Lise et les hirondelles – Sophie Adriansen

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Synopsis (Sortie le 1er février 2018):

A treize ans, Lise a une passion pour les hirondelles. Mais lorsqu’elle les voit revenir à Paris en cet été 1942, les oiseaux ne parviennent pas à lui faire oublier les conséquences de l’Occupation: le rationnement, les alertes, la fermeture de l’atelier de confection familial, l’attitude de ses amis depuis qu’elle porte une étoile jaune sur ses vêtements. Le 16 juillet, la vie de Lise bascule lorsqu’elle assiste, impuissante de la fenêtre de ses voisins, à l’arrestation de toute sa famille…

Mon avis:

Je remercie les Editions Nathan/Lire en Live pour leur confiance.

L’histoire nous est racontée par Lise alors que la persécution des Juifs s’installe insidieusement dans son quotidien. Aînée d’une fratrie de trois, elle veille sur ses deux petits frères jumeaux, Ariel et Zacharie et tente tant bien que mal de les préserver du mal environnant.

On est capable d’endurer plus que ce que l’on croit.

Lise est une rêveuse. Douée de ses mains pour coudre, à l’instar de ses parents, elle voue une passion pour les hirondelles et amène de la poésie dans ce qu’elle vit en comparant ses jours à ceux des oiseaux. Par ce biais, elle m’a fait me poser des questions auxquelles je cherche toujours une explication. Par exemple:

Les hirondelles migrent pour fuir le froid et la faim. En hiver, les insectes volants dont elles se nourrissent disparaissent chez nous, ils ne résistent pas à la baisse des températures tandis qu’en Afrique on en trouve à foison. Elles pourraient y rester, s’y installer définitivement. Après tout, il y fait chaud toute l’année et toute l’année, a nourriture abonde. Alors pourquoi regagner le dortoir?, pourquoi rentrer à la maison?

Cependant, je dois avouer que j’ai ressenti un peu de mal à m’imprégner de l’histoire à cause du personnage de Lise. En effet, je l’ai trouvée plutôt en retrait de ce qu’elle subissait ou alors, ses actes ne me paraissaient pas réalistes. L’intention était de rendre Lise, je pense, forte, intelligente, vive d’esprit et pro-active mais je n’ai pas ressenti le résultat. J’avais l’impression que l’action était plus racontée que vécue. Or, dans ce genre d’histoire, même si je ne recherche pas forcément à ressentir une empathie extraordinaire pour les héros, je recherche néanmoins une espèce de compréhension intrinsèque des évènements. Je veux avoir l’impression d’être dans la peau des personnages. Ce qui n’était pas le cas pour une grande partie du roman, malheureusement.

Néanmoins, certaines scènes m’ont marquées, comme des flashes.

A l’écran, les problèmes trouvent toujours une solution, les mauvaises personnes sont punies, les coeurs purs sont sauvés et rien n’est jamais grave. L’existence y est facile et surtout, elle y est juste.

Il suffit de peu, d’une image, d’une phrase pour que cela résonne en moi.

On comprend que la jeunesse de Lise est volée sous nos yeux. Peut-être que si elle n’avait pas vécu ce qu’elle vit, que je ne l’aurais certainement jamais prise en sympathie. Mais les regrets qu’elle exprime sont universels. Osez dire, vous, que vous n’avez jamais souhaité voir dans le futur pour savoir ce que la vie vous réservait.

C’est étrange comme on peut s’habituer à certains changements. Un jour, la guerre s’est installée et c’était comme si elle avait toujours été là. Et puis, la guerre cesse, la fureur se tait et du jour au lendemain, je réalise que la guerre ne sera bientôt plus qu’un souvenir.

Sophie Adriansen parvient à nous raconter avec pudeur la désillusion d’une enfant qui grandit trop vite. Elle aborde des thèmes adultes à travers les yeux d’une enfant devenue femme trop vite. Elle ne nous cache rien de la réalité mais elle rappelle que rien n’est noir ou blanc. Que les faits héritent de la complexité de ceux qui les font.

C’est donc sur le dernier quart du roman que j’ai été véritablement prise au jeu. La plume de l’auteure m’a émue par la sincérité de son ton et de ses vérités. Lise et les hirondelles constituerait presque une fable, une ode à l’innocence et à la nécessité de la préserver.

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Underground railroad – Colson Whitehead

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Synopsis:

Cora, seize ans, est esclave sur une plantation de coton dans la Géorgie d’avant la guerre de Sécession. Abandonnée par sa mère lorsqu’elle était enfant, elle survit tant bien que mal à la violence de sa condition. Lorsque Caesar, un esclave récemment arrivé de Virginie, lui propose de s’enfuir, elle accepte et tente, au péril de sa vie, de gagner avec lui les Etats libres du Nord. De la Caroline du Sud à l’Indiana en passant par le Tennessee, Cora va vivre une incroyable odyssée. Traquée comme une bête par un impitoyable chasseur d’esclaves qui l’oblige à fuir, sans cesse, le misérable coeur palpitant des villes, elle fera tout pour conquérir sa liberté. L’une des prouesses de Colson Whitehead est de matérialiser l’ Underground Railroad , le célèbre réseau clandestin d’aide aux esclaves en fuite qui devient ici une véritable voie ferrée souterraine, pour explorer, avec une originalité et une maîtrise époustouflantes, les fondements et la mécanique du racisme. A la fois récit d’un combat poignant et réflexion saisissante sur la lecture de l’Histoire, ce roman, couronné par le prix Pulitzer, est une oeuvre politique aujourd’hui plus que jamais nécessaire. Un roman puissant et presque hallucinatoire. Une histoire essentielle pour comprendre les Américains d’hier et d’aujourd’hui.

Mon avis:

Je remercie Priceminister pour sa confiance dans le cadre des matches de la rentrée littéraire 2017.

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