Prisoner of night and fog – Anne Blankman

fog

Synopsis (Traduction par moi. Sortie VO le 22 avril 2014):

Munich, années 1930. Le danger rôde dans les coins sombres et les secrets ensevelissent la ville. Mais Gretchen Muller a grandi au sein du parti national socialiste sous l’aile d' »oncle » Dolf et ignore ce qui se trame. Oncle Dolf n’est nul autre qu’Adolf Hitler et Gretchen suit aveuglément ses ordres. Jusqu’à ce qu’elle rencontre un reporter Juif intrépide. Tandis que Gretchen enquête sur ceux qu’elle a toujours considérés comme ses amis, elle doit décider où va sa loyauté. Est-ce qu’elle va choisir la sécurité de son ancienne vie de protégée nazie ou bien va-t-elle déterrer la vérité au risque de se faire tuer, elle et Daniel?

Nous suivons Gretchen, une jeune fille issue d’une bonne famille et accessoirement, protégée de celui qu’elle appelle oncle Dolf qui n’est autre qu’Adolf Hitler. L’histoire se passe cinq mois avant qu’il ne devienne chancelier. Le parti nazi est insidieusement en train de s’immiscer dans toutes les sphères, contrôlant déjà la police et éliminant discrètement les opposants d’Hitler.

Voilà pour le contexte.

Le père de Gretchen a été tué lorsqu’elle avait huit ans, lors de la marche d’Hitler et de ses hommes sur Munich. Sa mère en a été profondément transformée et elle s’occupe à peine d’elle, favorisant sans s’en rendre compte le frère de Gretchen, Reinhard. Celui-ci est un membre de la milice secrète qui est en train de se mettre en place et pour couronner le tout, il terrorise toute sa famille.

Tout commence un soir où Gretchen prend la défense d’un Juif alors que son frère s’apprête avec quelques compagnons à le battre à mort. Lorsqu’elle parvient à leur hauteur, le pauvre Juif est déjà en sale état et bien amoché et c’est avec surprise qu’elle réalise après coup que, contrairement à ce qu’elle a prétendu et bien qu’elle s’accroche à cette version de toutes ses forces, elle n’a pas défendu le pauvre homme car Hitler a interdit à ses hommes de donner une mauvaise image du parti avec les bagarres de rues mais bien parce qu’elle ne le voyait pas comme une bête mais comme un homme. Suite à ce sauvetage impromptu, elle fait la rencontre de Daniel Cohen, un journaliste juif qui a observé la scène et qui la contacte plusieurs jours plus tard car il a des révélations à lui faire concernant le meurtre de son père.

A partir de là, l’action se révèle encore plus captivante.

Nous suivons les investigations de Gretchen et de Daniel à la manière d’une enquête policière et en parallèle, l’auteure nous plonge dans les méandres du parti nazi mais en adoptant une façon de raconter telle que nous n’avons pas une énumération de dates. On vit réellement les faits. On a beau connaître l’enchaînement des évènements, c’est comme si on les découvrait tout de même.

Anne Blankman nous plonge dans l’intimité d’Hitler tout en restant dans une optique neutre. Même si Gretchen a grandi sous son joug, lorsqu’elle ouvre les yeux sur qui il est vraiment, c’est comme s’il n’était qu’un personnage de roman. On oublie qu’il a existé et qu’il a marqué notre histoire. L’auteure ne diabolise pas l’homme. En passant par la psychologie, elle dissèque simplement sa personnalité. Elle l’explique et tout à coup, vous ne comprenez plus juste comment il est arrivé au pouvoir mais en plus, vous comprenez ce qui le motivait, lui. Vous avez l’impression de saisir toute la complexité de cette époque en un instant.

De plus, l’auteure nous présente d’autres personnages que l’on ne connaît habituellement que par le nom: Eva, Rohm… Et peu à peu, c’est une époque troublée qui se dessine sous nos yeux, avec des personnages ayant des préoccupations proches de nous. Anne Blankman nous rappelle qu’avant d’être des nazis, ce sont des personnes et là, c’est un mérite de nous faire oublier les étiquettes.

L’intérêt de Prisoner of night and fog ne repose pas seulement sur ça.

Non. Car en plus, le personnage introduit par le médecin psychologue au sein de la pension des Muller fait ressortir une intrigue captivante inhérente à la personne de Reinhard.

Bien qu’il me donne des sueurs froides, j’ai trouvé intéressant la manière dont l’auteure présente qui il est mais aussi, le lien indirect qu’elle opère pour expliquer globalement le caractère extraordinaire et en même temps terrifiant du futur gouvernement de Hitler. Une guêpe fait déjà peur mais alors une armée de guêpes réunies…

Enfin, j’ai aimé la cohérence de l’histoire et son rythme soutenu. Non seulement il n’y a pas de temps mort mais en plus, la romance s’installe progressivement. Tout se fait naturellement. Vous ne pouvez qu’adhérer à celle-ci car elle est amenée avec brio. D’un côté, elle est une bulle de beauté dans l’obscurité et de l’autre côté, elle a un caractère désespéré, interdit et vraiment dangereux qui rend la bulle encore plus belle et émouvante. On connaît le contexte et ce que le monde va subir comme transformations mais on se prend à espérer une issue heureuse pour eux. Est-ce qu’ils l’auront? Je l’espère bien pour la suite qui sortira l’an prochain!
Mais vraiment, l’auteure a eu le talent nécessaire pour mettre cette romance en valeur de façon subjective alors qu’objectivement parlant, elle n’a qu’une place secondaire dans l’intrigue. C’est parfait!

En conclusion, si vous ne l’avez pas encore compris, Prisoner of night and fog est un énorme coup de coeur! Pour son histoire, ses rebondissements, la psychologie de ses personnages, sa romance…

Depuis Ignite me, je n’avais plus eu de coup de coeur aussi fort et déjà maintenant, je veux et réclame la suite à corps et à cris.

Un must-read!

Lu en lc avec Avalon.

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11 réflexions sur “Prisoner of night and fog – Anne Blankman

  1. Pingback: Conspiracy of blood and smoke – Anne Blankman | Le Sentier Des Mots

  2. Je le veux ! J’hésite à le précommander 😛 car je m’étais promis de ne rien acheter ce mois-ci ! Bon je vais patienter ma PAL déborde ! Mais ça sera un prochain achat !

  3. Il est dommage que nous ne trouvons pas plus d’ouvrages offrant une telle qualité. Les personnages sont tout en nuance, l’histoire d’amour est présente mais ne prend pas toute la place. La période historique est traitée de manière brillante et de façon telle qu’on a juste l’impression que l’on y est. Je suis d’accord avec l’ensemble de ta chronique. Même en l’ayant terminé il y a près d’une semaine maintenant, je ne peux pas m’empêcher d’y penser. Et dire que la suite arrive seulement dans un an.

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