[BD] Rescapés de la Shoah

couverture

Synopsis :

Heinz, Trude, Ruth, Martin, Suzanne et Arek sont des survivants de la Shoah. Ils racontent chacun leur tour leur exil pour fuir les nazis. Six témoignages émouvants d’enfants rescapés de la Shoah.

Mon avis:

Le seul thème de cette BD a suffi pour que je craque dessus.

Rescapés de la Shoah se décompose en six parties; chacune d’elles étant consacrée à un enfant et étant une histoire vraie.

Le dessin en rebutera sûrement certains; il est simpliste en effet. Cependant, en ce qui me concerne, il a fait mouche car il permet de se concentrer sur l’essentiel, le récit. Idem pour sa colorisation.

Ainsi, nous faisons la rencontre de six destins.

Ils étaient enfants quand la persécution des Juifs a commencé et ils ne doivent leur vie qu’à un coup de chance, un hasard qui les a sauvés d’une mort certaine.

J’aurais dû être touchée par le sort de ces héros ordinaires. J’aurais dû être tenue en haleine.

Or, quelque part, j’ai été déçue, je suis restée en retrait par rapport à l’histoire. Je n’ai pas ressenti d’empathie. J’ai eu l’impression que l’histoire était racontée de manière superficielle.

Je sais qu’il est difficile de vraiment approfondir quand on raconte autant de récits mais cette façon de procéder les a desservis à mon sens. Tout est raconté très rapidement. Trop rapidement. C’est trop concis pour qu’on puisse saisir le contenu de ce qui est raconté. On n’a pas le temps de s’attacher aux héros que l’action est déjà finie.

Mon impression est donc que c’est trop bref.

Je ressens personnellement une petite déception car je pense qu’il y avait un potentiel à développer, quitte à faire un tome par personnage. Cependant, pour ceux qui ne sont pas connaisseurs de ce contexte, Rescapés de la Shoah constitue une bonne introduction. Je pense que pour expliquer sans trop entrer dans les détails à un enfant, par exemple, c’est l’idéal.

Selon le lecteur et ses attentes, cette BD peut convenir à un public non averti, pour justement sensibiliser.

[BD] S’enfuir: Récit d’un otage

Synopsis:

En 1997, alors qu’il est responsable d’une ONG médicale dans le Caucase, Christophe André a vu sa vie basculer du jour au lendemain après avoir été enlevé en pleine nuit et emmené, cagoule sur la tête, vers une destination inconnue. Guy Delisle l’a rencontré des années plus tard et a recueilli le récit de sa captivité un enfer qui a duré 111 jours. Que peut-il se passer dans la tête d’un otage lorsque tout espoir de libération semble évanoui?

Mon avis:

Je remercie les Editions Dargaud et Priceminister pour cette BD lue dans le cadre de l’ opération La BD fait son festival.

Je découvre Guy Delisle avec ce récit biographique d’un homme, Christophe André, qui a été pris en otage alors qu’il était en mission humanitaire.

Dès le début, il nous plonge dans les pensées de Christophe car nous sommes directement dans l’action avec le récit de son kidnapping en pleine nuit. Petit à petit, c’est l’attente qui s’installe. Puis l’alternance entre espoir et dépression.

Plus qu’un témoignage, Guy Delisle nous décrit la volonté qui anime le protagoniste pour ne pas devenir fou alors que les jours se ressemblent, se suivent et s’égrènent immanquablement. Par ailleurs, aucun repère n’est donné à Christophe pour garder le décompte du temps qui passe.

J’ai aimé les traces d’humour ou d’autodérision instillées dans certaines planches, comment le héros garde son esprit en alerte en, par exemple, se remémorant des faits historiques ou en s’inventant des dialogues entre ses geôliers.

Dans le même temps, on ne peut que réfléchir à la condition humaine. Il suffit de peu pour être libre ou simplement garder sa raison. Jamais je n’avais réalisé à quel point garder conscience du temps pouvait être primordial pour sa sanité d’esprit. De même pour le contact humain; cette BD montre bien que l’Homme est un animal sociable.

Je me suis rapidement habituée au coup de crayon de Guy Delisle. La colorisation est minimaliste mais justement, je l’ai trouvée parfaitement appropriée à l’histoire.

J’ai donc dévoré les 428 pages de ce pavé avec grand plaisir. S’enfuir constituera certainement la BD la plus grosse que j’ai lue jusque-là et moi qui avais peur de la trouver longuette par moments, j’ai été agréablement surprise car je ne me suis jamais ennuyée. J’ai vécu le périple de Christophe et ai senti l’influence du temps qui s’écoule comme si j’y étais. J’ai donc énormément aimé ce récit. Le but recherché a été atteint en ce qui me concerne et j’ai donc envie d’en lire plus de cet auteur. Il a réussi à me faire apprécier encore plus les petites choses de la vie et ce, avec quelques bulles.

Je lui attribue la note maximale de 20/20 car je ne lui trouve aucune défaut. S’enfuir est une expérience enrichissante et qui fait beaucoup réfléchir sans être moralisateur.

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