notes d’humour: avec mon regard d’adulte, je remarque maintenant des traits d’esprit que je pense n’avoir jamais remarqué. Par exemple, les noms de villes en latin. Associés aux dessins et situations dans lesquels ils sont cités, je ne peux que sourire car plus de vingt ans après, j’ai toujours l’impression de découvrir les gags. La même chose concernera les noms des personnages ou les références culturelles.

Par contre, certains personnages manquent déjà. J’ai toujours cru qu’Idéfix était présent dès le début de la série. Après avoir relu et relu et relu ces trois numéros, je remarque qu’il n’y a pas de mention de lui. Du coup, cela m’apprend qu’Idéfix n’a pas toujours été là. C’est drôle, hein?