Une fille au manteau bleu – Monica Hesse

ruta

Synopsis (Sortie le 27 octobre 2016):

Amsterdam, 1943.
Hanneke sillonne à vélo les rues de la ville afin de se procurer au marché noir les marchandises qu’on lui commande. Ses parents ignorent tout de ses activités clandestines. Un jour, l’une de ses clientes lui fait une requête particulière. Il s’agit de retrouver une jeune fille qu’elle cachait chez elle et qui a disparu. Elle s’appelle Mirjam Roodvelt. Elle est juive…

Mon avis:

Je remercie les Editions Gallimard Jeunesse pour leur confiance.

Je savais dès le début que j’allais aimer cette histoire. Je ne pensais pas qu’elle me toucherait autant.

Hannie est une fille comme les autres. Elle vient d’avoir dix-huit ans, elle a un petit boulot… sauf qu’elle vit en plein dans la Seconde Guerre mondiale alors son petit-ami, Bas, est parti à la guerre et elle vit de courses clandestines pour assurer la subsistance de ses parents qui ne se doutent pas que leur fille soit obligée de flirter de temps en temps avec des soldats allemands pour passer à travers les mailles du filet.

Et puis, un jour, Madame Janssens, une veuve qu’elle livre régulièrement lui demande quelque chose de très spécial. Elle lui demande de l’aider à retrouver une jeune fille juive qu’elle cachait derrière son placard.

Et, alors que Hannie faisait tout pour garder les yeux fermés, voilà que petit à petit, elle va se réveiller face aux atrocités qui ont lieu devant elle.

Nous avons là, une héroïne ordinaire. Elle n’a pas un super sens aigu de la morale, n’a pas la prétention d’être un héros. Tout ce qu’elle veut, c’est survivre tranquillement. Ce qu’on peut comprendre.

Mais il arrive un moment où on ne peut plus faire l’autruche. On est obligé d’admettre la vérité lorsqu’elle se trouve sous nos yeux. Et là, un choix s’offre. Soit on réagit, soit on se laisse faire.

Hannie représente le combat qui a du opérer en chacun des personnes qui ont vécu la guerre.

Son premier instinct est de refuser de prendre part au combat. Malgré tout, elle est très lucide sur ce qu’il se passe alors ce qui rend le roman d’autant plus intéressant, c’est comment, malgré elle, elle se retrouve au coeur d’évènements qu’elle aurait fui si elle l’avait pu.

En fait, on prend du recul sur l’histoire et on réalise pleinement que finalement, héros et salauds se confondent dans l’Histoire. On peut être animé de bonnes intentions mais mal agir et vice versa. La frontière est ténue entre les étiquettes lorsque les personnalités entrent en ligne de compte. L’histoire se complexifie allègrement parce qu’elle est modelée par des Hommes et qu’en tant que tels, ils ne sont pas parfaits. Ils sont plein de défauts, de qualités. Ils ne sont pas infaillibles et leurs actions non plus.

J’aurais à coeur que quelqu’un comprenne que nous avons été faibles, eu peur et agi du mieux que nous le pouvions dans cette guerre. Nous étions entraînés par des événements qui nous dépassaient. Nous ne savions pas. Ne nous l’avions pas voulue, cette guerre. Nous n’y étions pour rien.

Tandis que les personnes m’ont tous émue, parce que chacun à leur manière, ils sont représentatifs et que jamais le diction « Pierre qui roule n’amasse pas mousse » n’avait eu autant de sens, l’auteure m’a fait découvrir des aspects historiques que je ne connaissais absolument pas. Monica Hesse met en lumière le rôle du journaliste et à l’heure où ils sont conspués par leur volonté de sensationalisme, elle nous rappelle qu’avant tout, ce sont des témoins et des medias au sens originel du terme. Elle rend ses titres de noblesse à ce métier.

Enfin, les rebondissements de l’histoire, construite à la manière d’une enquête, m’ont abasourdie. Sur la fin, j’étais comme anesthésiée tellement j’étais assommée par ce que l’auteure me faisait vivre. C’était intense.

En conclusion, comme vous pouvez le voir, Une fille au manteau bleu m’a fait passer un moment riche en émotions. Je l’ai énormément aimée et j’ai envie de le recommander à tous.

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20 réflexions sur “Une fille au manteau bleu – Monica Hesse

  1. C’est le genre de livres dont je raffole : un récit de vie, un destin, la Seconde Guerre mondiale… Ton histoire ne fait que confirmer mon envie de le lire. J’en aurai des livres à lire quand je rentre en France !

    • Je te l’avais dit que je pressentais que tu l’aimerais celui-là. Au fait, j’y pense, tu as l’occasion d’acheter les livres pas cher, toi.
      Va fouiller dans un Oxfam, c’est le paradis!
      Je suis entrée dedans une fois, j’en suis ressortie avec 20 livres (si, si, sérieux, tous achetés à 50cents ou 1 euros l’unité)

      • J’en ai vu quelques uns lors de mes balades dublinoises. Il faut que je rentre dedans la prochaine fois. Je ne sais pas comment je vais faire pour les ramener en France !

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