Terrienne – Jean Claude Mourlevat

Terrienne

Synopsis:

Tout commence sur une route de campagne… Après avoir reçu un message de sa soeur, disparue depuis un an, Anne se lance à sa recherche et… passe de  » l’autre côté « . Elle se retrouve dans un monde parallèle, un ailleurs dépourvu d’humanité, mais où elle rencontrera cependant des alliés inoubliables. Pour arracher sa soeur à ce monde terrifiant, Anne ira jusqu’au bout, au péril de sa vie. Et se découvrira elle-même : Terrienne. Vous ne respirerez plus jamais de la même manière.

Mon avis:

Depuis au moins un an dans ma PAL, comme il me fallait une lecture détente après ma dernière lecture qui m’a laissée en colère contre l’héroine au point de considérer de faire du vaudou sur elle, je me suis embarquée dans cette lecture sans relire le résumé et me fiant uniquement à la couverture. Pour moi, belle couverture = belle histoire.

Eh bien, j’ai eu raison! Gniark gniark!

Terrienne démarre tranquillement: nous sommes dans la peau d’un écrivain de près de 70 ans qui vient de publier un roman qu’il qualifie de médiocre. En mal d’inspiration, celui-ci roule quand il rencontre Anne, une jeune adolescente en train de faire du stop.

Serviable et parce qu’Anne lui fait penser à sa petite-fille, Loïse, il décide de la dépanner. S’engage alors une conversation étrange mais intriguante avant qu’Anne ne le quitte, au pied d’un panneau  » Campagne. 3,5 kilomètres ».

Ce manège se reproduit une seconde fois et cette fois, notre bon samaritain montre un certain attendrissement pour Anne. Celle-ci est à la recherche de sa soeur qui a disparu il y a un an et ses paroles augurent des aventures en perspective.

Pour lui, qui a toujours écrit ces aventures, c’est l’occasion d’en vivre une lui-même et c’est ainsi que quelque temps après, il franchit le fameux panneau et se retrouve plongé dans une sorte de réalité parallèle.

Terrienne est raconté à travers plusieurs points de vue mais à la troisième personne.

Ce procédé peut paraître lourd mais ici, le style de l’auteur ainsi que la fluidité de sa narration rendent le récit presque poétique.

Divisé en trois parties, chacune d’elles s’ouvre par un extrait d’un conte et imperceptiblement, Terrienne prend lui-même des allures de contes.

Dans la réalité de Campagne, les habitants sont complètement différents de nous. Là-bas, la crainte des microbes sévit et peu à peu, les gens ont appris à ne plus respirer. Ils ne respirent pas. C’est comme ça. De plus, leur voix est éraillée et il y est interdit d’éternuer, de rire, de ronfler, de tousser… En somme il y est interdit de faire quoi que ce soit qui puisse propager des virus.

Comme si ça ne suffisait pas, le monde de Campagne se montre hostile envers les étrangers et certains n’hésitent pas à tuer afin de protéger Campagne.

Dans ce contexte, notre héroïne, Anne fait face à de nombreuses difficultés grâce à l’aide d’alliés inattendus et à ma chanson préférée de Keane .

Anne est un personnage assez curieux.

Elle est encore jeune mais les évènements font qu’elle se montre très mature. Elle ne s’en rend pas compte mais son obstination lui vaut à elle et à ceux qui l’entourent des ennuis certains et tout cela semble glisser sur elle. On dirait qu’elle n’y pense pas.
En parallèle, l’auteur écrit de telle manière que rien ne semble réel lorsqu’on lit Terrienne.
On a cette sensation d’être dans un rêve et confusément, on se dit que puisque c’est un conte, malgré tout ce qui se passe dedans, les horreurs, les morts, ce n’est pas grave.
Terrible, non?

Anne n’est pas le genre de personnage qui me plait normalement mais là, ça glisse sur moi.
Je lisais l’histoire sans m’attarder dessus ni sur les détails et tout en imaginant visuellement ce qu’il se passait, tout en voyant Anne agir, je n’étais que spectatrice comme on l’est d’un film.
C’est la première fois que je n’avais aucune prise; je n’avais pas l’impression de vivre l’histoire mais elle vivant devant moi. Vraiment comme un film.

Et tout ça, je l’attribue au style de Jean-Claude Mourlevat qui, en plus de m’avoir fait être témoin d’un rêve, m’a fait l’apprécier et en ressortir avec une impression de douceur.
Pari qui n’était pas gagné vu les choses dont on est témoin dans ce livre.

En somme, j’ai beaucoup aimé Terrienne. Véritable page-turner, il a en plus le mérite de situer l’action en France (ce qui dépayse totalement).

Le seul bémol que j’apporte, c’est l’espèce de révélation à la fin du livre du point de vue de l’enfant. Je l’ai trouvée prévisible et superflue.

Mais Terrienne reste néanmoins un très bon moment de lecture!

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16 réflexions sur “Terrienne – Jean Claude Mourlevat

  1. J’adore Mourlevat ! J’ai récemment lu et chroniqué Silhouette, un recueil de nouvelles http://croiseedeschemins.wordpress.com/2013/10/16/silhouette/ ; et j’ai aussi beaucoup aimé le Chagrin du roi mort, et Terrienne également. J’aime sa manière de parler de choses horribles avec douceur mais justesse. Ce sont des livres jeunesse essentiellement, mais il ne bêtifie pas, au contraire il se lance souvent dans des situations dramatiques. Je sais qu’il a écrit d’autres livres, j’en relirais certainement. 🙂

    • J irai voir ton blog quand je serai sur mon pc car sur le téléphone je suis pas a l aise. Je me dis que je devrais lire ses autres livres mais y a tellement de livres dans ma pal que j oublie 🙂

  2. Ma première expérience avec Mourlevat et j’ai adoré! Comme tu le dis si bien « page-turner » je le lisais même dans la rue xD

  3. Il est aussi dans ma PAL depuis un moment. J’avais lu le début mais entre mon déménagement et autres soucis je l’ai mis de côté. Ta chronique me donne envie de m’y remettre. ^^

  4. IL est dans ma PAL aussi depuis au moins 1 an… mais j,avoue que ton avis me fait un peu douter de mon choix. Sous forme de conte ? Pas certaine !!! mais bon je vais le lire c,est certain que je lis que des avis positifs en général. merci pour ton avis xox

    • J’ai bien aimé l’originalité de la trame. Ca me rappelle un peu X files. En tout cas, ça m’avait mise dans une ambiance différente de celle que je trouve dans les livres de YA habituels

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