[BD] Le chant des stryges, tome 1 à 16

couverture

Synopsis :

Depuis la nuit des temps, dans chaque civilisation, les hommes rapportent d’étranges rencontres avec des créatures diaboliques. Tantôt griffons, tantôt vampires, les Stryges ont traversé les siècles parmi nous.
Esprits nocturnes et malfaisants, femmes au corps d’oiseau, elles peuvent prendre forme humaine pour séduire les mortels et épuiser leur vitalité jusqu’à la mort. Divinités désincarnées, cruelles et sanguinaires, elles errent la nuit pour sucer le sang et dévorer la chair des nouveaux nés endormis.
Par extension, au cours des siècles, le terme Stryge s’est étendu à tout ce que l’homme craint : diable, sirènes, vampires… jusqu’aux extraterrestres.

Mon avis:

Je me suis lancée dans cette saga sans savoir de quoi elle parlait car Chéri jurait qu’elle pouvait me plaire et parce qu’il l’a relue plusieurs fois déjà. C’est donc après avoir fini ces seize tomes que je lui en veux un peu car il a omis de me dire que cette saga n’est pas encore finie.

Bref.

Au commencement, nous faisons la rencontre de Nivek et de Debra. Ce sont les deux héros principaux de l’histoire.

Nivek est un ancien agent des services secrets tandis que Debra est une « nettoyeuse » et par la force des choses, ils se retrouvent mêlés à une sorte de conspiration.

Jusque-là, rien de nouveau sous le soleil. L’intrigue semble classique.

Insidieusement, les Stryges vont avoir un impact sur l’histoire. C’est là que la mythologie des auteurs commence à s’installer et heureusement car durant les deux ou trois premiers tomes, j’avoue que je me suis ennuyée. Je ne voyais pas où l’action m’emmenait et donc, ma lecture a traîné en longueur. Je crois bien avoir passé un mois entier sur le premier tome uniquement, c’est dire.

Avec le recul, je réalise que c’était pour mieux installer l’action et les personnages, leur caractère mais cela m’a demandé un travail de patience que j’ai désespéré d’avoir.

L’action a eu l’air de démarrer plusieurs fois avant de retomber mais quand enfin, elle l’a vraiment fait, j’ai été embarquée. L’intrigue est rondement bien ficelée. Je ne m’attendais pas à ce que l’intrigue se passe sur des dizaines d’années mais je n’ai pas été tant dérangée par les ellipses de temps. Justement, cela a permis de mieux asseoir l’action.

J’ai levé les yeux au ciel plusieurs fois devant la malchance de Nivek, le trouvant même naïf par moments et me demandant s’il ne faisait pas exprès d’être aussi c** mais tant pis, le mal était fait, j’étais accro.

Il ne faut pas trop s’attacher aux personnages car ils ont tendance à tomber comme des mouches mais le peu de temps qu’ils sont là, on les apprécie beaucoup. C’est ce qui rend difficile le fait qu’ils partent et on doit être bien maso car malgré tout, on continue à suivre cette intrigue qui va loin, très loin.

J’ai beaucoup apprécié la mythologie mise en place par Corbeyran. J’aurais bien voulu qu’elle soit un peu plus développée dans ces tomes mais les séries parallèles me semblent prometteuses aussi. Je pense en particulier à la série le Maître du jeu et le Clan des Chimères

Graphiquement, j’ai trouvé le coup de crayon agréable et j’ai adoré certaines couvertures rien que pour leur colorisation.

Pour moi, la fin du tome 16 pourrait constituer une fin à la série malgré quelques questions en suspens mais il me tarde de connaître la vraie conclusion du Chant des Stryges.

Epiée – Michael Robotham

couverture

Synopsis:

Marnie Logan a souvent la sensation d’être épiée. Comme une sensation diffuse : un souffle sur sa nuque, une ombre au coin de l’œil, et voilà que son existence se fige.
Son mari Daniel a disparu depuis plus d’un an. Toujours déprimée et désespérée, elle décide de demander l’aide du psychologue Joe O’Loughlin.Alors que Joe s’interroge sur la répugnance de Marnie à évoquer son passé, celle-ci découvre un livre rempli de photos et de témoignages d’anciens amis, collègues et professeurs, que Daniel lui préparait pour son anniversaire. Ce cadeau était censé célébrer sa vie, mais il raconte une toute autre histoire…

Mon avis:

Je remercie les éditions J.C. Lattès pour leur confiance.

L’histoire est particulière car alors que nous voyons Marnie se débattre avec ses ennuis, de temps en temps, nous avons des incursions dans le point de vue de son stalker.

Le mari de Marnie, Daniel, a disparu il y a maintenant plus d’un an, la laissant avec des dettes de jeu et deux enfants à élever. Elle doit maintenant faire face à un bookmaker qui la prostitue alors que la somme qu’elle doit rembourser augmente toujours inexorablement. Ajoutez à cela que pour une raison obscure, elle doit consulter un psychologue et nous obtenons une Marnie fragilisée par la vie autour de qui les évènements sont étranges.

C’est alors qu’en enquêtant sur les derniers faits connus de Daniel, un détective privé à la retraite découvre des faits bizarres concernant Marnie, faisant peu à peu apparaître un nouveau portrait, complètement à l’opposé de ce que nous voyons.

En parallèle, depuis qu’elle est toute petite, Marnie est observée par quelqu’un. Seulement, ces observations ne s’arrêtent pas là. Loin de se contenter de voler par-ci, par là, des effets personnels de Marnie, celui-ci est plutôt intrusif.
Ponctuellement, il intervient dans sa vie à son insu afin de réparer les torts qui ont été causés à Marnie. Il se venge pour elle.

En lisant ces fils ensemble, un phénomène se créé.

En sachant ces choses inconnues de toutes les parties en cause, en voyant l’étau se resserrer autour de Marnie, on suffoque pour elle. On ressent une injustice à son égard. En fait, l’auteur nous implique dans l’action d’une manière que je n’imaginais pas. L’omniscience du récit nous rend paradoxalement impuissant. C’est incroyable.

Cependant, il ne s’arrête pas là. On est pris dans une enquête dont l’issue nous échappe. On se demande où Michael Robotham veut nous emmener, quel est le but de ce qu’il nous dévoile. On est captif dans un enchevêtrement de faits qui concourent tous, indépendamment de la volonté de leurs auteurs, à enfoncer toujours plus Marnie. Notre empathie est rudement mise à l’épreuve.

Concernant les personnages, j’ai regretté qu’ils soient dépeints de manière caricaturale. Entre le jeune détective zélé qui saute aux mauvaises conclusions et la victime innocente incapable de se défendre toute seule, ces clichés m’ont quelque peu agacée, gênant ma lecture.

Heureusement, l’intrigue tient en haleine et nous entraîne toujours plus dans son sillage malgré ces bémols. De rebondissements en rebondissements, nous passons notre temps à sauter d’une théorie à l’autre. Il est impossible de prédire ce que la suite des évènements sera car à chaque fois qu’on croit savoir quelque chose, on assiste à des scènes qui nous font douter de tout. Alors, on engloutit les chapitres pour en avoir le coeur net le plus vite possible. Jusqu’à la grande révélation. On est bluffé. Il y a peut-être eu des indices pour nous mettre sur la voie mais pour ma part, je ne les ai pas vus. Je les ai passés tellement j’étais pressée et concentrée sur Marnie. C’est une très bonne surprise.

En conclusion, Epiée a tenu ses promesses; j’ai été captivée. Je me suis sentie oppressée, enfermée. J’ai été très grandement tentée de lire les dernières pages…. Bref, c’est tout ce que je recherche dans ce genre de romans! C’est une bonne découverte et je pense que je lirai avec plaisir les autres romans de Michael Robotham.