Les derniers jours de nos pères – Joël Dicker

couverture

Synopsis:

Londres, 1940. Soucieux de pallier l’anéantissement de l’armée britannique à Dunkerque, Winston Churchill a a une idée qui va changer le cours de la guerre: créer une branche particulière des services secrets: le Special Operations Executive (SOE). L’existence même du SOE a été longtemps tenue secrète. Soixante-dix ans après les faits, les Derniers Jours de nos pères est un des premiers romans à en évoquer la création et à revenir sur les véritables relations entre la Résistance et l’Angleterre de Churchill.

Mon avis:

Je me suis lancée dans cette lecture sans en avoir lu le résumé après avoir eu des énormes coups de coeur pour La vérité sur l’affaire Harry Quebert et Le livre des Baltimore. Le nom seul de l’auteur a suffi à ce que je me jette sur ce roman sans réserve.

Je dois l’avouer, j’ai mis du temps à rentrer dans l’histoire. Celle-ci nous est racontée par Paul-Emile dit Pal alors qu’il s’est engagé dans l’armée. Il a tout juste vint-deux ans, la vie devant lui mais il a choisi de se battre, de défendre les Hommes.

Le début du roman donne le ton immédiatement. Nous sommes en plein dans la guerre. La mort rôde et la souffrance l’accompagne. L’ambiance est lourde. Et puis un flashback nous emmène quelques temps en arrière et nous fait rencontrer les héros du roman. Ils sont nombreux: Pal, Gros, Stanislas, Claude, Laura… Nous les adoptons immédiatement. Ils ne répondent pas aux stéréotypes américains. Ils n’ont pas le complexe du héros. Ce sont des jeunes gens qui se sont retrouvés propulsés dans une guerre qui les dépasse. Ils ont peur. Ils éprouvent des doutes. Ils sont paumés et la combinaison de tout cela fait qu’on s’identifie à eux. Ces gens, ça aurait pu être nous.

Le rêve, ça maintient en vie n’importe qui. Ceux qui rêves ne meurent pas car ils ne désespèrent jamais. Rêver, c’est espérer.

Alors que la marque de fabrique de l’auteur est d’opérer des bonds entre présent et passé, ici, l’action est toujours racontée au présent, ce qui fait que j’ai été dépaysée car je ne comprenais pas où l’auteur voulait en venir. Malgré une action prenante, j’étais confuse.

Et puis, petit à petit, le déclic s’est fait.

Déclic aidé par des passages magnifiques qui frappent l’esprit.

Tu verras, le plus dur, c’est pas les Allemands, c’est pas l’Abwehr, c’est l’humanité. Parce que, si on ne devait craindre que les Allemands, ce serait facile. Les Allemands, on les repère de loinb […] les Allemands ont réveillé des démons, ils ont suscité les vocations de la haine. Et en France aussi, la haine est populaire, la haine de l’autre, avilissante, sombre, elle déborde chez tout le monde, chez nos voisins, chez nos amis, chez nos parents. Peut-être même chez nos parents. Nous devons nous méfier de tout le monde. Et ce sera ça le plus difficile: ces instants de désespoir où tu auras l’impression qu’il n’y a personne à sauver […] Et un jour, nous le paierons, nous le paierons car nous n’aurons pas eu le courage de nous élever, de crier contre les actes les plus abjects. […] Ca a toujours été comme ça et ça le restera: l’indifférence. La pire des maladies, pire que la peste et pire que les Allemands.[…] L’indifférence est la raison même pour laquelle nous ne pourrons jamais dormir tranquilles; parce qu’un jour, nous perdrons tout, non pas parce que nous sommes faibles et que nous avons été écrasés par plus fort que nous, mais parce que nous avons été lâches et que nous n’avons rien fait.

Joël Dicker nous fait encore une fois réfléchir et ce coup-ci, il nous emmène loin. Il nous fait penser sur l’Homme. Il nous montre cette facette de nous-mêmes que nous choisissons d’ignorer, cette facette dont nous ne sommes pas fiers et nous force à nous remettre réellement en question. Il nous montre la noirceur de l’Homme et en même temps, il nous en montre la lumière, ce qui fait qu’on n’est pas si pourri que ça.

Le courage, ce n’est pas de ne pas avoir peur: c’est d’avoir peur et de résister quand même.

En ce qui me concerne, il m’a complètement retourné le cerveau. J’ai été chamboulée, bouleversée, j’ai le coeur serré même encore maintenant.

Pour le personnage de Werner surtout. Il m’a émue. J’ai ressenti une foule d’émotions contradictoires le concernant. Idem pour Faron. Mais leur sort m’a énormément touchée. J’ai aimé leur évolution qui prouve que les choses ne sont jamais manichéennes.

Malgré un démarrage lent, j’ai fini par être prise par l’histoire et par vibrer à son rythme. Elle est triste. Elle est dure. Mais elle est belle. Elle est émouvante.

Je sais que ce roman a divisé les critiques mais en ce qui me concerne, je l’ai adoré. Un coup de coeur.

Retrouvez mon avis sur La vérité sur l’affaire Harry Québert et sur Le livre des Baltimore

4 réflexions sur “Les derniers jours de nos pères – Joël Dicker

  1. J’aime beaucoup Joël Dicker mais un quelque chose m’a vraiment gêné dans ce livre. Une impression de déjà vu avec cette bande de résistants un peu paumés et puis le style d’écriture est parfois un peu lourd. Mais comme tu dis,on finit par s’attacher à ses personnages

    • Je comprends ce que tu veux dire. Au début, j’ai aussi été gênée parce que y avait trop de personnages à appréhender et ça manquait d’action pour un livre se passant pdt la guerre

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