Série Guilty, tome 1: L’affaire Diego Abrio – Jean-Christophe Tixier

Synopsis (Sortie prévue le 12 mai 2021):

Diego Abrio, 22 ans, purge sa peine de prison pour homicide volontaire.
Pourtant il va être relâché.
Sera-t-il libre? Non! Le peuple aura le droit de le tuer ou de le protéger dans sa fuite.
Toi aussi. Vas-tu suivre son parcours sur l’application Guilty? Participer à sa traque? Ou…

Mon avis:

L’histoire est racontée du point de vue de Diego et sous plusieurs formes: reportage radio, dialogues internet, émissions de télé…

Au moment où elle commence, Diego est encore en prison mais il sait que cela ne va plus durer longtemps. En effet, un compte à rebours s’est déclenché. Lorsque sa fiche aura atteint trois millions de votes, il sera libéré et laissé à la merci de tout citoyen qui pourra disposer de sa vie comme il l’entend.

Les origines de la loi permettant cela s’expliquent par l’engorgement des prisons. Ainsi, régulièrement, des fiches de délinquants et criminels sont proposées au vote populaire.

Tout de suite, le récit m’a fait penser à un mélange de plusieurs films d’horreur. J’ai pensé à Running man pour le fait que le héros doive toujours être en mouvement car sa position est communiquée publiquement tous les jours et aussi à à la série de films The purge par rapport au concept d’immunité pour les citoyens.

On pourrait croire que cette histoire n’est pas près d’arriver. Pourtant, la question de l’engorgement des prisons est très d’actualité. Il en est de même pour le débat qui s’articule autour de l’utilité de la prison: doit-elle être une simple punition ou bien doit-elle être en plus un moyen d’organiser la réadaptation de l’individu après sa peine? Dans ce cas, doit-on donner plus de moyens financiers aux prisons ou bien laisser croupir les détenus dans des conditions de vie misérables?

Si, dès le départ, nous savons que Diego est coupable d’un crime terrible, il n’en reste pas moins que les arguments des deux parties nous sont exposés. Bien sûr qu’il doit payer pour ce qu’il a fait, bien sûr qu’il a été très con mais pour autant, notre conscience s’interroge face aux comportements de violence gratuite qui se déchaînent contre lui.

Nous avons également une critique de la société: l’analyse des faits perpétrés par les citoyens dans cette histoire nous glace d’effroi. On réalise que pour eux, peu importe les circonstances qui peuvent atténuer ou non un crime, peu importe que le détenu soit jeune ou innocent, la présomption de culpabilité pèse tellement sur lui qu’il est condamné d’avance. Ainsi, les hommes redeviennent des animaux. Ils sont poussés par un esprit de chasseur. Ils perdent leur humanité. En voulant punir à tout prix sans aucune considération de l’homme, ils deviennent ce qu’ils exècrent.

Nous réalisons donc la définition et la nécessité de justice. La justice, la vraie, est impartiale mais elle s’apprécie en fonction de critères subjectifs. On ne peut pas et ne doit pas être juge et bourreau. C’est le pas de trop vers une société d’abus.

Le final de ce premier volume laisse la porte ouverte vers un tome axé sur le côté des victimes. Peut-être une façon de mettre en relief le débat qui fait rage?

Toujours est-il que j’ai bien aimé ce roman d’anticipation. L’effet est immédiat. En plus de nous divertir, il nous fait cogiter et c’est donc avec le cerveau en effervescence que je referme ce tome.

2 commentaires sur « Série Guilty, tome 1: L’affaire Diego Abrio – Jean-Christophe Tixier »

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