Underground railroad – Colson Whitehead

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Synopsis:

Cora, seize ans, est esclave sur une plantation de coton dans la Géorgie d’avant la guerre de Sécession. Abandonnée par sa mère lorsqu’elle était enfant, elle survit tant bien que mal à la violence de sa condition. Lorsque Caesar, un esclave récemment arrivé de Virginie, lui propose de s’enfuir, elle accepte et tente, au péril de sa vie, de gagner avec lui les Etats libres du Nord. De la Caroline du Sud à l’Indiana en passant par le Tennessee, Cora va vivre une incroyable odyssée. Traquée comme une bête par un impitoyable chasseur d’esclaves qui l’oblige à fuir, sans cesse, le misérable coeur palpitant des villes, elle fera tout pour conquérir sa liberté. L’une des prouesses de Colson Whitehead est de matérialiser l’ Underground Railroad , le célèbre réseau clandestin d’aide aux esclaves en fuite qui devient ici une véritable voie ferrée souterraine, pour explorer, avec une originalité et une maîtrise époustouflantes, les fondements et la mécanique du racisme. A la fois récit d’un combat poignant et réflexion saisissante sur la lecture de l’Histoire, ce roman, couronné par le prix Pulitzer, est une oeuvre politique aujourd’hui plus que jamais nécessaire. Un roman puissant et presque hallucinatoire. Une histoire essentielle pour comprendre les Américains d’hier et d’aujourd’hui.

Mon avis:

Je remercie Priceminister pour sa confiance dans le cadre des matches de la rentrée littéraire 2017.

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Kinderzimmer – Valentine Goby

couverture

Synopsis:

En 1944, le camp de concentration de Ravensbrück compte plusieurs dizaines de milliers de détenues. Mila a vingt-deux ans quand elle arrive à l’entrée du camp. Autour d’elle, quatre cents visages apeurés. Dans les baraquements, chacune de ces femmes va devoir trouver l’énergie de survivre, au très profond d’elle-même, puiser chaque jour la force d’imaginer demain.
Et Mila est enceinte mais elle ne sait pas si ça compte, ni de quelle façon.

Mon avis:

Suite aux conseils de ma copine Avalon, j’ai ouvert ce livre sans trop savoir de quoi il parlait. Rien que le fait qu’il se déroule pendant la Seconde Guerre mondiale me suffisait.

J’ai été très embêtée dans un premier temps.

En effet, le style d’écriture est incisif, la ponctuation quasi inexistante. J’ai même eu l’impression au début de lire une traduction vite faite. Un premier jet, en somme. Je n’arrivais pas à accrocher. Je me demandais si c’était bien l’histoire et pas un encart publicitaire glissé par erreur. J’ai vraiment cru que j’allais abandonner et cela me navrait. J’étais déçue car j’étais certaine que j’allais être captivée.

Et puis… Je me suis accrochée malgré tout.

Lentement, progressivement, je me suis prise au jeu. Les mots m’ont tenue en haleine. Mon intérêt pour le sort de Mila a été piqué au vif. Sans savoir où j’allais, j’ai réalisé à un moment que ça y est, la magie a opéré. Ouf! Quel soulagement!

Nous ne connaissons pas beaucoup de détails de la vie de Mila, notre héroïne enceinte dans un camp de travail. La vie qu’elle a est déjà difficile alors je ne conçois même pas de pouvoir enfanter dans ces conditions et pourtant, lorsqu’on lit le combat de Mila, c’est ému qu’on réalise que c’est plus qu’un combat pour donner la vie ou la maintenir. C’est également le combat de l’espoir lui-même.

Vivre, c’est ne pas devancer la mort à Ravensbruck comme ailleurs. Ne pas mourir avant la mort, se tenir debout dans l’intervalle mince entre le jour et la nuit.

J’ai ressenti peu d’empathie pour Mila mais paradoxalement, lorsque je prends le temps d’y réfléchir, je comprends pourquoi. Je comprends pourquoi son instinct de survie lui a dicté d’ignorer sa grossesse. Je comprends pourquoi elle ne s’est autorisée à aimer son enfant que plus tard. Je la comprends. Et, alors que la raison nous fait dire qu’il ne faut pas tomber enceinte dans ces conditions, j’admire Mila et ces femmes qui ont perpétué la vie alors que tout concourait à les faire désespérer. Je les admire.

Kinderzimmer traite donc d’un thème difficile avec une pudeur qui nous émeut forcément. Je ne pense pas que je le relirai mais j’en garderai une réflexion et une nouvelle vision des choses.