La lettre à Helga – Bergsveinn Birgisson

helga

Synopsis:

« Mon neveu Marteinn est venu me chercher à la maison de retraite. Je vais passer le plus clair de l’été dans une chambre avec vue plongeante sur la ferme que vous habitiez jadis, Hallgrimur et toi. » Ainsi commence la réponse – combien tardive – de Bjarni Gislason de Kolkustadir à sa chère Helga, la seule femme qu’il aima, aussi brièvement qu’ardemment, d’un amour impossible.

Mon avis:

Je remercie les Editions Zulma pour ce partenariat lu dans le cadre des matches littéraires de la rentrée Priceminister.

Tout d’abord, je tiens (bêtement) à révéler que non, le livre ne commence pas par les lignes dévoilées dans le résumé. Non. Les lignes par lesquelles le roman commence résume tout simplement l’esprit du livre et sont hautement plus significatives.

« Certains meurent de causes extérieures. D’autres meurent parce que la mort depuis longtemps soudée à leurs veines travaille en eux. »

Le héros de ce roman, Bjarni, se raconte à travers une lettre qu’il adresse à Helga mais par cette entremise, c’est à nous qu’il se confie.

Bjarni est aujourd’hui à l’aube de la fin de sa vie. Désormais vieillard et pétri de rhumatismes et autres maladies propres à son âge, alors qu’il était autrefois actif dans sa jeunesse, il attend la mort, l’embrassant même de ses voeux.

La lettre à Helga est un de ces romans que vous pourriez voir adapté à l’écran car le récit vous plonge dans un pan de vie décrit si minutieusement que vous imaginez sans peine la scène et les plans de vue que la caméra pourrait adopter.

Nous avons deux temps: le présent et le passé.

Au présent, Bjarni est ce vieil homme seul qui médite et regrette la vie qu’il n’a pas eue.

Au passé, c’est un jeune homme plein de vie. Un fermier dévoué à sa terre et qui travaille parce qu’il ne sait faire que ça.

Le passé, c’est justement dedans que Bjarni nous plonge.

Sa femme vient de vivre un évènement traumatisant et son couple bat de l’aile. Manque de communication, rancoeur… Tout s’accumule entre eux deux.

Au milieu de ces tumultes humains, l’auteur nous immerge dans la campagne profonde de l’Islande qui n’est pas sans nous rappeler les montagnes d’Heidi. On pense notamment à ses verts pâturages avec ses brebis et ses moutons…

Il nous plonge également dans le quotidien d’un fermier. De tous les fermiers symbolisés par Bjarni. Autant vous avouer que moi qui suis plutôt citadine, ces passages m’ont, sans m’ennuyer, paru bien longs. Je dois admettre que je ne comprenais pas leur intérêt.

Mais…

L’auteur ne se contente pas seulement de nous raconter un pan de vie. Il narre également
un pan de non-vie. Comment ça me demandez vous?

Vous savez ces questions que l’on se pose quelquefois? Et si je n’avais pas été à la boulangerie? Et si j’avais dit telle chose? Et si? Et si?

Ensuite, vous vous morigénez: ça ne sert à rien de ressasser le passé. Passe à autre chose. Fais avec ce que tu as.

Oui mais Bjarni ne peut faire que ça, penser, penser et encore penser. Il attend la mort car il regrette la vie qu’il n’a pas eue. Il est déjà mort car il est passé à côté de la vie qu’il voulait.

Dewey dans la série Malcolm disait dans un épisode que sa vie était une mort latente.

Cette réplique-là s’applique totalement à Bjarni. Entre passé et présent, les lignes se confondent bientôt et plus vous approchez de la fin du livre, plus vous êtes envahi d’une espèce de tristesse. Quand vous refermez le livre, la tristesse s’est convertie en une sorte de résignation. La même que celle que ressent notre pauvre héros. Et pourquoi? Car, Bjarni, ça pourrait être nous. Bjarni, c’est Rachel étant partie à Paris en laissant Ross derrière elle. C’est Booth dans les six premiers épisodes de la saison 9.

Alors la lettre à Helga c’est ça. Une ode aux paysages d’Islande, à ses coutumes. C’est le récit d’un combat entre modernisme et traditions. Entre amour et raison. Mais plus que ça, c’est un hommage vibrant de sincérité et de passion d’un berger à ce qui fit et fut sa vie.

Ma note: 14/20

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12 commentaires sur « La lettre à Helga – Bergsveinn Birgisson »

        1. Je comprends mieux 😀 Honnêtement, si tu te décides à le lire, dis toi qu’il faut que tu sois pas d’humeur à lire quelque chose de léger car il couvre pas mal d’aspects auxquels on ne pense qu’après l’avoir refermé

  1. J’ai mis 15 moi ! Un avis en demi teinte pour moi, contrairement à toi je n’arrivais pas à visualiser les personnages et les lieux. Mais par contre, j’ai eu la sensation que Bjarni cherchait à expier son âme à travers la lettre. Mais j’ai été ravie de découvrir un nouvel auteur au nom imprononçable ! Un bon roman qui permet de se poser beaucoup de questions. Même, aucun personnage ne m’a vraiment séduit.

    1. D habitude, au lieu de répéter « l’auteur dit » un nombre incalculable de fois, je cite son nom mais comme tu dis, c’est imprononçable et inecrivable ^^ A moins de le copier coller hahaha. En fait à la base j hesitais a mettre une note plus basse autour de dix-onze mais je l ai relevée pour le fait que j arrivais a me projeter dans les pâturages avec Bjarni et que je comprenais pourquoi il agissait comme il le faisait. Je l’ai compris, quoi (je refais le remake du discours politique de je ne sais plus qui. Je me demande si c’est pas Mitterrand).

  2. Article intéressant. Je me demande ce que je ressentirais face à une telle histoire. Je le note en souhaitant le trouver en bibliothèque. Merci pour ce partage 🙂

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