[BD] Comment faire fortune en juin 40

Synopsis:

Braquer deux tonnes d’or à la Banque de France, ça paraît difficile… mais plein exode, dans un pays à feu et à sang, c’est faisable.

Mon avis:

Encore une BD signée Fabien Nury, vous allez me dire. Oui, et comme d’habitude, je ne suis pas déçue.

Le contexte: La France est entrée en guerre il y a peu mais ce n’est que maintenant que ses civils s’en perçoivent. L’histoire a pour héros quelques-uns de ses civils, justement, mais pas n’importe lesquels.
Nous en rencontrons quatre.

Sambio est un Corse fier de ses origines. C’est un homme d’affaires intelligent qui fait preuve de beaucoup de sang-froid et qui n’a pas peur de faire ce qui doit être fait.
Franck est un ancien boxeur. Il a raccroché ses gants depuis longtemps après avoir accumulé nombre de défaites.
Kurtz est un mécanicien Allemand un peu simple d’esprit mais débrouillard.
Enfin, Ninon est une fille d’horloger.

A priori, ces quatre personnes n’ont rien en commun mais elles sont réunies par une mission un peu particulière car elles vont braquer un convoi de la Banque de France. Rien que ça.

Vous vous dites: Quoi? On suit l’histoire du point de vue des méchants?

Dans un contexte normal, ce serait le cas. Or, l’Histoire a un rôle dans cette intrigue. Des jeux de pouvoir se mettent en place, des complots sont ourdis de toutes parts et rien ni personne n’est tout blanc ou tout noir. En conséquence, rien ne se passe comme prévu car tous les personnages ont leur propre agenda.

De péripéties en péripéties, les scénaristes nous baladent joyeusement au gré des mésaventures des héros. Ils parviennent à transformer un contexte effroyable en un vaste gag. Résultat: j’ai beaucoup ri. J’ai pris énormément de plaisir à suivre ce périple qui multiplie les déconvenues et les rebondissements.

Concernant les personnages, en premier lieu, il y a tout lieu de penser que ce sont des méchants purs et durs. Ils n’ont pas peur de la mort, n’hésitant pas à se salir les mains en l’administrant eux-mêmes.
Cependant, les évènements font que peu à peu, notre regard change sur eux. Ils deviennent sans qu’on s’en aperçoive, des gentils méchants. On s’attache à eux si bien que lorsque quelque chose de mal leur arrive, on est touché.

L’histoire perd lentement son caractère comique et glisse dans un autre genre, indéfinissable.

La guerre et ses conséquences ont fait leur entrée. Les scénaristes y vont de bon coeur pour démontrer son absurdité. Des morts stupides, d’autres morts héroïques, d’autres qui passent inaperçues… Le sang coule mais jamais, on ne perd de vue l’objet de l’action; le braquage du convoi. Un évènement important en temps normal qui devient une anecdote en temps de guerre mais autour duquel le sort de nombreuses personnes est lié.

Le coup de crayon m’a plu dans le sens où les personnages sont reconnaissables entre eux. Leurs traits sont agréables, ce qui rend la lecture fluide.

Enfin, la conclusion de l’histoire m’a fait sourire. Alors que quelques pages auparavant, le ton était grave et m’émouvait, cette dernière page m’a arraché des rires. Elle laisse une porte ouverte mais conclut le récit à la perfection.

Je pense donc que cette BD peut plaire à tous car on y trouve tous les ingrédients qui font le succès de Fabien Nury: un scénario pensé pour comporter des tiroirs à rebondissements, des personnages riches en complexité impossibles à juger de façon manichéenne et un contexte difficile traité avec brio.

J’ai donc énormément aimé cette histoire et je vous la recommande.

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