[Balades] L’Alsace en été

Dans la tête de tout le monde, l’Alsace vaut le coup pour ses marchés de Noël et elle est connue pour ses maisons à colombages, la route des vins et ses cigognes. Je dois dire que je suis tombée amoureuse de cette région il y a quelques années pour ses maisons qui ont un charme fou alors après maintenant plusieurs mois à vivre ici, je suis heureuse de constater que je n’ai pas fini d’être surprise et d’être émerveillée par ce que l’Alsace a à nous offrir.

Pour les amoureux d’architecture

Vous pensez pouvoir vous habituer rapidement aux colombages ou aux couleurs extravagantes mais qui collent si bien au décor mais d’un village à l’autre, vous n’avez pas fini d’en prendre plein les yeux.

En effet, même dans les villages les plus gros, le charme opère car vous réalisez que la vie est organisée et agencée de manière traditionnelle. Le village est construit autour d’un noyau « ancien ». Les ruelles étroites et sinueuses que vous redouteriez en ville sont ici, ce que vous recherchez. On prend plaisir à se perdre dans ce labyrinthe circulaire mais surtout, on respire. La nature y a sa place et se fond parfaitement dans le décor rendu par les maisons qui adoptent souvent des formes biscornues dignes des frères Grimm.

Pour les amoureux de la nature et des légendes

Prenez votre voiture, sortez de la ville et vous tomberez sur un des innombrables circuits de randonnées qui jalonnent la région.

Je vais même vous parler d’une idée de promenade que j’ai adorée. Enfoncez-vous dans le Sundgau, direction le château de Ferrette. Derrière lui, commence une randonnée qui vous donnera l’impression d’être à Brocéliande, au temps du roi Arthur. Après à peu près 45-50 minutes de marche en forêt et être passé à côté d’un champ d’ail des ours pour les férus de cuisine délicate et fine, vous déboucherez sur un passage qui vous évoquera un passage d’entre deux mondes. Celui-ci porte le nom de grotte des nains mais même les plus pragmatiques seront obligés de s’incliner devant la majesté des lieux.

Pour les amoureux de l’Histoire

Outre la dizaine de châteaux qui parsèment l’Alsace du Nord au Sud:

Une autre idée de randonnée à faire vous emmènera sur les traces des soldats pendant la Première Guerre mondiale. Pour ce faire, direction Illfurth qui marque l’entrée dans le Sundgau. Garez-vous dans le parking du cimetière pour débuter votre balade. Vous traverserez une forêt aux arbres qui ont des allures de sequoia, des champs qui s’étendent à perte de vue mais plus important, vous pourrez visiter les restes de plusieurs bunkers. Ce serait bizarre si les lieux n’étaient pas si beaux mais la solennité force le respect.

Au vu du titre de cet article, vous n’avez pas faux de croire que j’en ferai un autre en hiver. Mais avant, passez de bonnes vacances d’été! Si jamais vous passez par l’Alsace, faites-le moi savoir si vous avez fait les randonnées dont je vous parle. Ca me ferait plaisir!

Celle que vous croyez – Camille Laurens

couverture

Synopsis :

Vous vous appelez Claire, vous avez quarante-huit ans, vous êtes professeur, divorcée. Pour surveiller Jo, votre amant volage, vous créez un faux profil Facebook: vous devenez une jeune femme brune de vingt-quatre ans, célibataire et cette photo où vous êtes si belle n’est pas la vôtre, hélas. C’est pourtant de ce double fictif que Christophe – pseudo KissChris – va tomber amoureux.

Mon avis:

Je remercie les éditions Folio et Livraddict pour leur confiance.

L’histoire nous est racontée du point de vue de Claire. Lorsque l’histoire commence, il faut s’accrocher car le texte donne tout de suite le ton de ce que sera l’histoire. C’est décousu, ça part dans tous les sens mais en même temps, on sent qu’un drame humain s’est joué.

Par le jeu des flashbacks et des interviews, nous entrons au coeur de l’intrigue. Nous faisons connaissance avec Claire. Fraîchement divorcée, elle se fait mener en bateau par Jo alors pour l’espionner, elle a l’idée de se créer un faux profil, ce qui sera un domino dans l’enchevêtrement des faits qui en découlent.

La langue est le reflet de ma vie.

Pendant toute la première partie du roman, j’ai été complètement captivée et charmée par la plume de l’auteure. Elle a des envolées lyriques très belles et c’était un plaisir à découvrir. Alors, quand le drame a lieu, j’étais vraiment triste pour Claire.

C’est là que la seconde partie du roman vient changer la donne.

J’ai découvert une Claire rêveuse dans le mauvais sens du terme. Une Claire qui ne supporte pas la réalité et qui veut tellement croire à ses idées qu’elle ignore tout le reste. Une Claire immature qui, quelque part, ne supporte pas son âge et se conduit toute seule à sa propre auto-destruction.

Mais, non contente de chambouler tout ce qu’elle avait mis en place avant, nous sommes catapultés dans un jeu de miroirs où on se met à douter de tout. On ne sait plus où est la réalité. On est confus. Peut-être d’ailleurs que c’est l’effet voulu car on sent bien qu’à l’instar de ce qu’il se passe dans la tête de Claire, la réalité et la fiction se confondent même pour nous. C’est perturbant mais l’effet est réussi.

Le bémol que j’ai à apporter, outre cette Claire qui m’a fortement déplue au fur et à mesure que les pages se tournaient, c’est cette logorrhée de lyrisme. Au bout d’un moment, la poésie me passait au dessus de la tête car il y en avait trop. L’auteure s’est trop emballée pour moi, perdant de vue l’histoire pour la beauté des mots. J’aime la beauté des mots mais là, cela noyait l’action et ça en devenait pompeux. Je passais littéralement des passages entiers pour en revenir à ce qui m’intéressait.

Heureusement, l’action restait tout de même trépidante. J’ai été bluffée par chacun des retournements de situations et ils m’auront tenue en haleine jusqu’à la fin.

En conclusion, Celle que vous croyez est une belle illustration de comment il est facile de perdre son identité par le biais des réseaux sociaux et de comment il est aisé de faire croire n’importe quoi.
On ne le dira jamais assez mais il ne faut jamais perdre de vue que n’importe quoi peut se tapir dans l’ombre d’un écran.