La courte histoire de la fille d’à côté – Jared Reck

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Synopsis:

Si on était dans un film, Matt dirait à Tabby qu’il est fou d’elle. Alors, elle se jeterait dans ses bras -sous une pluie battante, évidemment. Mais on n’est pas dans un film : Matt et Taby sont voisins, il est son meilleur ami, et elle est amoureuse de Liam. Cynique, romantique, sur le terrain de basket, pendant les cours, Matt repense à leurs moments partagés et serait prêt à tout pour la garder. Mais un événement tragique vient tout bouleverser…

Mon avis:

Je remercie les Editions Gallimard Jeunesse/On lit plus fort pour leur confiance.

La couverture ne me tentait pas des masses, je l’avoue mais en lisant le résumé, j’ai été intriguée. Et puis, en continuant et en lisant le blurb, j’ai été interloquée car il spoile carrément le gros élément du récit. A la lumière de celui-ci, j’ai su qu’il fallait que je lise ce roman sans plus attendre.

C’est ainsi que j’ai fait la connaissance de Matt et de Tabby. Tous deux se connaissent depuis leur plus tendre enfance et sont meilleurs amis. Lui est un passionné de basket et elle, c’est la fille un peu timide sur laquelle les regards se portent alors qu’elle s’apprête à enter au lycée.

D’habitude, j’apprécie d’être dans la tête des héros masculins car j’ai l’impression qu’ils ont moins cette tendance à se prendre le chou qu’ont les femmes. C’était sans compter sur Matt qui est plutôt mal dans sa peau. Malgré le fait qu’il soit un sportif, il cogite un peu trop et cela le paralyse dans ses interactions avec les autres. Je pense qu’objectivement, si je ne savais pas ce qu’il pense, je le trouverais incompréhensible et manquant de sentiments. Il est brusque avec les personnes qui l’entourent, il ne pense pas forcément à se soucier de ce qu’ils ressentent et du coup, il s’isole.

Une fois qu’on est dans son esprit, c’est clair qu’il est plein de colère mal dirigée et qu’il a des soucis pour exprimer ce qu’il veut. Là-dessus, ça a aidé pour comprendre son comportement. Et puis, Matt reste un gamin de quinze ans et à ce titre, je ne comprends pas forcément tous les rouages qui s’agitent dans son cerveau.

Tu n’es pas le seul à avoir du chagrin. C’est comme si tout le monde devait compatir à ta douleur, et je sais qu’elle est réelle, sous prétexte que c’est toi qui souffres le plus. Que ta douleur serait pire que celle des autres. Si terrible que personne ne peut la comprendre. Et comment pourraient-ils, Matthew? Ils n’ont pas vécu ta vie. Ils ne sont pas la star de ton film. Et pendant que tu balances ta haine à la face du monde en te sentant incompris dans ton chagrin, figure-toi qu’ils souffrent, eux aussi.

Tabby m’a paru lointaine. En fait, si je devais la décrire, je ne pourrais que parler de ses actions qui parlent pour elle car elle n’a pas beaucoup de répliques.
C’est une très bonne amie. Même quand elle tombe amoureuse, elle n’oublie pas Matt ni sa famille d’adoption. Elle a toujours du temps à leur consacrer même si Matt est blessé par son amour à sens unique. Elle en a dans la tête et elle n’hésite pas à remettre Matt à sa place lorsqu’il agit mal. Je l’aime franchement beaucoup.

Bien sûr, c’est super de croquer la vie à pleines dents et tout le bazar. Mais je crois que ce qui compte le plus, c’est d’apprécier tous ces petits cadeaux que la vie nous réserve. Offrir une nouvelle boîte de Nerds à sa meilleure copine et s’apercevoir que c’est ça, un moment parfait. Que n’importe quel moment peut l’être.

Le roman se coupe en deux parties. Quand vous connaissez le twist du roman, vous vous doutez de quoi je parle.

Dans la première, on fait connaissance avec les personnages. On entre dans leur quotidien, on le partage. Quelque part, ce sont des tranches de vie que nous avons le privilège de vivre. Des instants parfaits comme les appellent ainsi Matt. Simples mais qu’on ne changerait pour rien au monde car dénués de tout sentiment négatif. Des instants capturés sur polaroïd qui, sortis de leur contexte, ne signifient rien mais qui, pour celui qui les détient, veulent tout dire.

Et puis, le truc arrive, bouleversant tout sur son passage.

A partir de là, Matt est complètement submergé par la colère. On l’aime et on le déteste à la fois. Il est exécrable avec tous mais on le comprend si bien. On a mal avec et pour lui car il est complètement démuni, incapable de faire face à ce qu’il ressent. Il est enfermé dans sa bulle. Il n’y a plus rien qui ne parvient à le toucher et c’est comme si on était à sa place parce qu’on partage son état d’hébétude.

C’est pour ça qu’en approchant de la fin du roman, tout doucement, j’ai senti mon coeur se serrer. J’avais du mal à déglutir. A respirer. Et tout à coup, en même temps que Matt, viennent enfin les larmes qu’on ignorait retenir jusque là.

C’est beau, c’est triste, c’est tragique. C’est doux-amer.

Au final, dire que j’ai été happée par ce roman est un euphémisme. Dire qu’il m’a touchée l’est également.
Mais c’est un coup de coeur. Une leçon de vie. Un rappel que chaque instant est précieux.

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5 réflexions sur “La courte histoire de la fille d’à côté – Jared Reck

  1. La couverture m’a intrigué à la librairie et finalement je ne l’ai pas pris. Je crois comprendre le twist dont tu parles et du coup, je ne sais pas si je vais le lire …

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