Dévisagée – Erin Stewart

Synopsis:

Tout le monde a des cicatrices, certaines sont juste plus visibles que d’autres.
Ava a tout perdu dans l’incendie qui a ravagé sa maison. Ses parents. Sa meilleure amie. Même son visage. Elle n’a pas besoin d’un miroir pour savoir à quoi elle ressemble: la violence du regard des autres suffit. De retour au Lycée, Ava ne pensait pas tenir plus d’une semaine. Jusqu’à ce qu’elle rencontre la piquante Piper, qui porte comme elle des cicatrices, et Asad, technicien du groupe théâtre -qui partagent sa force de caractère et son humour à toute épreuve.
La résilience d’une jeune survivante solaire et sarcastique.
Un roman coup de poing, qui emmène au plus près de l’émotion.

Mon avis:

Dès que j’ai lu les premières lignes du roman, j’ai été prise aux tripes. Il n’en a pas fallu plus pour savoir que je tenais une pépite entre mes mains.

Nous faisons la connaissance d’Ava. A tout juste seize ans, elle a vécu le pire. Ses parents et sa cousine sont morts et elle a été gravement brûlée au point qu’il ne reste pas une partie de son corps qui soit indemne. C’est une survivante mais le prix a été terrible si bien qu’elle vit avec un mal-être permanent et regrette quelquefois d’avoir survécu car elle sait que sa vie est bouleversée à tout jamais.

Elevée par sa tante et son oncle, les parents même de la cousine qui a péri, elle doit faire face à une nouvelle épreuve mais pas des moindres: retourner au lycée. Quand vous êtes défiguré et que vous connaissez la dure réalité lycéenne, vous savez que ce ne sera clairement pas une partie de plaisir. Vous allez être jugé. On va parler de vous dans votre dos. Se moquer de vous. Vous ne passerez pas inaperçu. Vous serez l’objet de toutes les attentions. Alors, en sachant tout cela, j’ai complètement compati pour Ava et je comprenais totalement ses réactions.

Elle a choisi de se cacher derrière l’humour sarcastique lorsqu’elle ne peut pas arborer son casque et même si quelquefois, ses piques sont lourdes, je ne peux pas lui en vouloir. Au contraire. Je la trouve forte et courageuse. Même si elle a tendance à s’apitoyer sur elle-même, je la comprends. Elle a tout perdu. Elle est habitée par le chagrin. Par une souffrance que rien ne peut soulager. La vie ne peut pas s’éclaircir tout à coup mais pas à pas.

Pour cela, sa rencontre avec Asad et Piper vont l’aider à avancer.

Asad est un nerd féru de comédies musicales anciennes. Il a grandi avec Piper, elle aussi survivante d’un accident et tous deux sont les premiers à parler à Ava comme si elle était normale, à faire fi de ses cicatrices, à la voir vraiment.

Au-delà d’un roman sur les apparences et sur l’importance de s’accepter comme on est, Dévisagée est surtout un récit qui nous montre la réciprocité de l’entraide. La personne qui reçoit de l’aide n’est pas forcément la seule à en recevoir.

Cora et Glenn illustrent parfaitement cela. Ils ont perdu leur fille. Ava est recueillie par eux parce qu’elle n’a plus ses parents mais Cora et Glenn ont également perdu leur famille. Quand la parole leur est donnée et qu’on prend le temps de réfléchir à leur situation, on réalise à quel point la présence d’Ava leur a été salvatrice. Cette famille recomposée m’émeut. My heart is full, comme diraient les Anglophones.

Le message que fait passer ce roman est une belle leçon de vie. On est tous relié les uns aux autres et même si quelquefois, on croit être seul, il faut savoir prendre du recul et regarder la situation sous un autre angle pour réaliser que non. Il y a toujours quelqu’un pour nous épauler, pour peu qu’on sache le voir.

Dévisagée est donc un roman très fort qui traite avec pudeur le thème de l’apparence pour nous rappeler l’essentiel (petit clin d’oeil au Petit Prince). A mettre entre toutes les mains.

9 commentaires sur « Dévisagée – Erin Stewart »

  1. Je ne sais pas si je le lirai. Il a l’air vraiment top, et le sujet super bien traité, mais j’ai toujours une appréhension avec ces romans très émotionnels, vis-à-vis de ce qu’ils m’apportent question émotions. Je sais pas si je suis claire… XD En tout cas, c’est chouette de voir ces histoires en litté, qui donnent un bon message et qui font réfléchir.

      1. Disons que je n’aime pas forcément ressentir des émotions trop oppressantes quand je lis. Je suis un peu comme une éponge côté émotions et je n’aime pas vraiment me sentir mal suite à une lecture. Même si je me doute que ce roman finit « bien » 🙂

          1. C’est compliqué parce qu’on ne sait jamais à quoi s’attendre, mais oui, c’est le genre de lecture vers lequel je ne me tourne pas réellement.

          2. Du coup, j’ai regardé sur ton blog les genres vers lesquels tu sembles te tourner. Effectivement, je comprends que tu ne lis pas de YA contemporain 🙂 Très jolie ta bannière d’ailleurs. Je suis fan. C’est toi qui l’as faite?

          3. Non, très peu en effet 🙂 En règle générale, j’aime quand il y a du surnaturel. Et merci. Oui, je suis webdesigner, donc le blog est entièrement fait par mes petites mains 🙂

Laisser une empreinte

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.