The sky is mine – Amy Beashel

Synopsis (Traduction par moi):

Izzy se sent invisible. Piégée sous le poids des attentes et censurée par la honte.
Sa mère Steph et sa meilleure amie Grace ont toujours été là pour l’aider. Mais avec une qui est sous le contrôle de son beau-père et l’autre qui est heureuse en amour, Izzy est en train de s’écrouler.
Alors que les menaces pour sa sécurité grandissent, Izzy veut crier mais avant ça, elle doit trouver sa voix. Et si le ciel est la limite alors le ciel est à elle.

Mon avis:

Ce livre n’est pas pour toutes les âmes. Il contient des scènes de violence domestique et de viol. Mais ce livre devrait être lu par toutes les jeunes filles.

Izzy pourrait être n’importe quelle fille. Elle avait une vie normale jusqu’à ce que les choses dérapent. Mais ces choses n’ont pas dérapé du jour au lendemain. Cela s’est fait insidieusement. Ca a commencé par des petits gestes, des paroles qui sont devenus progressivement son quotidien et même quand l’irréparable se produit, elle ne réagit même plus.

Autant vous dire, en étant dans la peau d’Izzy, je me suis sentie impuissante. Je voulais qu’elle s’exprime. Je voulais qu’elle hurle son refus. J’ai été frustrée par son silence. Par sa manière d’accepter les choses car elle n’envisageait pas qu’il existe une solution autre que ce qu’elle croyait.

Quand on lit ma critique, on a l’impression que c’est trop, n’est-ce pas? Trop d’informations intenses alors qu’on entre à peine dans le vif du sujet.

Pourtant, c’est exactement ce qu’il se produit avec ce roman. Dès les premiers chapitres, on est plongé dans une vie qui nous étouffe. Une vie oppressante. Izzy crie à l’aide mais personne ne l’entend ou veut l’entendre. Elle est emmurée de force dans un silence qu’elle n’a pas choisi. La seule consolation qu’elle a, c’est son imagination. A l’aide de son esprit, elle s’évade de ce qu’elle subit. Dans ces moments-là, les scènes ont quelque chose d’onirique. Elles ont l’air irréel, retouchées par une perfection inatteignable. Pourtant, ce sont des vrais souvenirs. Izzy n’oublie par leur contexte. Il y a toujours eu un petit truc qui les gâche mais elles sont teintées par une affection, l’affection de l’innocence, de l’enfance.

En étant extérieur au récit, notre côté observateur de l’action, notre côté lecteur crie de désespoir, voudrait la secouer pour qu’elle parle, pour qu’elle arrête de tout garder pour elle. On voudrait qu’elle demande de l’aide plus énergiquement, plus explicitement. Qu’elle ose poser les mots sur ce qu’elle vit. Mais de l’autre côté, quand on réalise que son quotidien l’a menée à son insu vers le présent, qu’elle n’a pas les bonnes armes ou les bons alliés pour enfin dire non, on ne peut que ronger son frein et attendre. Ce récit ne se concentre pas sur l’acte qui est de se rebeller. Il se concentre sur tout le cheminement vers celui-ci.

I’d scream. That kind of wide-mouth-horror-movie scream that shatters windows. Like it’d do any good. Cos even when I do make noise, like say sorry literally five times over, no one hears it. Not even Grace. So honestly, there’s no point in my words and no point in my screaming at all.

En parallèle, ce récit est également celui de la lutte de Stéph, la mère d’Izzy. Mère et fille ont des démons à battre. Elles ne réalisent pas que leur combat se rejoint. Que leur bonheur dépend l’une de l’autre. Stéph est plus avancée qu’Izzy dans son cheminement mais elle illustre ce qui se passe après la décision de refus. Elle montre que les difficultés sont toujours présentes et qu’il ne faut jamais croire que le plus dur est passé. En fait, le plus compliqué est de persévérer, de ne pas succomber à la tentation de croire que les choses vont changer, que l’autre va changer. Il est bien plus difficile de se reconstruire.

It feels so good to finally scream it. To burn.

Le combat de ces deux femmes suscite notre empathie car elles se battent contre une violence aujourd’hui ordinaire. Même après avoir ouvert les yeux, même après avoir dit non, on sait que rien n’est joué. Il subsistera toujours des problèmes. Il y aura toujours quelqu’un pour dire « Mais? Mais, pourtant, on ne dirait pas qu’il est comme ça! » Une part de nous est frustrée parce qu’on est indigné que la charge de la preuve se retrouve à peser sur la victime.

Mais le récit ne se concentre pas dessus. Il choisit d’être optimiste. De nous montrer que le fait de ne plus accepter les choses et de simplement s’y opposer est déjà un énorme pas en soi. Il nous montre que la suite, même si elle est dure, est une lutte à mener avec un entourage compréhensif. Que finalement, le plus dur, c’est vraiment cette progression intellectuelle qui doit se faire dans l’esprit des victimes.

The sky is mine est une invitation à réfléchir. C’est un hommage rendu à toutes ces femmes qui ont pris ou prendront la parole un jour pour refuser une violence. C’est une invitation à se manifester et à signaler lorsque vous êtes témoin d’un acte innommable. C’est une sensibilisation à mettre entre toutes les mains.

2 commentaires sur « The sky is mine – Amy Beashel »

  1. En effet, un roman qu’il faudrait faire connaître. Bon, tu vas t’en douter comme on en a déjà parlé, je ne le lirais pas 😉 Mais je trouve encore une fois super de voir ce genre de roman sortir. On sent qu’il t’a marqué et fait ressentir de vives émotions (déjà pas facile à faire pour un auteur). C’est encore malheureusement un sujet taboo, et je pense que la littérature peut faire réfléchir voire éveiller des consciences. Une amie a lu ce genre de roman (pas sur un sujet aussi dramatique) et elle m’a dit qu’elle s’était reconnue, en avait pleuré et avait enfin mis le doigt sur quelque chose qui n’allait pas et sur lequel elle n’arrivait pas mettre des mots. Oulala, un sacré pavé que je t’écris… XD Tout ça pour dire que même si je ne lis pas ce genre de roman, j’approuve totalement leur existence.

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