Cent minutes – Julien Morit

vent

Synopsis:

Henry Crown et Anthony Anthone se retrouvent perdus à plus d’un titre. Ils ne savent pas où ils sont, ni quand. Pour rajouter à leur déracinement, ils ignorent tout l’un de l’autre ; ils ont seulement échangé quelques bonjours polis lors de leurs précédentes rencontres. Pourtant, ils vont devoir s’allier pour comprendre le fonctionnement de l’étrange montre d’Anthony et essayer ainsi de rentrer chez eux vivants. De leur côté, bien qu’évoluant dans des lieux qu’elles connaissent très bien, Élisabeth Crown et Julia Anthone sont également déboussolées. Leurs maris respectifs ont disparu sans laisser d’explications. Les seuls indices à leur disposition sont deux petites boîtes en bois, retrouvées à côté du manteau d’Henry, ainsi qu’une lettre datant de 1894, avec l’écriture d’Anthony. Rien n’est logique dans ce qui leur arrive, et pourtant une personne sait tout…

Mon avis:

Je remercie l’auteur pour la confiance qu’il m’a accordée en me proposant de lire son roman.

Cent minutes est le genre d’histoires que j’ai plaisir à découvrir en films mais que je ne lis que rarement car l’action doit être plus visuelle qu’imaginée pour moi. Cependant, cet ouvrage s’est lu facilement et sans encombres.

En effet, l’auteur nous propose une galerie de personnages tous aussi différents mais liés par un même mystère. Tout d’abord, nous avons deux couples: un jeune composé de Julia et d’Anthony, nouvellement installé dans sa maison et en pleins travaux de rénovation et un autre plus âgé, composé d’Elizabeth et de Henry. Ensuite, nous avons une espèce de majordome qui est au service du second couple depuis des années et qui de ce fait, est au courant de pas mal de choses. Pas qu’il aime espionner ses patrons mais parce qu’il entend et voit forcément des choses dans l’exercice de sa fonction. Et pour finir, nous avons Emmett, un horloger un peu excentrique qui m’a énormément fait penser au fameux Doc de Retour vers le futur.

En fait, par le thème du livre et la consistance du personnage, comment il est présenté physiquement ainsi que par son attitude, je suis pratiquement sûre que l’auteur s’en est inspiré.

Ca tombe bien, Retour vers le futur fait partie de mes sagas cultes.

Comme le résumé et ce que j’ai déjà dévoilé vous le laissent deviner, Cent minutes a pour thème les voyages dans le temps (pas spécialement dans le passé car ici, il est possible de voyager également dans le futur) et c’est là que mon intérêt a été pêché. J’aime vraiment beaucoup cette thématique et c’est donc pour cette raison que j’ai eu plaisir à suivre le périple d’Anthony et de Henry.

Par contre, je dois avouer que j’ai été complètement perdue en ce qui concerne le personnage de Richard car je n’ai pas compris son rôle dans l’histoire. Trop de voyageurs dans le temps à suivre.

Autre bémol que j’ai aussi à faire mais là, c’est purement subjectif: c’est que je n’ai ressenti aucune sympathie pour les personnages quels qu’ils soient. Leurs réactions et leurs caractères bien que réalistes m’ont laissée insensible et donc, lorsque leurs nerfs craquaient, j’avais tout simplement envie de les secouer comme des prunes.

Enfin, le style de narration et le registre actuels contrastent avec le langage guindé de l’époque dans laquelle Anthony et Henry tombent et ce décalage m’a assez déplue sans que je ne puisse expliquer pourquoi. Peut-être est-ce parce que je trouve qu’Henry se fait trop facilement à la situation ou qu’Anthony et Julia se montrent bornés…

Du coup, sans adhérer aux personnages proposés par l’auteur, j’ai néanmoins adhéré à l’histoire. Ouf!

Flirtant quelquefois avec le surnaturel – et je ne parle pas de la partie concernant les sauts spatiotemporels – le récit m’a emmenée naturellement dans un voyage tellement passionnant que lorsque l’auteur a intégré des chapitres concernant d’autres personnages qui n’avaient aucun rapport avec la trame principale, je ne leur ai prêté aucune attention.

Bien sûr, je me suis dit « Tiens, mais qu’est-ce qu’ils viennent faire là, eux? » mais jamais je ne me suis appesantie dessus.

De telle sorte que lorsque les derniers chapitres nous mènent à la fin et aux explications tant attendues, on est complètement surpris.

« Alors, c’est de ça qu’il en retournait! » Et tout à coup, tout s’éclaire, tout devient logique! C’est bluffant comment, malgré le fait qu’on ait les indices depuis pratiquement le début, on les occulte.

Et là, le récit prend un autre genre.

J’ai bien aimé également la fin du récit, comment l’auteur, en nous ayant donné toutes les clés en main, arrive encore, et ce n’est peut-être pas fait exprès, à nous donner des frayeurs tout en concluant son histoire.

En résumé, ce partenariat a été une agréable lecture même si les personnages m’horripilent (mais j’avoue être très difficile et vite agacée, rares sont ceux qui échappent à mon ire). Le récit m’a surprise et me laisse au final cette impression qu’on a lorsqu’on finit un roman d’Agatha Christie: on relit certaines pages, certains passages clés et on s’émerveille parce que oui, tout était bien là sauf qu’on ne le savait pas.

Publicités

5 réflexions sur “Cent minutes – Julien Morit

  1. Oui je suis…
    Pas assez assidument sans doute, mais je repasse de temps en temps pour voir comment vivent les chroniques.
    Merci à vous.

Laisser une empreinte

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s