Jamais plus – Colleen Hoover

couverture

Synopsis (Sortie le 11 mai 2017):

Lily Blossom Bloom n’a pas eu une enfance très facile, entre un père violent et une mère qu’elle trouve soumise, mais elle a su s’en sortir dans la vie et est à l’aube de réaliser le rêve de sa vie : ouvrir, à Boston, une boutique de fleurs. Elle vient de rencontrer un neurochirurgien, Ryle, charmant, ambitieux, visiblement aussi attiré par elle qu’elle l’est par lui. Le chemin de Lily semble tout tracé. Elle hésite pourtant encore un peu : il n’est pas facile pour elle de se lancer dans une histoire sentimentale, avec des parents comme les siens et Atlas, ce jeune homme qu’elle avait rencontré adolescente, lui a laissé des souvenirs à la fois merveilleux et douloureux. Est-ce que le chemin de Lily est finalement aussi simple? Les choix les plus évidents sont-ils les meilleurs?

Mon avis:

Je remercie les Editions Hugo et Cie pour m’avoir permis de découvrir ce roman.

Comme tout le monde, j’ai énormément entendu parler de ce roman. Des critiques plus que positives, j’en ai vu passer des dizaines dessus. Et, suivant l’auteure, je savais que c’était un livre très personnel et que c’était sûrement celui qui lui avait demandé le plus de travail. Cependant, ne voulant pas être spoiliée, j’avais tout fait pour éviter de connaître le sujet du roman. C’est donc ainsi que j’ai ouvert Jamais plus, sans aucun a priori.

Dès les premières pages, j’ai su que je n’en ressortirai pas indemne. Nous assistons à la rencontre de Lily et de Ryle et tout de suite, le courant passe. C’est le début d’une histoire d’amour.

Détrompez-vous, Jamais plus n’est pas une romance. J’ai plutôt envie de décrire cette histoire comme une quête, un chemin initiatique qui va vous happer le coeur et les tripes jusqu’à la fin.

En parallèle de l’amour naissant entre Lily et Ryle, l’auteure nous fait découvrir la jeunesse de Lily alors qu’elle grandissait avec un père violent et une mère qui se laissait faire. De cela, Lily s’est toujours promis qu’elle ne serait jamais faible comme sa mère. En outre, c’est aussi l’époque où elle a rencontré son premier amour, Atlas qui a gardé une place très spéciale pour elle.

Je dois dire que lire ces deux intrigues où Lily tombe amoureuse de deux hommes différents m’a rendu confuse si bien que j’ai été lire la dernière page. Je voulais avoir une idée d’où Colleen Hoover m’emmenait. Je ne comprenais pas ce procédé. En fait, j’ai réalisé plus tard que le passé et le présent de Lily avaient tout à voir ensemble. Les deux sont intrinsèquement liés. Ce n’est pas un triangle amoureux, je vous rassure. Toute l’action tourne autour de Lily mais différemment de ce que vous pouvez croire.

Car la fin de la première partie laisse présager un nouveau tournant. Celui qui va forcément vous faire réagir, peu importe dans quel sens. Vous ne pourrez pas y rester indifféremment.

Il n’est pas possible de chroniquer Jamais plus sans vous parler de son thème principal qui est la violence conjugale.

Ce n’est pas parce que quelqu’un vous blesse que vous cessez de l’aimer. Ce ne sont pas ses actes qui vous font le plus souffrir. Mais l’amour. S’il n’y avait aucun amour relié à ses actes, la douleur serait un peu plus facile à supporter.

Là où Colleen Hoover me surprend et suscite encore plus mon admiration, c’est qu’elle n’a pas voulu juger l’homme violent. Elle n’a pas voulu se concentrer sur ses raisons ou son contexte. Car comme elle le fait dire par Lily, rien que le fait de lever la main sur l’autre est inexcusable.

Ca n’existe pas les gens négatifs. On est tous des gens qui commettent parfois des actes négatifs.

L’auteure a voulu nous faire comprendre ce qu’il se passait dans la tête de la fille à ce moment-là. Elle nous décrit son cheminement intellectuel et psychologique et ce, avec brio. Objectivement, quand on entend parler de personnes qui se font battre mais qui restent, notre première réaction est l’incompréhension. On s’exclame aussitôt: « Mais pourquoi il ou elle reste? Qu’est-ce qu’il ou elle attend pour se barrer? »

Colleen Hoover, elle, nous montre alors en quoi l’amour est à double tranchant. C’est le combat de la raison contre le coeur qui s’opère. Un combat dont on n’a pas conscience quand nous sommes extérieurs à la situation mais qui fait rage. Un combat où nous pouvons aider tout simplement par une toute petite chose: montrer que la vie continue sans l’être qui constitue tout le monde de l’autre. Car ça ne sert à rien de répéter à la personne quelque chose qu’elle sait déjà. Il faut surtout lui faire savoir à côté de quoi elle passe en restant dans son engrenage.

A la fin de cette lecture, j’ai donc la gorge nouée. J’ai largement pleuré dans le dernier chapitre parce que j’ai été heureuse pour Lily, soulagée pour elle mais en même temps, j’avais le coeur brisé pour elle et son mari. Et ça, c’est la réussite de l’auteure. Parce que malgré tout ce qu’il a fait, je l’aime toujours bien ce mari violent. Mais je ne veux plus que Lily s’en approche. J’ai l’impression d’être un peu schizophrénique à ressentir toutes ces émotions mais je pense que ce mérite revient à Colleen Hoover.

Jamais plus est certainement le livre le plus intense que j’ai lu. Il trouve un écho particulier en moi car il pourrait être l’histoire de ma mère. Et, à la lumière de ce roman et de la note de l’auteure, je suis comme elle et je regarde ma mère avec une nouvelle admiration.

hugo

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