Leah on the offbeat (Leah à contretemps) – Becky Albertalli

Couverture

Synopsis:

Quand il s’agit de jouer de la batterie, Leah Burke maîtrise le tempo. Mais la vie réelle n’est pas toujours si bien rythmée. Fille unique d’une jeune mère célibataire, Leah n’a pas les mêmes privilèges que les gens qui l’entourent.
Elle est passionnée de dessin, mais trop complexée pour le montrer. Seule sa mère sait qu’elle est bisexuelle : elle n’a pas trouvé le courage de le dire à ses amis – pas même à son meilleur pote Simon, qui est pourtant « sorti du placard » comme on dit ! Avec la fin du lycée qui approche, le groupe d’amis qu’elle croyait à toute épreuve commence à se diviser.
Les tensions montent. Le cœur de Leah ne bat plus en mesure quand les personnes qu’elle aime se disputent. Surtout lorsqu’elle se rend compte que ses sentiments pour l’une d’entre elles vont au-delà de l’amitié.

Mon avis:

Ma lecture de Simon vs the homo sapiens agenda remonte à plusieurs années maintenant et même si je ne me rappelle plus de tout, le sentiment d’amour qu’il m’a laissé est tel que dès que je vois un roman de Becky Albertalli sortir, je me rue dessus en espérant que je l’aimerais autant que le premier.

C’est exactement ce qu’il s’est passé avec ce titre d’autant plus qu’il se déroule dans l’entourage de Simon que je retrouve donc avec un plaisir évident.

L’histoire nous est contée par Leah. Si vous ne vous rappelez pas d’elle, c’est la meilleure amie de Simon et de Nick. Elle excelle en dessin et en musique mais elle est trop complexée pour révéler son talent aux autres. Elle est attirée par les filles comme par les mecs mais contrairement à Simon, elle ne l’a pas encore dévoilé.

Au moment où l’intrigue démarre, le bal de promo va avoir lieu et elle ressent une espèce d’effervescence autour d’elle. Sans vouloir se l’admettre, elle sent qu’une époque est sur le point de se terminer et qu’elle ne verra plus ses amis de la même manière que maintenant. Mais ce qui la bouleverse le plus, c’est une personne. Une personne qui l’attire et cela lui fait peur.

Faisons une pause dans cette chronique.

Il y a quelques temps, à l’occasion de ma lecture d’ Autoboyography de Christina Lauren, je vous disais comme il est agréable de lire un récit initiatique depuis la tête de quelqu’un proche de la personne qui le vit. Je ne peux pas m’empêcher d’établir un parallèle car ici, en l’occurrence, même si le résumé laisse croire le contraire, Leah est la personne qui va grandir et s’accepter comme elle est. Leah est celle qui accomplit le plus de chemin car alors qu’elle ne cache rien à sa mère, elle n’ose pas se dévoiler auprès de ses meilleurs amis.

Ainsi, c’est un regard complètement inédit qui s’offre à nous.

J’ai vécu l’acceptation de Leah envers elle-même de l’intérieur. Je ne comprenais pas ses doutes mais en étant dans sa peau, je les ressentais malgré tout. Je voulais qu’elle s’affirme mais dans le même temps, j’étais comme elle, paralysée par ces mots qui peinent tant à se faire entendre. Je ne pouvais pas être agacée par ses frayeurs, je ne pouvais pas lui en vouloir du tout. Ce que vit Leah est unique mais en même temps universel. C’est comme se mettre à nu. Leah a la chance de savoir qu’elle peut compter sur ses proches mais elle a toujours ce petit doute lancinant. Comment pourrait-on la blâmer?

Sans vivre ce qu’elle vit, je me suis reconnue dans son manque de confiance en elle. J’aurais voulu être une artiste accomplie, en avoir le talent. Mais même quand on l’a, il est difficile de s’exposer pour autant. Souvent, je rêve de devenir une écrivaine reconnue. Dans le même temps, je n’imagine pas être lue par des milliers de personnes car cela représente des milliers de critiques pouvant me blesser.

Ce roman est un apprentissage dans plusieurs domaines. Ca parle de sexualité mais c’est aussi le fait d’oser se mettre à nu sans filet de sécurité. Leah on the offbeat est une belle leçon de courage. Quand enfin Leah se décide à agir pour son bonheur, c’est émouvant. C’est beau. Plein d’adrénaline.

C’est donc avec le coeur qui bat la chamade et un sourire ému que je referme ce roman.

L’auteure m’a fait passer un excellent moment de lecture. J’ai ressenti toutes les phases par lesquelles passe Leah avec une acuité extraordinaire. J’en retiens une belle leçon, une rage de vivre et d’être heureux. Pas un coup de coeur – Simon reste indétrônable – mais presque.

De la même auteure, retrouvez mon avis sur :
Simon vs the homo sapiens agenda qui est un coup de coeur pour la  vie.
The upside of Unrequited.

Dans le même registre, vous pouvez lire mon avis sur Autoboyography de Christina Lauren.

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