Dyptique Blitz, tome 1: Black out – Connie Willis

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Synopsis:

Oxford, futur proche. L’université est définitivement dépoussiérée : historien est devenu un métier à haut risque. Car désormais, pour étudier le passé, il faut le vivre. Littéralement.
Michael Davies se prépare pour Pearl Harbor, Merope Ward est aux prises avec une volée d’enfants évacués en 1940, Polly Churchill sera vendeuse en plein coeur du Blitz, et le jeune Colin Templer irait n’importe où, n’importe quand, pour Polly…
Ils seront aux premières loges pour les épisodes les plus fascinants de la Seconde Guerre mondiale. Une aubaine pour des historiens, sauf que les bombes qui tombent sont bien réelles et une mort soudaine les guette à tout moment. Sans parler de ce sentiment grandissant que l’Histoire elle-même est en train de dérailler.
Et si, finalement, il était possible de changer le passé ?

Mon avis:

J’ai mis énormément de temps à rentrer dans l’histoire par la multitude de personnages décrits dans un laps de temps court et tous introduits en même temps.

Pourtant…

Nous avons affaire à trois personnages principaux, tous envoyés et bloqués dans la même période de la seconde Guerre Mondiale.

Merope, qui se fait appeler Eileen, a adopté le rôle d’une servante. Travaillant au départ de l’histoire pour le compte d’une aristocrate qui a ouvert sa maison pour accueillir des enfants évacués de Londres, elle se retrouve flanquée de trois enfants absolument turbulents et insupportables, Binnie, Alf et Théodore.
Les deux premiers sont frère et soeur et leur hyperactivité use leur entourage jusqu’à la la moelle. Théodore, lui, est celui qui se plaint à tout bout de champ et pleurniche sans arrêt.

Mike joue un correspondant de guerre américain. Suite à un quiproquo, il se retrouve sur les côtes de Dunkerque et par un jeu de circonstances, dans un hôpital où la fièvre et ses blessures l’empêchent se rejoindre son point de transfert.

Enfin, nous avons Polly, vendeuse à Londres qui échappe de peu aux raids aériens.

Au fur et à mesure que l’histoire avance, je dois avouer que toute la mise en place dans le présent (120 années plus tard) m’a prodigieusement ennuyée. Bien sûr, nous apprenons comment les voyages dans le temps sont préparés et quelles règles les régissent – par exemple, un historien ayant visité un endroit à une date précise ne peut jamais y retourner sous peine de chambouler tout l’espace-temps – quelles avancées technologiques les permettent mais rien n’est dit clairement sur le pourquoi du comment qui fait que par exemple, le voyage de Mike se trouve décalé, reporté ou avancé.

Et puis, nos personnages se retrouvent propulsés au cœur de la seconde Guerre Mondiale et là, moi qui aime cette période de l’Histoire, mon intérêt a enfin été piqué.

J’ai ressenti les sentiments des personnages comme s’ils étaient les miens, l’impatience de Mike, la frustration et l’envie de tuer des enfants qui agitent Eileen, la panique de Polly…

J’ai été énormément énervée par les réflexions de ces historiens, simples observateurs des évènements, du genre « Tu ne le sais pas encore mais tu n’auras pas l’occasion de faire ça » et par les phrases qui affirment un futur prédéfini car elles se répétaient trop souvent et de manière trop péremptoire.

Mais à partir du moment où nos trois compagnons comprennent et acceptent le fait qu’ils sont bel et bien coincés dans le passé, ils ne sont plus observateurs de l’Histoire mais font partie intégrante de l’Histoire elle-même et là, leur humanité se manifeste enfin. Alors qu’avant, ils se comportaient comme de simples scientifiques, la peur, l’angoisse apparaissent, les rendant plus proches de nous.

On se met à leur place et d’être plongés dans une action que l’on n’a pas voulue ne peut que nous happer.

Et puis, plus ça va et plus on se rend compte de quelque chose que nos héros ne réalisent pas: le fait que leur blocage dans le temps soit opportun comme s’il était prévu et nécessaire à la réalisation de certaines choses.

Je n’ai pas pu m’empêcher de penser au syndrome du grand-père.

Connaissez-vous cette notion?

Si pas, va falloir que vous regardiez le film qui conclut la série Stargate SG1, Continuum. Elle met en avant la théorie que notre intervention dans le passé est nécessaire à la réalisation du présent que l’on connaît et que par ce fait, nous pouvons être alors notre propre ancêtre.

L’autre théorie concernant les voyages dans le passé étant que toute intervention doit être proscrite; je pense au film L’effet papillon qui l’illustre bien.

Les historiens de Black-out se basent donc sur l’effet papillon pour réglementer les bonds dans le temps mais énormément d’indices convergent pour nous faire penser qu’en réalité, c’est la théorie du grand-père qui s’applique.

Connaissant la fin de la saga, je ne vous dirai pas laquelle est la bonne mais à me lire, je suis sûre que vous sentez ce que j’essaye de vous dire, non?

Bref, sans m’avancer quand même, histoire de me laisser de quoi écrire lorsque je chroniquerai la seconde partie de Blitz, à travers les trois points de vue des protagonistes, nous allons vivre la guerre sur tous les fronts. Mais pas tellement en fait…

De temps en temps, nous avons tout de même droit à d’autres points de vue, celui de Kent, par exemple ou d’Ernest mais leurs parties étant courtes, je me suis demandée jusqu’à la fin à quoi ils servent…

J’aimerais pouvoir dire que je me suis attachée aux personnages mais ce n’est pas le cas. Aucun de m’a émue. J’ai beau avoir compris et ressenti leurs sentiments, je n’ai pas eu d’étincelle. Encore moins pour les enfants. J’ai même été de l’avis de la directrice lorsqu’elle déclarait qu’ils avaient bien besoin d’autorité pour les calmer. Trop de laxisme, ça ne fait aucun bien aux enfants!

En conclusion, Connie Willis a rédigé son histoire d’une main de maître. Même si je me suis quelquefois perdue dans ses descriptions trop pointues de certains lieux à un point que je ne les lisais même plus, son récit m’a happée et le premier livre s’est terminé de telle façon que j’étais obligée de lire sa fin dans la foulée. Malgré les bémols que j’ai déjà cités concernant les déclarations péremptoires presque scientifiques des personnages et des personnages au caractère pas approfondi, j’ai vraiment aimé l’histoire.

Lu en LC, voici les avis de quelques participants:
– Stelphique
Mandy88
– Avalon
– Ptitetrolle
– Kirkou300
FloTousleslivres
Lulai

Et les autres ici.

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Un seul regard – Joan Reeves

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Synopsis:

Que feriez-vous si le remplaçant de votre gynéco n’était autre que votre premier amour ? Jennifer Monroe, psychologue réputée, réagit comme toute femme normalement constituée : elle invente une excuse et prend la fuite !
Le très sérieux docteur Penrose suppose qu’elle souffre de blocages sexuels, et se met en tête de l’orienter vers un collègue compétent. Scandalisée à l’idée qu’il puisse la prendre pour une vieille fille frigide, Jennifer va lui donner une leçon qu’il n’est pas prêt d’oublier.

Mon avis:

Ayant envie d’une lecture légère, c’est presque naturellement que je me suis tournée vers le 3eme roman de Joan Reeves.

Bien mal m’en a pris car il m’a fait me rappeler pourquoi je me sens toujours flouée à la fin de la lecture de ses livres. A première vue, je me dis que puisque c’est un Milady et que c’est une romance, ça va être léger et pas prise de tête.

Ha ha, je me fais avoir rien qu’avec ça. Car Joan Reeves ne se contente pas de nous livrer des histoires simplistes. Elle passe en plus tout le roman à nous faire être en colère (contre l’héroine, contre le héros) pour hop, pla boum, boucler son manuscrit en une page et les faire ses marier alors qu’à la page précédente, ils en étaient au point de rupture.

Alors, pourquoi je m’obstine à la lire?

Question que je me pose après 3 livres qui m’ont mise en mode Angry bird.

Ici, les personnages sont médecins. Par ce métier, vous vous attendez pas à avoir affaire à des adultes, non?

Mais je vous l’assène, arrêtez de vous attendre à quoi que ce soit, bigre!

Je n’ai jamais vu de caractères aussi puérils et aussi agaçants. Instinctivement, j’ai tout de même cherché quelque chose pour sauver ce gâchis mais non. Rien à faire, rien à trouver. On a affaire à une galerie de personnages tous plus incongrus les uns que les autres et rien, absolument rien n’est plausible.

L’héroine est une psy qui a elle-même besoin d’en voir un pour régler ses problèmes liés au lycée qu’elle n’a de toute évidence pas surmontés. L’auteure nous la fait déclarer sa flamme après une-deux séances de bécotage et le comble est que faut en plus que cette psy nous fasse un complexe narcissique. Eh oui, madame pense, non, pour elle, c’est évident qu’elle attire tous les regards. Non mais franchement, c’est vrai que c’est horrible d’attirer!

Quant à son pendant masculin, je cherche toujours un indice, n’importe quoi qui montre sa présence. En l’occurrence, il a autant de charme qu’un bichon infesté de puces et qui n’a pas pris de bain depuis deux semaines.

Et l’histoire? Y a pas d’histoire! Je ne sais pas ce qui est arrivé à l’auteure mais là, on se demande si elle ne s’est pas foutue de nous.

Mais là où je suis frustrée après moi-même, c’est que même si je n’aime pas le style de l’auteure, maintenant que j’ai lu trois livres d’elle, je risque de lire ses prochains écrits. Parce que je n’aime pas abandonner un auteur en cours de route.