Trilogie Martyrs, tome 1 – Olivier Peru

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Synopsis:

Irmine et Helbrand, deux frères assassins descendant d’un ancien peuple guerrier, vivent dans les ombres de la plus grande cité du royaume de Palerkan. Alors qu’ils se croient à l’abri des persécutions dont ont souffert leurs ancêtres, leur passé sanglant les rattrape, sous les traits d’un borgne qui semble nourrir pour eux de sombres projets. Et tandis que la guerre menace d’embraser le monde, que les puissants tissent de noires alliances, ils vont devoir choisir un camp. Leur martyre ne fait que commencer…

Mon avis:

Cela fait longtemps que j’entendais parler de ces livres mais ne lisant plus de fantay depuis un moment, je n’osais pas me lancer dedans. Jusqu’à ce qu’une copine (Mypianocanta, pour ne pas la citer) en parle si bien dans son suivi et sa chronique ici que j’ai décidé de franchir le pas.

J’entre donc dans un monde que j’identifie comme médiéval avec des touches de fantastique car il fait intervenir, en plus des fantômes, des éléments de mythologie nordique. En effet, quand je lis Arsekers, dans ma tête, je fais le rapprochement avec les Berserkers et, va savoir pourquoi, avec les Vikings.

Nous faisons la rencontre de deux frères devenus orphelins trop tôt pour leur âge qui descendent d’une longue lignée légendaire. Guerriers féroces, ces assassins parcourent le monde comme mercenaires jusqu’à ce qu’un jour, Irmine tombe nez à nez avec un fantôme assez spécial. A partir de là, ils entament une quête qui les mène jusque dans une cité, au coeur d’une tempête qui commence à peine à se déchaîner.

Car une guerre s’apprête à éclater, opposant le roi aux indépendantistes.

Quand je parle de roi et d’indépendantistes, on pourrait croire qu’il est facile de choisir son camp. En réalité, la psychologie de tous les personnages est tellement bien travaillée. On apprend tellement bien à les connaître qu’il est difficile de faire son choix. En effet, les personnalités décrites suscitent notre sympathie mais leurs actes nous révulsent. Le roi est considéré comme cruel par ses sujets. Les indépendantistes n’hésitent pas à trahir et tuer inutilement… Pourtant, au fond d’eux, ils veulent juste vivre tranquillement.

Ce paradoxe se retrouve également chez Irmine et Helbrand. Ce sont des mercenaires. Ils sont rompus à la violence. Or, lorsqu’on assiste à leurs scènes, on ne voit que deux frères pour qui l’autre compte plus que tout. On oublie ce qu’ils sont capables de faire car notre empathie travaille de plein pot.

Oliver Peru ne fait pas que décrire des personnages très bien construits. Il en est de même pour l’intrigue. Il nous fait vivre des jeux de pouvoir vertigineux. Il met en place un monde complexe où on a du mal à s’y retrouver mais parce que les personnages restent humains avant tout, il rend son intrigue universelle. Je suis rentrée dedans sans problème. Il m’était même difficile de quitter le livre car j’étais complètement happée.

Au milieu des personnages masculins, Akinessa et Kassis sont les seules femmes notables de l’intrigue.

Elles n’ont pas de talent guerrier ou quoi ce que ce soit dans le genre. Ce sont des femmes de cour mais leur caractère m’a beaucoup plu. Je trouve qu’elles sont très prometteuses pour la suite. Je suis curieuse de savoir ce que l’auteur leur réserve car je sens qu’elles démontrent un fort potentiel, l’une comme l’autre. Je sens qu’elles vont aller loin.

Par ailleurs, les femmes mentionnées qui sont décédées ont néanmoins un énorme impact sur ce qui poussent les hommes à agir. J’apprécie ce trait car quelque part, cela démontre l’importance des femmes dans l’histoire, de manière générale. On dit toujours que derrière un homme de pouvoir, il y a toujours une femme et jamais, ce dicton n’a été plus vrai qu’avec Martyrs.

L’action est principalement constituée de manigances. N’oublions pas que la plupart des héros sont des nobles. Cependant, elle laisse également part aux batailles et autres scènes d’actions. Des ellipses de temps se font naturellement tant et si bien qu’on vit l’histoire comme on vit un film. Aucun répit ne nous est accordé.

Je ne me ferai pas posséder par des gueux et des chefs de clan avant d’être reconnu roi de ce monde par cette foutue ville, rugit Karmalys en montrant Kassis. Je dois encore me marier une fois, baiser cette femme et ensuite, plus rien ne m’arrêtera.
– Majesté, vous vous oubliez.

J’ai beaucoup ri devant les touches de l’auteur. Elles apportent une touche de légèreté et du baume au coeur, lorsque l’action est sombre. Comment ne pas rire franchement devant les jeux de mots nain-téressants? De même pour les valeurs véhiculées par certains personnages.

L’un des gros retournements de la fin, lié à Akinessa, est, je dois dire, génial. Quelque part, je l’avais vu venir mais de l’autre côté, je ne voulais pas y croire. Si bien que lorsque l’action s’est emballée, j’ai été scotchée. C’était comme assister au moment crucial d’un film. C’était addictif.

Enfin, j’ai été bluffée par l’identité du Borgne. Celle-là, je ne l’avais pas vue venir et c’était un coup de maître. J’ai adoré! Cela change carrément la donne en ce qui concerne l’intrigue. Ca lui confère une nouvelle dimension.

En conclusion, ce premier tome est une révélation pour moi. J’en ai adoré chaque moment. J’ai été complètement prise par le sort des personnages et il me tarde complètement de lire la suite.

Lu dans le cadre d’une LC avec Stelphique dont vous pouvez lire son avis plus tard

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[BD] Princesse Sara, tome 1: Pour une mine de diamants

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Synopsis :

Sara a toujours vécu aux Indes, lorsque son père l’envoie parfaire son éducation en Angleterre dans le pensionnat sélect de Miss Minchin. Immensément riche, grâce à une fortune bâtie sur les automates, Sara suscite rapidement amitiés et jalousies. Les haines s’attisent d’autant plus que Sara a pour elle toutes les qualités d’une princesse. Jusqu’au jour où son père décide d’investir sa fortune dans une mystérieuse mine de diamants…

Mon avis:

Quand j’étais plus jeune, je regardais le dessin animé du même nom sur TF1 puis plus tard, sur France 5. Combien d’heures j’ai passé, avec ma mère, à regarder Sara se débattre dans les méandres de ses malheurs, elle qui ne demandait qu’à être heureuse? Pour l’anecdote, c’est d’ailleurs cette même histoire qui a fait que ma mère a voulu me donner ce prénom. Elle adore Princesse Sara. Mais il a fallu qu’elle en parle à sa belle-soeur qui était enceinte dans le même temps et ma cousine est née avant moi.

J’ai donc pour Princesse Sara une affection particulière. Parlez-moi d’elle et je suis capable de vous chanter le générique dans son intégralité. C’est un peu pareil pour tous les dessins animés qui passaient dans le même créneau du Club Dorothée mais Princesse Sara, c’est toute une histoire.

Ainsi, lorsque j’ai ouvert cette BD, je savais complètement à quoi m’attendre au niveau de l’histoire. Je savais que c’était une adaptation et c’était tout.

En fait, j’ignorais que cette BD prenait quelques libertés avec l’histoire originelle. Ainsi, des éléments anachroniques sont ajoutés, comme par exemple, ce qui est lié aux automates et sortes de drones mais s’insèrent dans l’intrigue avec un naturel sans pareil. On les accepte d’autant plus facilement que finalement, ces détails ne dénaturent pas l’histoire mais la servent. Ils la rendent presque intemporelle même si j’ai d’abord été surprise par cette atmosphère steam-punk que je n’attendais pas.

Côté dessin, j’ai été charmée. J’adhère au coup de crayon de Nora Moretti qui donne une touche de manga et de magie à une histoire qu’on sait d’avance, triste. Chaque planche est un enchantement pour mes yeux. Je ne me lasse pas de les regarder, tout simplement.

Dans le même temps, le ton donné aux dialogues confère aux images une délicatesse qu’on savoure. C’est littéralement retrouver avec plaisir l’atmosphère du roman.

Paradoxalement, j’ai eu l’impression de dévorer chacune des pages de cette BD tout en tentant tant bien que mal d’y aller lentement. En effet, comme ce premier tome est une introduction, je savais que j’assistais aux derniers instants heureux de Sara avant un long moment alors je reculais l’instant où elle apprendrait la triste nouvelle liée à son père. Père que j’ai regretté de ne que très peu voir dans ce volume mais qui a su m’émouvoir avec ses tendres pensées pour sa fille. Ainsi, dès que je finissais une page, je faisais exprès de laisser du temps s’écouler avant d’en lire une nouvelle. Vous imaginez donc mon soulagement quand j’ai vu sur quoi se finit Pour une mine de diamants.

Fort heureusement, il ne faut que quatre tomes pour que Sara retrouve ses droits. Là où je suis très curieuse, c’est de lire la suite imaginée à partir du cinquième tome. D’ici là, je vais continuer d’admirer les dessins et la colorisation des autres numéros de Princesse Sara. Je suis subjuguée!