Sobibor – Jean Molla

couverture

Synopsis:

Dix-sept ans… un bel âge ? Pour Emma, c’est tout le contraire : en quelques mois, elle perd sa grand-mère, quitte son amoureux, vole au supermarché. Elle maigrit beaucoup. Volontairement. Vomit également. Pourquoi ? Elle-même ne le sait pas vraiment. Les choses basculent totalement le jour où elle découvre un vieux journal intime dont la lecture l’entraîne dans une douloureuse enquête sur son passé familial. Ses grands-parents, qu’elle tenait pour exemplaires, semblent avoir tenu un rôle bien sombre durant la Seconde Guerre mondiale : méritent-ils l’admiration qu’elle leur porte depuis toujours ?

Mon avis:

Je ne sais pas vraiment comment retranscrire ce que j’ai ressenti à la lecture de ce livre. Pourquoi?

Deux raisons: le thème du génocide des Juifs pendant la Seconde Guerre Mondiale et le thème du mal-être adolescent qui se manifeste à travers l’anorexie/boulimie.

Autant le premier est quelque chose que j’ai l’habitude voir traité, autant le second me met mal à l’aise car c’est quelque chose que je ne connais pas. Je crois même bien que Sobibor est de ce fait le premier roman que je lis à en parler.

Revenons au début du livre.

L’héroine, Emma, est une jeune fille issue d’une bonne famille respectable et aisée. Elle vient de se faire prendre en train de voler des biscuits et se terre dans un mutisme et une colère que l’on ne comprend pas.

Avant de savoir qu’elle avait des problèmes de nutrition, Emma me paraissait être une adolescente normale en pleine crise et en colère contre le monde entier, surtout contre ses parents. C’est pourquoi je dois avouer que je suis partie sur un a priori plutôt négatif sur elle à cause de son comportement et que je n’ai pas ressenti de sympathie pour elle.

En entrant dans le vif du sujet (après tout, il faut bien que ce roman tire son titre de quelque part), tout au long de ma lecture, je me suis demandée quel pouvait être le lien du journal découvert par Emma avec sa propre histoire personnelle.

En effet, le journal qu’Emma partage avec nous, est narré du point de vue de Jacques Desproges, un Français engagé du côté nazi et rallié à leur cause.
Qui est ce Jacques? Il n’a pas un haut grade dans l’armée mais ses écrits dérangent car il se montre très rationnel, voire scientifique lorsqu’il détaille l’exécution des Juifs arrivant dans le camp. Il est de parti pris mais en même temps, ne montre aucun remords ou aucune conscience dans ce qu’il fait.
Il ne se comporte même pas comme un robot car il sait très bien ce qu’il se passe autour de lui mais cela passe au-dessus de sa tête comme un chien insolent qui vous teste en descendant du canapé pour remonter dessus deux minutes après (Histoire vraie!).

Alors que l’action contemporaine se passe aux environs de la nôtre, nous remontons donc dans le temps et alternant moments relatés et action actuelle, comme Emma, nous nous posons un certains nombre de questions tout en visualisant comme si on y était ce que Jacques raconte.

Et, parce que le journal de Jacques doit bien avoir une fin, il se termine abruptement en nous laissant sur notre faim.

Eh oui, ce n’est pas un livre, il ne peut pas avoir de vraie fin et à partir de là, nous retournons définitivement dans le présent.

Dans la peau d’Emma, je dois dire que sa réaction face aux découvertes qu’elle fait m’a parue incompréhensible. Même avec les révélations et les explications données, j’ai vraiment du mal à la comprendre. C’est la première fois que ça m’arrive. Je ne ressens aucune empathie pour elle et donc, je n’arrive pas à partager ses sentiments. Ce personnage me passe au dessus de la tête.

C’est comme les raisons données à son état médical. Je saisis la logique objective mais la relation avec le secret de Mamoushka? Là, je suis perdue.

M’enfin.

Au final, Sobibor m’aura marquée mais d’une étrange manière.

Parce que l’héroine me tape sur les nerfs, parce que l’histoire est en résumé plutôt sombre, parce que la fin ne me fait pas rêver…

Et en même temps, je ne regrette pas cette lecture. Pour le côté hommage et devoir de mémoire.
Pour la morale qui en ressort et les leçons apportées.

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6 réflexions sur “Sobibor – Jean Molla

  1. J’ai vraiment passé un excellent moment avec ce livre même si Emma ne m’a pas particulièrement plu. J’aime beaucoup les questions que Sobibor nous force à nous poser…

      • Le déclenchement de cette maladie a vraiment des causes personnelles, inhérentes à la personne. Pour ma part, c’était la dépression et l’échec, pour elle, ce secret familial. Dans un certain sens, oui, ça me paraît plausible. Si, pour elle, ce secret la ronge, cela peut l’amener à devenir anorexique.

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