600 heures dans la vie extraordinaire d’Edward Stanton – Craig Lancaster

couverture

Synopsis :

Edward Stanton, trente-neuf ans, vit seul dans une petite ville tranquille du Montana. Atteint du syndrome d’Asperger et de trouble obsessionnel compulsif, il suit une routine méticuleusement établie : tous les matins, il note l’heure à laquelle il se réveille (7 h 38), refuse de commencer sa séance de thérapie avant l’heure exacte du rendez-vous (10 heures) et, le soir (à 22 heures), il regarde un épisode de Dragnet, série policière des années soixante.
Lorsqu’une mère et son fils de neuf ans emménagent en face de chez lui, le quotidien bien réglé d’Edward est bouleversé. En l’espace de 600 heures, il s’ouvre à ses nouveaux voisins et tente de se réconcilier avec son père. Découvrant les joies et les peines de l’amitié, Edward devra décider : est-il prêt à quitter sa vie solitaire pour embrasser le monde?

Mon avis:

Je remercie Rakuten pour sa confiance renouvelée à l’occasion de ses Matches de la Rentrée littéraire.

Lettre de réclamation à M. Lancaster

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Espace négatif – Nicolas Derder

Résumé:

Ludovic, trentenaire avancé, ronronne dans son quotidien bien rodé sous le soleil arlésien. Il vit en couple avec Louise, une infirmière admirable de gentillesse. La vie de Ludovic va lentement basculer à la suite d’une rencontre avec une femme mystérieuse et fascinante qui va l’entraîner beaucoup plus loin qu’il ne l’imaginait.

Mon avis:

Le roman s’ouvre sur une scène mystérieuse qui capture notre attention d’emblée. Dans la tête de Ludovic, nous le découvrons alors qu’il se réveille au sommet d’une tour ou immeuble sans aucun souvenir de ce qu’il s’est passé avant. C’est là que la fameuse partie, du genre « quelques semaines plus tôt » fait son entrée en matière.

Ludovic est marié depuis plus de dix ans à Louise et s’ennuie dans son travail. J’ai d’ailleurs légèrement déprimé quand il parle de son quotidien avec sa moitié car il décrit un amour qui s’étiole, deux personnes qui s’éloignent inexorablement l’une de l’autre. Pour moi qui suis nouvellement mariée, c’est l’une des choses que j’appréhende et pour lesquelles je travaille chaque jour à ne pas connaître. Qu’il ne s’épanouisse pas au travail, je peux le comprendre, mais qu’il assiste à l’échec de son mariage, ça me touche.

Plonger dans la tête de Ludovic, c’est assister à une vie morne et sans relief. Une vie qui a renoncé à l’éclat de la passion. C’est pour cela que le début du roman est assez triste.

Et puis… il fait la rencontre du couple qui vient de s’installer dans son immeuble et revoit une ancienne connaissance. A partir de là, on peut dire que les choses deviennent intéressantes. C’est même un euphémisme. Ludovic n’est plus un témoin passif de sa vie. Il prend véritablement les choses en main. Il retrouve l’étincelle qui lui manquait jusque-là.

Le récit de ce que cette étincelle engendre nous tient captifs parce qu’on se demande où elle va nous mener. On voit Ludovic se réveiller de son marasme et en même temps, s’enfoncer dans un sacré bourbier. C’est comme voir un camion foncer à toute allure dans la direction d’un arbre. On sait qu’une catastrophe va arriver mais on la regarde tout de même.

C’est pour cela que la fin m’a surprise. Son contenu-même m’a complètement prise au dépourvu. Non seulement, elle m’a rappelé que je me trouvais dans un flashback mais en plus, elle m’a fait revivre la toute première scène sur laquelle nous découvrions Ludovic. Jusqu’à présent, j’avais complètement oublié cette fameuse première scène. Mais la vraie surprise réside dans le « après », dans les toutes dernières lignes qui signent là, le récit avec panache. C’est inattendu, imprévisible au possible. Une bonne surprise.

J’ai donc passé avec la plume de Nicolas Derder un bon moment. Je ne me suis jamais ennuyée et, alors que je ne préfère pas les romans contemporains généralement, mon intérêt est resté captif et ça, c’est une sacrée victoire.