Saga Animale, tome 1: La malédiction de Boucle d’Or – Victor Dixen

Dixen

Synopsis:

1832. Blonde, 17 ans, orpheline, vit depuis toujours dans un couvent, entourée de mystères. Pourquoi les sœurs l’obligent-elles à cacher sa beauté troublante? Qui sont ses parents et que leur est-il arrivé? Blonde est différente et rêve de se mettre en quête de vérité: il y a au cœur de son histoire un terrible secret.
Et si le conte le plus innocent dissimulait l’histoire d’amour la plus terrifiante?

Mon avis:

Je découvre la plume de Victor Dixen grâce à cette réécriture du conte de Boucle d’Or et les trois ours et je dois dire que je suis conquise.

Le prologue du livre m’a quelque peu déboussolée, je dois l’avouer.

Se passant à l’époque napoléonienne, nous assistons à la débâcle de l’armée de l’empereur en Russie et ce n’est que plus tard que l’on comprend la raison de cette ouverture.

Changement de lieu et de temps. Début du XIXè siècle.
Nous suivons Blonde, l’héroïne de ce livre. Agée de dix-sept ans, elle a toujours grandi dans le couvent de Sainte Ursule et n’a plus aucune famille.
Brimée par ses camarades et en particulier par Bérénice, elle est secrète et rase les murs. Jusqu’au jour où elle rencontre Edmond Chapon, ancien commissaire qui lui remet un dossier étrange.
C’est ce qui marque le point de départ de l’histoire car à partir de là, Blonde découvre ses vraies origines et obtient des réponses quant à l’identité de ses parents.

L’auteur nous balade entre passé et présent par le biais des journaux intimes et correspondances entre les protagonistes. De ce fait, nous avons tout le temps l’impression d’assister à l’histoire en temps réel et un véritable suspense nous prend, nous empêchant ainsi de reposer le livre avant qu’il ne soit terminé.
Il reprend des éléments de mythologie nordique avec les Berseker en les installant dans la France rurale et instaure une ambiance qui marque durablement.

En effet, habituellement, les réécritures de contes sont, pour celles que je connais, légères et bon enfant mais ici, le ton est résolument plus adulte.

Tout est dans la suggestion.

Pourtant, le roman peut être lu sans problème par les plus jeunes mais la plume de Victor Dixen nous emmène dans une intrigue à ressorts psychologiques où complots et meurtres de sang froid se succèdent sans temps mort.

Animale est sombre mais l’auteur nous montre que le monstre n’est pas toujours celui qu’on croit. Que celui qu’on pense ignoble au premier abord se révèle infiniment plus humain et compatissant que l’homme tout puissant. Il nous fait ressentir plus de sympathie pour des aberrations de la nature que ce à quoi l’on s’attendait au début du roman.

En inversant les rôles dévolus par les clichés véhiculés par les contes, il réinvente avec brio le conte que tous connaissent et nous livre une histoire riche,aussi riche et complexe que l’âme humaine.

Car au final, la question sur laquelle se penche l’auteur est bien liée à la nature humaine: l’homme est-il défini par son apparence seulement? Ou bien il y a quelque chose d’autre qui le caractérise? A partir de quand une frontière entre l’homme et la bête est-elle délimitée?

Au-delà de l’histoire, l’auteur met en place des personnages criants de réalisme. Ils prennent vie sous nos yeux et il est étrange pour moi d’avouer que j’ai été encore plus touchée par le sort de Gabrielle que par celui de Blonde. Peut-être cela est-il dû au fait que Gabrielle a gagné au fil des pages une tangibilité émouvante et belle. Touchante. Je me suis véritablement attachée à elle et à Sven, malgré le fait que finalement, on ne les connaît que par l’entremise des lettres et témoignages.

Les protagonistes de l’histoire ne sont pas parfaits. Ils ont tous leurs défauts, leurs qualités, leurs vices et parce qu’ils ne sont ni beaux ni roses, l’intrigue nous capte et ne nous relâche plus.

Ainsi, la fin du roman est pour moi douce-amère. L’auteur ne nous laisse pas oublier que souvent, la société et ses règles peuvent être injustes mais il termine avec une note d’espoir. Une petite lumière qui nous fait sourire. C’est une fin douce mais qui nous fait penser que les innocents ne peuvent vivre heureux qu’en marge de la société que nous connaissons.

Cette réécriture est pour tous ces points, une réussite à mes yeux. Alors que quand on est petit, on veut forcément une happy end, en grandissant, on prend la réalité en compte et on fait tant bien que mal avec elle pour suivre son chemin. Animale a le mérite d’arriver en plus à encore nous faire rêver et à nous émouvoir alors que nous sommes en plein dans le fantastique.

Dans le cadre d’une lecture commune, retrouvez quelques avis sur ce lien.

15 réflexions sur “Saga Animale, tome 1: La malédiction de Boucle d’Or – Victor Dixen

  1. Pingback: Saga Animale, tome 2: La prophétie de la Reine des Neiges – Victor Dixen | Le Sentier Des Mots

  2. J’ai l’épreuve non-corrigée à la maison et j’ai bien hâte de le lire… Ton avis me donne juste envie de me lancer dans l’aventure de boucles d’or !!!

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